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10.04.2017 à 22 H 12 • Mis à jour le 10.04.2017 à 23 H 05
Par
Tensions internes

Abdelilah Benkirane tente de sauver le PJD de l’implosion

Abdelilah Benkirane, SG du PJD déclarant à la presse que sa participation au gouvernement est finie. PJD
Le secrétaire général du PJD est confronté à la gronde d’une frange des partisans du parti islamiste tentée de manifester ouvertement contre le gouvernement mené par Saadeddine El Otmani. Dans un message qui leur est adressé, Benkirane les exhorte à la retenue. Samedi à Bouznika, il avait tenu une réunion à huis clos dans ce sens qui confirme les risques de fracture à quelques mois de la tenue du prochain congrès

Abdelilah Benkirane est-il dépassé par la fronde qui monte au sein de son parti ? Dans un message diffusé sur le site officiel du PJD, le secrétaire général du PJD a donné ses directives à ses militants et supporters pour les enjoindre à ne pas céder à la tentation d’organiser jeudi prochain devant le siège du parti à Rabat une manifestation de défiance à l’endroit du gouvernement dirigé par Saadeddine El Otmani.


« Le secrétaire général du Parti de la justice et du développement s’adresse aux militants et sympathisants et leur demande de ne pas participer à ladite manifestation ou à d’autres formes similaires, quelles qu’en soient ses motifs », peut-on lire dans le message.



L’ex-chef du gouvernement déchu pour n’avoir pas pu mener à terme les négociations pour la coalition gouvernementale et qui a été remplacé au pied levé par le n°2 du parti pour accomplir cette mission a appelé par ailleurs à « une plus grande vigilance dans ce moment critique que vit le parti et qui peut être surmontée, si Dieu le veut, en assumant nos responsabilités en tant que personnes et institutions dans le cadre des règles et avec la discipline collective qui encadrent notre travail partisan ».



Abdelilah Benkirane, avait auparavant participé à une rencontre nationale de la jeunesse du parti, samedi 8 avril à Bouznika. En marge de cette réunion tenue à huis clos, l’ancien chef du gouvernement s’est refusé à commenter la situation que traverse le parti de la balance au moment où apparaissent des divergences sur la manière avec laquelle Saadeddine El Otmani a mené les dernières négociations qui ont abouti à un gouvernement trusté par les technocrates. Harcelé par la presse, il s’est contenté de dire qu’il n’était pas pour le moment opportun de tirer des conclusions, arguant que toute évaluation est du ressort des instances du parti. Il a toutefois assuré que « le PJD a toujours un rôle à jouer ».



Un troisième mandat en jeu ?

Ces tensions interviennent dans un contexte difficile pour le PJD alors que l’idée de l’éventualité d’un troisième mandat pour Benkirane à la tête du PJD ne serait pas exclue. Certains de ses fidèles tenteraient de relancer l’idée depuis la nomination du cabinet El Otmani se disant déçus de sa composition. . Il est reproché à El Otmani ses multiples et rapides concessions dans la formation d’une coalition gouvernementale hétéroclite qui a notamment ouvert la porte à la participation de l’USFP, alors que Benkirane s’y était formellement opposé.


Aujourd’hui de nombreuses voix au sein du PJD expriment leur crainte de voir la formation politique islamiste s’exposer à un risque d’implosion avec la marginalisation de leur leader qui dispose encore de beaucoup d’appuis malgré son débarquement de la présidence du gouvernement.


En coulisses, « les déçus de Otmani » fourbissent leurs armes et s’apprêtent ainsi à mener une vaste campagne virale sur les réseaux sociaux pour le maintien du chef charismatique qui lui « s’est mis tactiquement en réserve », dit-on par ailleurs.


La désignation par le conseil national des membres de la commission préparatoire du prochain congrès, n’avait consacré que des fidèles de Benkirane, mais la pertinence d’une réforme des statuts du PJD pour un parti qui a construit toute sa crédibilité sur ses mécanismes de démocratie interne n’est pas acceptée non plus par tous.


Pris entre deux feux, celui de préserver une unité d’un parti qui sort très diminué après de longs mois d’un combat qu’il a au final perdu et la contestation qui monte dans ses rangs, Abdelilah Benkirane est contraint à un équilibrisme délicat.


Selon des sources internes du PJD consultées par Le Desk, « Benkirane est conscient de la justesse d’une jeunesse qui n’accepte pas que le parti soit humilié de la sorte. Mais son rôle aujourd’hui est de se montrer capable d’éviter toute catastrophe qui lui serait en définitive imputée ». On se rappelle que durant les tractations qu’ils avaient menées, il avait à plusieurs reprises tenté de contenir sa base, notamment lorsque certains sympathisants menaient des campagnes acerbes contre Aziz Akhannouch sur les réseaux sociaux.


Aujourd’hui leurs idées ont gagné une frange grandissante des partisans du PJD y compris parmi ses figures les plus médiatisées qui prennent déjà des libertés dans leurs commentaires sur la place du parti au sein du gouvernement et de son avenir.