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11.04.2017 à 17 H 48 • Mis à jour le 11.04.2017 à 17 H 48
Par et
Régions

Baptême du feu sur le front rifain pour Laftit, nouveau ministre de l’Intérieur

Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur. MAP
A Al Hoceima, Abdelouafi Laftit s’est voulu rassurant quant à la volonté de l’Etat de réactiver le plan de développement régional qui a pris du retard. Son objectif affiché : mettre un terme aux tensions dans le Rif. Une main tendue aux contestataires, doublée cependant d’une sévère mise en garde

Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a tenu, lundi 10 avril au siège de la province d’Al Hoceïma, une réunion avec les membres des instances élues et les représentants des services extérieurs et de la société civile de la province.


Dans ce cadre, Laftit a affirmé que cette première visite dans la province, qui intervient après sa nomination à la tête du ministère de l’Intérieur, s’inscrit dans le cadre des instructions royales et a réaffirmé comme son prédécesseur, Mohamed Hassad, « l’engagement de l’Etat à entamer la mise en œuvre de la grande majorité des projets de développement inscrits dans le cadre du programme de développement de la province d’Al-Hoceïma (2015-2019), baptisé Al-Hoceïma, Manarat Al Moutawassit qui porte sur plusieurs secteurs vitaux, conformément à une vision globale et multidimensionnelle au profit des habitants de la région », explique l’agence officielle MAP.


Un projet doté d’une enveloppe de 6,5 milliards de dirhams qui accuse de multiples retards depuis son lancement en 2015 : seuls dix projets ont été réalisés pour un investissement total de 178 millions de dirhams. Dix autres sont en cours d’achèvement pour un montant de 146 millions de dirhams, selon les données rendues publiques par Hassad lors d’une récente réunion dans la région, rappelle Telquel.ma. « Les projets restants seront entamés vers le milieu de l’année en cours, juste après le parachèvement des dispositions préliminaires concernant chaque projet », a précisé le ministre de l’Intérieur, notant que « les différents intervenants déploient des efforts importants en vue de respecter les délais prévus pour leur concrétisation ».

 

Mise au point sur la « militarisation du Rif »

Il a ainsi mis en avant « l’engagement de l’Etat à poursuivre son approche de développement, en consacrant tous ses moyens financiers et logistiques et ses ressources humaines pour la mise en œuvre de ces projets dans les délais fixés et rattraper le retard enregistré dans certains autres ».


« Toutes ces mesures ambitionnent en particulier de répondre aux revendications des habitants qui revêtent un caractère strictement social intéressant essentiellement la vie quotidienne des citoyens, que se soit en milieu urbain que rural », a poursuivi le ministre, faisant remarquer, toutefois, que « certains éléments et parties œuvrent à exploiter les mouvements de protestation qu’a connus la région dans le but d’alimenter des situations de tension sociale et politique ».

 

Une mise en garde à peine voilée à l’adresse du mouvement dit de « mobilisation » promoteur entre autres slogan « non à la militarisation du Rif » qui fait régulièrement référence au dahir de 1958 déterminant à Al Hoceima un statut de zone militaire. Une assertion démentie par Laftit qui a réitéré qu’Al Hoceima est, « à l’instar des autres provinces du royaume régies par les dispositions du dahir de 1959 ».


« Ces objectifs suspects n’étaient pas seulement planifiés sur le terrain, mais sont encadrés politiquement à travers la promotion de plusieurs slogans à caractère politique extrémiste et d’un discours de la haine à l’encontre des institutions, dans une tentative vaine d’obtenir un soutien populaire inespéré », a soutenu le ministre défendant « une approche de développement, qui n’est pas désormais conjoncturelle, mais constitue plutôt un choix stratégique irrévocable, dont le mot d’ordre est : accompagnement, continuité et renouvellement ».


A cet égard, le ministre a souligné que son département a pris une batterie de mesures visant à insuffler un nouvel élan à la relation entre les autorités locales, les citoyens, les associations de la société civile et les acteurs politiques et syndicaux, « en dotant la province d’Al Hoceïma de meilleurs cadres de l’administration territoriale à tous les niveaux, et ce afin d’améliorer les prestations présentées à la population et d’accélérer le rythme de réalisation des projets programmés ».


Et d’appeler les autorités territoriales « à adopter le dialogue en tant qu’outil efficace pour interagir avec les citoyens, être à l’écoute des besoins sociaux de la population ».


Dans ce sillage, le ministre a appelé l’ensemble des acteurs locaux, avec à leur tête les représentants des services extérieurs des secteurs gouvernementaux, « à fédérer leurs efforts en vue de promouvoir la qualité des services publics et d’être à l’écoute des besoins des citoyens, et ce en coordination avec le gouverneur de la province ». Il a également noté que les partis politiques représentés au niveau de la province sont, de leur part, « invités à encadrer les citoyens, à renforcer leur participation dans la vie nationale et à former des cadres compétents en mesure d’honorer les engagements électoraux ».


Laftit a, en outre, « appelé les élus à jouer le rôle qui leur échoit, en raison de leur proximité des attentes et aspirations des habitants, et les associations de la société civile à encadrer les revendications sociales, conformément à leurs prérogatives, et à capitaliser les acquis réalisés aux niveaux politique, social et économique ».


Ilyas El Omari en renfort…

Pour sa part, le président de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Ilyas El Omari, s’est félicité de l’engagement du gouvernement à mettre en oeuvre les projets de développement programmés au niveau de la province d’Al Hoceïma, notant que « les portes de l’Administration publique et de la région sont toujours ouvertes aux citoyens ».


« La province d’Al Hoceïma fait face à des problèmes socio-économiques, notamment le chômage des jeunes et le manque d’infrastructures routières et des équipements de base, ainsi que certains déficits dans les domaines de l’enseignement et de la santé », a-t-il fait savoir, notant qu’une étude de projet de dédoublement de la route reliant Al Hoceïma et Tétouan sera lancée le mois prochain, dont le financement sera assuré par la région et d’autres intervenants.


Et d’appeler à accélérer la mise en œuvre des projets de développement, inscrits dans le cadre du Fonds de développement rural, doté d’un budget de 50 milliards de dirhms (MMDH), dont 2 MMDH sont consacrés à la province d’Al Hoceïma.


Il a également plaidé pour « l’organisation de concours à l’échelle de la région dans le but de faciliter l’accès des jeunes à la fonction publique et de renforcer leur employabilité, ainsi que la promotion du climat des affaires, à même de drainer les investissements privés dans la province et de capitaliser sur ses potentialités ».


De son côté, le président du Conseil municipal d’Al Hoceïma, Mohamed Boudra, a passé en revue les contraintes qui entravent le développement de la province, en particulier celles liées aux domaines de l’emploi, la santé, l’enseignement supérieur, l’habitat et le commerce, estimant que « le dialogue constitue l’issue unique pour parvenir à des solutions rapides et concrètes ».


Il a, dans ce sens, appelé à « approfondir le dialogue entre les élus et la société civile en vue de contribuer à la mise en œuvre des projets de développement durable, faisant état de l’impératif d’accélérer la réalisation des projets routiers programmés et de renforcer les lignes maritimes liant Al Hoceïma aux autres villes du Royaume ».


Quant au président du Conseil provincial d’Al Hoceïma, Ismail Rais, il a assuré que la province recèle d’importants atouts économiques, naturels et écologiques, appelant « à conjuguer les efforts de tous les intervenants en vue d’accélérer la mise en oeuvre des projets de développement, en particulier les infrastructures et les équipements de base ».


Il a, à cet égard, estimé que l’émergence socio-économique de la province passe par la promotion des secteurs de la pêche maritime et du tourisme, considérés comme des vecteurs de développement durable et les principaux pourvoyeurs d’emplois, appelant « à adopter une feuille de route claire et efficace, en vue d’assurer la promotion touristique de la province, créer un climat propice aux investissements et favoriser le développement durable ».


Les intervenants ont également plaidé pour le renforcement de l’équité territoriale au niveau des communes et provinces de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.


Cette réunion s’est déroulée en présence, notamment, du Wali de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma, Mohamed El Yaâkoubi, et du Wali, inspecteur général du ministère de l’Intérieur, gouverneur par intérim d’Al Hoceïma, Mohamed Faouzi.