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22.04.2017 à 00 H 30 • Mis à jour le 22.04.2017 à 00 H 50
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Diplomatie royale

A l’initiative de Mohammed VI, le Maroc et Cuba rétablissent leurs liens diplomatiques

Le roi Mohammed VI lors de son séjour à Cuba. GETTY IMAGES
Les ambassadeurs du Maroc et du Cuba à l'ONU ont signé vendredi à New York un accord pour rétablir leurs relations diplomatiques. Celles-ci étaient rompues depuis 1980 suite à la reconnaissance par La Havane de la « RASD ». Cuba est un soutien historique du Polisario aux cotés de l'Algérie et de l'Afrique du sud.

C’est par un communiqué concis que Rabat a annoncé ce vendredi soir le rétablissement de ses relations diplomatiques avec Cuba, rompues depuis 1980. Une initiative spectaculaire initiée par le souverain.


« Conformément aux Très Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, le Royaume du Maroc a rétabli, ce jour, ses relations diplomatiques avec la République de Cuba », a indique, un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale, relayé par la MAP.


Les ambassadeurs à l’ONU du Maroc et de Cuba, Omar Hilale et Anayansi Rodriguez Camejo ont signé le 21 avril à New York un « accord sur le rétablissement des relations diplomatiques » entre les deux pays « au niveau des ambassadeurs », a indiqué l’agence de presse officielle MAP. Une ambassade du royaume devrait ouvrir prochainement à La Havane.


Selon cet accord, cité par la MAP, le rétablissement de ces relations « reflète les intérêts des deux pays ». Il prend effet dès ce jour, et a été « guidé par la volonté mutuelle de développer des relations d’amitié et de coopération (… ) ».


Un gel de 37 ans en raison de la reconnaissance de la “RASD” 

Le Maroc avait en 1980 coupé formellement ses relations avec Cuba après la reconnaissance par La Havane de la « République arabe sahraouie démocratique » (RASD, auto-proclamée en 1976 par le Front Polisario qui dispute au Maroc la souveraineté du Sahara Occidental). Depuis, le Maroc ne dispose pas de représentation diplomatique sur l’île.


Avec l’Algérie et l’Afrique du sud, Cuba est un soutien historique du Front Polisario. Les relations entre les deux pays avaient commencé à se détériorer lors de la Guerre des sables en 1963 entre le Maroc et l’Algérie, où Cuba avait apporté son soutien à Alger.


Lire aussi notre Datadesk : La présence du Maroc et du Polisario en Amérique latine


Le roi Mohammed VI s’est rendu la semaine dernière en visite privée en famille à Cuba. La presse avait alors fait état de rencontres avec des responsables cubains et d’un possible rapprochement avec La Havane. « Mohamed VI a eu des rencontres diplomatiques avec des hauts responsables cubains. Même pour ses vacances, le roi choisit ses destinations en fonction des intérêts de l’État », avait précisé Le360, média connu pour sa proximité avec des sources proches du Palais. Mohammed VI « s’est rendu à Cuba dans l’espoir d’initier une nouvelle dynamique dans les relations maroco-cubaines. L’esprit d’initiative du roi ne reconnaît aucun sanctuaire aux ennemis de l’intégrité territoriale du royaume », avait affirmé le média, citant une « source sûre ».


Séjour privé et…  “diplomatie pro-active” 

Pourtant, le contexte du voyage privé du roi à Cuba n’avait pas convaincu nombre d’observateurs sur l’éventualité d’une telle initiative « auprès de l’ennemi cubain ». Ils avaient mis en doute la fiabilité de cette information. « Le 360 se garde bien de donner des noms de ces officiels cubains. Le roi est un chef d’État et seule une rencontre avec son homologue cubain, Raúl Castro, qui détient lui aussi de très larges pouvoirs, aurait été vraiment significative, mais elle n’a pas eu lieu », avait rapporté sur un ton dubitatif le journaliste espagnol Ignacio Cembrero sur le site algérien TSA.


La décision marocaine s’inscrit « dans le cadre de la diplomatie pro-active » voulue par Mohammed VI, « ouverte sur de nouveaux partenaires et espaces géographiques », explique un communiqué des Affaires étrangères, ajoutant que le souverain a donné des instructions pour l’ouverture prochaine d’une ambassade à La Havane.


Avec son retour au sein de l’Union africaine (UA) en janvier 2017, le royaume a repris contact avec des pays reconnaissant le Polisario, tentant de les convaincre de couper les ponts avec le mouvement indépendantiste.


Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est en grande partie sous contrôle du royaume depuis 1975. Un cessez-le-feu supervisé par une force de maintien de la paix de l’ONU (Minurso) est intervenu en 1991. Le Front Polisario réclame un référendum d’autodétermination alors que Rabat propose comme solution de « compromis » une autonomie sous sa souveraineté.