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14.05.2017 à 15 H 21 • Mis à jour le 15.05.2017 à 06 H 44
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Politique

Avec « Convergences », une frange du PAM rêve de dupliquer « En Marche ! » au Maroc

24.01.2016. Bouznika. Mehdi Bensaid, lors du 3ème congrès du PAM. DAVID RODRIGUES / LE DESK
C’est une idée qui fait son chemin au sein du parti du tracteur. Porté par l’ex-député Mehdi Bensaid, un futur mouvement qui veut s’inspirer de la méthode Macron en France, s’est déjà trouvé un nom (« Convergences ») et un objectif de lancement à la rentrée. Mais des cadors du PAM y voient un simple « tropisme français », improductif et sans lendemain

Il y a quelques jours, Hassan Benaddi, l’un des fondateurs du Mouvement pour tous les démocrates (MTD), antichambre du Parti authenticité et modernité (PAM), s’étonnait du succès du mouvement français « En Marche ! », tout en se questionnant sur les raisons de l’échec du MTD.


Enhardi par le succès du mouvement lancé par Emmanuel Macron, le PAM aurait dans l’idée de reproduire l’expérience au Maroc. Il n’est pas dit que l’ensemble des composantes du parti sont impliquées dans cette réflexion, certains poids lourds du Tracteur contactés par Le Desk, n’y voient pour le moment qu’une « idée d’un groupe encore bien marginale ».


Celle-ci fait pourtant son chemin. Un mouvement baptisé « Convergences », porté par l’ex-député Mehdi Bensaid, sera lancé dès l’automne, a appris Le Desk de sources internes au parti.


Le mouvement, dont l’objectif déclaré est de « constituer une plateforme visant à élargir le débat de société sur les thématiques portées par les courants progressistes, constituera aussi une interface de recrutement du personnel partisan », affirme une source proche du projet. Ses initiateurs s’attendent, selon cette même source, à ce que le prochain congrès de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) se solde par une énième mise en scission, qui offrira aux PAMistes l’opportunité de lancer une bouée de sauvetage à quelques leaders USFPéistes.


Positionné au centre-gauche de l’échiquier politique selon ses initiateurs, le mouvement en gestation compte ainsi ratisser au-delà. « Nous n’avons pas de réservoir ni de filières de recrutement privilégiées, mais souhaitons plutôt rassembler tous les progressistes du pays autour de certaines valeurs », commente une source au PAM.


Le mouvement « investira en force les réseaux sociaux », dans l’objectif de « concurrencer le PJD dans un terrain où il a une longueur d’avance », affirme-t-elle.


Le « Second souffle » de L’Moutchou

Parmi ses membres fondateurs, est cité le rappeur L’Moutchou (alias Mobydick). S’il s’est rapproché du parti d’Ilyas El Omari avant les élections législatives, Mobydick « ne souhaite pas pour autant tomber dans l’erreur de L’Bigg en s’affichant de manière trop voyante aux côtés du PAM », selon notre interlocuteur. La contribution de Mobydick au lancement du mouvement est pourtant effective, ce dernier ayant « proposé des actions à entreprendre, et même un nom, qui n’a finalement pas été retenu ». Lors du making-of, le rappeur « a proposé le nom ‘Second souffle’ , car symbolisant ce regain d’énergie du coureur qui surmonte sa fatigue pour aller de l’avant », relate notre source.


Officiellement, le mouvement « ne sera pas directement incorporé au PAM, mais émanera du parti », toujours selon notre source. Celui-ci constituera, en cas de succès, « l’une des pièces maîtresses » de la nouvelle stratégie du parti d’Ilyas El Omari, « qui se cherche une nouvelle identité ».


« Quelque peu lâché par le Palais, qui préfère désormais miser sur les technocrates du RNI, le PAM, à l’instar de nombre d’autres partis créés par le pouvoir, celui-ci cherche désormais d’autres voies de renouveau », assure-t-on dans ses propres rangs.


D’autres sources du PAM « conscientes de la situation difficile que traverse le parti », ne sont pas favorables à cette initiative. Ils n’adhèrent pas à l’idée de vouloir céder « au tropisme français ». « La situation au PAM est bien différente, la comparaison avec le mouvement macroniste n’est pas à faire », commente un membre du parti étonné de voir ce projet émerger « sans prise réelle avec le parti ».

 

 « Ilyas, c’est du passé »

« Macron, c’est un leader sans passé. Tout le contraire du PAM qui est un parti avec un passé, mais sans leader », explique ce partisan de la première heure qui a travaillé au cœur du projet MTD à son origine. « Ilyas représente le passé. Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est d’abord solder ce passé, faire un bilan des choses positives réalisées, comme celle des choses négatives », ajoute notre interlocuteur.


Pour lui, il y a plusieurs conditions préalables à mettre en œuvre dans ce sens tout en veillant à ne pas céder au mimétisme qui tente bien des formations politiques et pas seulement le PAM. « En France, Macron symbolise une jeunesse qui centralise. Son mouvement capitalise sur la puissance de réseaux bien établis. Au PAM, Bensaid n’a ni l’envergure, ni la capacité à reproduire une dynamique de cette ampleur », juge notre source avec sévérité.


« Le PAM est un parti tellement hétérogène, traversé par différentes tendances. La réflexion pour le redynamiser doit passer par un débat de fond sur son leadership », explique cette même voix opposée à un bricolage sans portée véritable. Selon elle, le MTD devrait au préalable organiser une tournée nationale auprès de ses partisans et surtout « choisir le bon tempo », afin d’éviter « une concomitance avec le processus engagé au sein de l’Istiqlal (…)Toute similitude d’approche serait dans ce cas mal perçue ».