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02.06.2017 à 19 H 57 • Mis à jour le 02.06.2017 à 20 H 10
Par
Liberté de la presse

RSF : la liberté de la presse bafouée par les autorités dans les manifestations du Rif

Un rassemblement contestataire à Al Hoceima, le 19 mai. AIC PRESS
L'organisation de défense de la liberté de la prénonce dénonce les « exactions » menées contre des journalistes venus couvrir les événements du Rif et appelle les autorités marocaines à libérer les journalistes qui ont été arrêtés

Reporters sans frontières (RSF) dénonce les exactions contre des journalistes venus couvrir les manifestations, qui secouent le Rif depuis la mort du vendeur de poissons Mohcine Fikri dans une benne à ordure en octobre 2016. L’organisation a déjà recensé deux arrestations, trois disparitions et l’expulsion d’un journaliste algérien.


« Les autorités veulent-elles étouffer les événements dans le Rif ? », écrit l’ONG basée à Paris. Depuis le 26 mai dernier, les journalistes et journalistes-citoyens, venus couvrir les manifestations dans la région, sont dans le viseur des autorités.


« Mohamed Al Asrihi et Jawad Al Sabry du média en ligne Rif24 et Abd Al Ali Haddou (animateur de la webTV AraghiTV) ont disparu depuis le 26 mai de peur de se voir interpellés et condamnés. Houssein Al Idrissi (photographe de Rif Press) et Fouad Assaidi (AgrawTV) ont tous deux été arrêtés samedi 27 mai dernier à Houceima, et immédiatement transférés vers Casablanca pour la poursuite de l’enquête menée par la brigade centrale de la police judiciaire. Les chefs d’accusation retenus contre eux sont inconnus à ce jour. Il est à craindre que leur arrestation survenue au même moment que celles de militants du mouvement Hirak ne mène à des poursuites pénales qui n’ont rien à voir avec leurs activités journalistiques », poursuit RSF dans un communiqué publié sur son site internet le 2 juin.


Un parallèle avec la situation au Sahara

« Il est essentiel de laisser les journalistes et journalistes-citoyens couvrir les événements du Rif, au risque sinon de voir cette région devenir, comme l’est actuellement le Sahara occidental, une zone de non-droit pour l’information indépendante », déclare Virginie Dangles, rédactrice en chef de RSF. « Nous appelons les autorités marocaines à libérer les journalistes-citoyens marocains actuellement détenus pour avoir exercé leur droit d’informer et demandons de faire cesser les menaces et les poursuites à leur encontre », a-t-elle poursuivi.


L’ONG rappelle que la presse étrangère n’est pas épargnée. Le 28 mai 2017, Djamal Alilat, grand reporter du journal algérien El Watan, a été interpellé à Nador. Il a été depuis expulsé du territoire marocain après avoir passé plus de 24h en détention, sans que l’on lui restitue son matériel saisi. « Les autorités ont invoqué l’absence d’une autorisation de tournage, prétexte trop souvent utilisé et soumis à l’arbitraire au vu du manque de transparence dans les critères d’octroi de ces autorisations et de l’absence d’une notification de refus motivée dans des délais raisonnables », précise l’ONG.


Le Maroc est à la 133ème place au Classement mondial de la liberté de la presse 2017 de RSF.