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09.06.2017 à 03 H 12 • Mis à jour le 09.06.2017 à 03 H 15
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Compte-Rendu

A Sidi El Abed, des jeunes ont rompu la trêve du jour dans un air d’Intifada

La police anti-émeute a été mise sous pression en fin de journée du 8 juin dans les hauteurs d’Al Hoceima. DR
Des jeunes de Sidi El Abed ont pour la première fois rompu la trêve du jour. Quelques heures avant la rupture du jeûne, ils ont pris d’assaut les forces de l’ordre à coups de pierres. Des blessés ont été dénombrés parmi les manifestants mais aussi dans les rangs des forces de l’ordre qui ont répliqué au gaz lacrymogène. Les sit-in ont repris la nuit à Al Hoceima, dans les localités environnantes et hors du Rif

Des affrontements ont éclaté jeudi en fin de journée entre manifestants et policiers dans la ville d’Al Hoceima, épicentre d’un mouvement de contestation populaire qui secoue depuis sept mois cette région dans le nord du Maroc, ont constaté les journalistes présents, dont celui de l’AFP.


Pour la première fois ce jeudi 8 juin, des jeunes du quartier Sidi El Abed sont sorti caillasser les forces de l'ordre avant la rupture du jeûne. DR


Des dizaines de jeunes affrontaient à coups de pierres les forces anti-émeute, qui ont répliqué en faisant usage notamment de gaz lacrymogène, dans les ruelles du quartier Sidi El Abed.




Des manifestations nocturnes quotidiennes se déroulaient depuis une douzaine de jours dans ce quartier, mais jusqu’à présent sans violence et après la rupture du jeûne du ramadan.


Sur les hauteurs d'Al Hoceima, de jeunes manifestants sont sortis dès 17 heures pour en découdre avec la police. Une femme tente de les dissuader. DR


Ce jeudi, vers 17 heures locales, des groupes de jeunes se sont rassemblés par surprise dans les ruelles pour manifester. Ils ont été repoussés sans ménagement par les policiers vers un carrefour du quartier, où plusieurs d’entre eux ont alors lancé des pierres sur les forces de l’ordre.


Un manifestant se prépare à tirer dans une cartouche de gaz lacrymogène pour la renvoyer sur les forces de l'ordre lors d'affrontements qui ont éclaté ce jeudi 8 juin à Al Hoceima, dans le Rif marocain. FADEL SENNA /AFP



Au moins deux personnes ont été blessées, un policier à la mâchoire par une pierre, et un manifestant à la tête par des coups de matraques, a constaté un journaliste de l’AFP. La police a procédé à plusieurs interpellations.


Un policier anti-émeute a été blessé à la machoire par un jet de pierres. DR


Les affrontements ont cessé près de deux heures plus tard, mais les protestataires avaient promis de revenir manifester après la rupture du jeûne dans la soirée. Des batailles de rue ont duré plus tard dans la soirée entre forces de l’ordre et jeunes manifestants.



La province d’Al Hoceima est secouée depuis sept mois par un mouvement de contestation revendiquant le développement du Rif, une région historiquement frondeuse et géographiquement enclavée que les protestataires jugent « marginalisée ». La quasi totalité des meneurs du mouvement ont été arrêtés ces dix derniers jours, et font face à de graves accusations de « crimes », notamment « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat ».



La ville d’Al Hoceima, ainsi que la localité voisine d’Imzouren, sont depuis lors en effervescence, et les manifestations nocturnes y sont désormais quotidiennes, malgré le quadrillage de la police.


La situation y était plus tendue ces trois dernières nuits, alors que les policiers prenaient position au cœur de Sidi Abed pour empêcher les manifestants de s’y regrouper dans les rues. Ces derniers ne cessent d’affirmer depuis le début de leur mouvement le caractère « pacifique » de leur mobilisation.


Durant la nuit, de nombreuses localités, dont Imzouren ont rejoint de nouveau le mouvement. Des rassemblements ont été signalés dans de nombreuses villes hors du Rif : à Oujda, Meknès, Agadir ou encore Kénitra où des interpellations ont été dénombrées parmi les manifestants.



Selon Mustapha el-Khalfi, porte-parole du gouvernement, 86 personnes sont aujourd’hui poursuivies par la justice. « Seize personnes ont été traduites devant la Cour d’appel d’Al Hoceima et 32 autres au tribunal de première instance de la ville », a-t-il précisé ce jeudi lors d’un point presse au terme de la réunion hebdomadaire du Conseil de gouvernement. Toujours selon les chiffres officiels, 31 personnes ont été placées en détention préventive et sept en garde à vue.