Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
26.06.2017 à 18 H 09 • Mis à jour le 27.06.2017 à 14 H 32
Par
Hirak

Al Hoceima et sa région en état de siège, plusieurs blessés dénombrés

Des manifestants ont pu braver l’interdit pour rallier un rassemblement prévu ce jour de l’Aïd el-Fitr à Al Hoceima, alors que la ville est quadrillée par les forces de l’ordre
Une grande manifestation était prévue en ce jour de l’Aïd el-Fitr appelée en soutien aux détenus du Hirak. La ville a été placée sous couvre-feu non déclaré par les autorités, empêchant ainsi par la force tout rassemblement. Toutes les voies terrestres reliant le chef-lieu du Rif et les localités avoisinantes font l’objet d’un blocus serré par des unités de la gendarmerie royale de guerre, généralement stationnées au Sahara. Plusieurs blessés ont été constatés après des heurts violents avec la police anti-émeutes

C’est un véritable couvre-feu de jour non déclaré qui règne sur Al Hoceima et la majorité des localités environnantes en ce jour de Aïd el-Fitr, marquant la fin du mois sacré du ramadan.



Dès les premières lueurs du matin, et en prévention de l’annonce d’un rassemblement devant se tenir dans le centre d’Al Hoceima, un impressionnant dispositif de sécurité a été déployé dans le chef-lieu du Rif, épicentre la contestation populaire qui dure depuis maintenant huit mois dans la région.




Des annonces diffusées sur les réseaux sociaux avaient appelé à une manifestation ayant pour principal objectif de réclamer « la libération immédiate des prisonniers politiques, le retrait de toutes les forces de police en présence et le retour à une situation antérieure au 28 octobre ».




La gendarmerie royale prévôtale déployée

Des unités de la gendarmerie royale prévôtale (dite de guerre), (Adarrak al-malaki al-harbi), généralement stationnées au Sahara au vu de leurs missions encadrées par un dahir dans les zones de conflit militaire, ont été appelées en renfort pour établir des check-points sur tous les axes routiers menant à la ville.


Des camions et véhicules de la Gendarmerie royale de guerre disposés sur les axes routiers menant à Al Hoceima


Ce dispositif était visible aux alentours d’Imzouren, Aït Bouayach, Tamasint, Aït Abdallah, Aït Qamra, Boukidaren et Ajdir. Certains témoignages attestent que ces unités sont sous le commandement d’un Général.



Ces barrages ont filtré toute personne désirant se déplacer d’une bourgade à une autre empêchant ainsi le passage de familles entières qui voulaient rejoindre leurs proches, notamment à Al Hoceima. Il a été rapporté au Desk que le véhicule du journaliste Hakim Benaissa, directeur d’Akhbar ar-Rif a été minutieusement fouillé et ses papiers retenus « à cause de sa plaque minéralogique jugée non conforme ».


Une file d'automobilistes filtrée par un des check points établis sur les routes reliant Al Hoceima et les bourgades de la région


Un quadrillage très serré est venu compléter ce blocus. Au niveau de la place centrale d’Al Hoceima (baptisée place des martyrs), une vingtaine de fourgons de la police, usant de leurs sirènes, ont empêché tout rassemblement dépassant trois personnes.


La place des martyrs à Al Hoceima investie par les fourgons de la police


Dans les quartiers chauds, ceux-là qui avaient connu des batailles rangées entre des jeunes manifestants munis de pierres et les forces anti-émeutes usant de gaz lacrymogènes et de canons à eau, durant les dernières nuits chahutées du ramadan, des centaines de policiers ont été placés à tous les coins de rue. Plusieurs interpellations ont été dénombrées.


L'acteur de théâtre Karim Bouaaza parmi les personnes interpellées


Sur les hauteurs de Sidi El Abed, Barrio Roman ou encore Hay Marmoucha, les forces de police étaient visibles sur les toits des maisons.


Des policiers disposés sur les toits des maisons dans les quartiers chauds de la ville


Des policiers ont tenté de faire retirer des étendards noirs placés par les familles des détenus sur leurs balcons et terrasses pour exprimer leur chagrin. Chez Mohamed Al Asrihi, directeur du site Rif24, réputé proche de Nasser Zafzafi, cette tentative a causé une altercation avec son père qui, pris de malaise, a été évacué en ambulance aux urgences de l’hôpital Mohammed V.


Le père du directeur de Rif24 évacué aux urgences après avoir tenté de s'opposer à la police qui voulait retirer des drapeaux noirs disposés sur la terrasse de son domicile en signe de tristesse pour son fils détenu avec d'autres membres du Hirak


Les manifestants ont réussi à braver le blocus

Des militants du Hirak ont emprunté des chemins détournés par les hauteurs de la ville pour rejoindre les manifestations

Malgré cette pression sécuritaire destinée à imposer le calme en ce jour de fête religieuse, de nombreux manifestants ont réussi à braver l’interdiction et ont pu déferler en colonnes compactes vers un point de ralliement non loin de la grande place d’Al Hoceima, ce qui a provoqué quelques heurts avec la police, des blessés légers et des interpellations. La plupart criaient : « Le peuple du Rif a décidé la chute de la militarisation ! »



Follow up  : les manifestations ont dégénéré entre forces de l’ordre et certains manifestants. Les autorités ont dénombré en fin soirée 39 blessés parmi les forces de l’ordre tandis que de nombreuses images prises dans le feu de l’action ont montré de nombreuses personnes à terre, certaines ensanglantées ayant subi la charge de la police anti-émeutes.




Des voitures de particulier ont subi des dégâts matériels.