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14.09.2017 à 00 H 02 • Mis à jour le 14.09.2017 à 22 H 58
Par
Islam

L’Institut Mohammed VI des imams offre ses services à l’Espagne

l’Institut Mohammed VI de formation des Imams, morchidines et morchidates. MAP
Le directeur de l'institut pense que tout comme la France qui ordonne à l'Union des mosquées de sélectionner des imams et de les envoyer en formation au Maroc, l'Espagne pourrait déléguer cette tâche à un corps islamique espagnol « modéré et reconnu par l'Etat », sans préciser à quoi il se réfère

L’Institut Mohammed VI des imams et de prédicateurs (morchidines et morchidates) propose de former les imams qui officient dans les mosquées en Espagne, comme c’est déjà le cas avec d’autres pays, européens et africains.


Le directeur de l’Institut, Abdesalam Lazaar, explique que cette année, son école, qui compte 66 enseignants, accueille plus de 1 200 étudiants qui seront formés comme imams et prédicateurs. 335 sont Marocains, 50 sont Français, les autres étant originaires de l’Afrique subsaharienne.


Depuis son inauguration en 2015, le centre n’a cessé de recevoir des candidatures de différents pays, principalement d’Afrique, et cette popularité a permis cette année d’ouvrir une nouvelle école avec une capacité de 600 étudiants, rapporte l’agence espagnole EFE.


Lazaar se félicite des résultats de la formation des imams français et estime que cette même expérience est transplantable en Espagne, sans préjudice du caractère séculier du pays. « La France est plus laïque que l’Espagne mais a décidé de déléguer à l’Union des Mosquées de France pour mettre l’ordre dans le domaine religieux », explique-t-il.


Des élèves étudient le Coran à l’institut Européen des sciences sociales à Saint-Leger-de-Fougeret, en France. L’institut forme des musulmans durant 7 ans pour qu’ils deviennent Imams. PHILIPPE DESMAZES/AFP


Lazaar dit que, tout comme la France qui ordonne à l’Union des mosquées de sélectionner des imams et de les envoyer au Maroc, l’Espagne pourrait déléguer cette tâche à un corps islamique espagnol « modéré et reconnu par l’Etat », sans préciser à quoi il se réfère.


Les Français sont soumis à un second filtre

Les étudiants français subissent un deuxième filtre dans l’institut marocain avant d’être acceptés : « Vous devez avoir une maîtrise absolue du français et, si vous avez des notions de base en arabe, nous l’acceptons. Nous formons des imams pour la France », souligne-t-il expliquant que leur langue de culte sera le français.


Un autre détail de la « capacité d’adaptation » de l’institut est son cursus : l’enseignement est reformulé en fonction des besoins et de la réalité du pays d’origine de chaque élève. L’institut apporte souvent des enseignants de l’extérieur pour enseigner la géographie, l’histoire et le droit de chaque pays d’où sont originaires les étudiants. « Ainsi, un imam français, avec les sciences religieuses, doit maîtriser les principes de la laïcité de son pays », souligne-t-il, mettant l’accent sur l’un des principes républicains de la France.


L’institut, situé au cœur de la cité universitaire de Rabat et qui combine l’architecture traditionnelle et les salles de classe modernes doté de matériel informatique, vient de recevoir cette semaine une vingtaine d’étudiants français pour passer les tests d’accès à l’école.


Manuels pédagogiques préparés par l’école elle-même

Avec un Coran en main ou en compulsant leurs notes, les vingt étudiants français attendent leur entretien avec un jury de trois membres.


Les critères de sélection diffèrent selon les Marocains et les étudiants étrangers. La durée de la formation varie d’un an pour les Marocains, deux ans pour ceux des pays subsahariens et trois ans pour les Français qui ont besoin de plus de cours de langue arabe.


Des imams en formation à l'Institut Mohammed VI de Rabat. AIC PRESS


Ils étudient les 30 manuels didactiques préparés par l’institut lui-même qui sont supervisés par le ministère des Habous et des affaires islamiques : ils vont de l’enseignement du Coran, des sciences islamiques, des sciences humaines, de la sociologie et de la psychologie.


Le directeur de l’Institut souligne que tous les étudiants apprennent l’islam marocain basé sur le rite malékite, mais toujours en tenant compte le contexte de chaque pays. La doctrine qui prêche l’usage de la raison et le soufisme constitue un autre pilier de la formation prodiguée


L’enseignement dans l’institut ne repose pas sur le théorique : l’élève apprend à préparer un sermon, comment communiquer son discours et comment interagir avec les gens, en particulier avec les jeunes. Certains étudiants subsahariens reçoivent également une formation professionnelle dans d’autres professions en dehors de la prédication. « Un candidat imam n’a pas toujours d’opportunités d’emploi dans leur pays d’origine, alors nous leur enseignons un commerce pour gagner leur vie et les immuniser dans leurs pays respectifs contre la tentation de tout financement douteux », conclut Lazaar.