Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
20.10.2017 à 03 H 23 • Mis à jour le 20.10.2017 à 03 H 23
Par
Santé

Médicaments génériques : opération de déminage d’El Houcine Louardi

Hassan Louardi, ministre de la Santé. DAVID RODRIGUES / LE DESK
Un communiqué du ministère de la santé a été diffusé pour annoncer la mise sur le marché imminente d’une série de médicaments génériques fabriqués au Maroc. El Houcine Louardi ne dit pas cependant qu’il a agit pour éteindre la grogne de l’AMIP qui lui a adressé un courrier confidentiel pointant du doigt les largesses accordées aux importateurs massifs dont son collègue au gouvernement en charge de l’industrie : Moulay Hafid Elalamy

Le ministère de la Santé a annoncé avoir autorisé la commercialisation dans les prochaines semaines d’une série de médicaments génériques fabriqués au Maroc utilisés pour le traitement de l’épilepsie, du cancer de la prostate, de la septicémie, de la diarrhée et des maladies cardio-vasculaires.


« Le ministère inscrit cette démarche dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale des médicaments et des produits pharmaceutiques visant à fournir des médicaments de haute qualité, efficaces et avec des prix abordables, à encourager l’utilisation des médicaments génériques, à faciliter l’accès des citoyens notamment les démunis aux médicaments innovants de façon régulière et continue et à encourager l’industrie pharmaceutique locale vu sa forte contribution au développement économique national », peut-on lire dans le communiqué relayé par la MAP.


Le ministère rappelle, par ailleurs, qu’il a autorisé en juin dernier la commercialisation d’un médicament générique antirétroviral composé du Ténofovir, actif contre le virus de l’hépatite B (VHB), au profit d’un laboratoire marocain d’industrie pharmaceutique d’autant plus que les personnes souffrant de cette maladie peuvent d’ores et déjà bénéficier de ce médicament de la nouvelle génération.


01.12.2015, Casablanca. Présentation du médicament générique SSB400 des laboratoires pharmaceutiques Pharma5. Le SSB400 est le premier médicament anti-hépatite C 100% marocain. DAVID RODRIGUES / LE DESK


« Ce nouveau médicament, premier générique fabriqué par un laboratoire marocain, est disponible dans tout le royaume à 289 dirhams la boîte, alors qu’il est commercialisé à l’étranger à 3000 DH », note-t-on de même source.


« Grâce à la commercialisation de ces médicaments de la nouvelle génération, le Maroc consolide son arsenal thérapeutique nécessaire à la prise en charge les patients souffrant du virus hépatique de type B, ce qui renforce les ambitions et les aspirations du ministère de la Santé pour mettre fin à cette maladie à l’horizon 2030 », souligne le communiqué.


Une communication qui cache un conflit larvé

Selon les informations du Desk, cette communication n’est pas le fait du hasard. Dans un courrier confidentiel adressé au ministre de la santé, les professionnels du secteur regroupés au sein de l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique (AMIP) ont alerté El Houcine Louardi sur la concurrence déloyale des grands importateurs de médicaments génériques qui inondent le marché alors que les industriels locaux sont bridés malgré leurs efforts d’investissement.


Une source proche du dossier a notamment fait remarquer que les importateurs « profitaient allégrement d’autorisation de mise sur le marché (AMM) de leurs produits avec célérité, alors que les fabricants locaux sont contraints à des délais extrêmement long ».


Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'industrie. MOHAMED DRISSI KAMILI / LE DESK


Un cas soulevé avec insistance mais qui n’est pas ouvertement évoqué est celui du ministre de l’industrie Moulay Hafid Elalamy qui avait mis un pied dans le secteur de la santé dès 2010 en s’offrant la deuxième plus grande usine de production de médicaments du royaume, celle de Glaxosmithkline Beecham (GSK). Or si la ligne de production de GSK située à Ain Aouda, qui s’étale sur une superficie de 12 000 m2, revendique 6 % de part de marché et 600 millions de DH de chiffre d’affaires, c’est surtout en importateur massif qu’Elalamy est devenu en moins de sept ans un poids lourd d’un secteur dans lequel il n’intervient pas en sa qualité de ministre au regard de conflits d’intérêts mis en sourdine.


Les mêmes sources indiquent que certains importateurs s’approvisionnent à grande échelle sur le marché indien alors que leurs produits, écoulés au Maroc en toute impunité, sont bannis à titre d’exemple éloquent du marché américain, où la Food &  Drug Administration (FDA) les considèrent comme impropres à la médication, n’ayant pas les propriétés requises. Affaire à suivre.