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21.10.2017 à 01 H 15 • Mis à jour le 21.10.2017 à 04 H 39
Par
Diplomatie

Le Maroc rappelle son ambassadeur à Alger en réplique à Messahel

Abdelkader Messahel, ministre des AE algérien. AP
Dans un communiqué en réaction aux déclarations du ministre des Affaires étrangères algérien Abdelkader Messahel qui a accusé le 20 octobre le Maroc de « blanchir l’argent du haschisch en Afrique », Rabat a décidé de rappeler son ambassadeur à Alger faisant le lien avec la bataille autour du sommet UA-UE prévu à Abidjan

Le ministre des Affaires étrangères algérien Abdelkader Messahel a accusé le 20 octobre le Maroc de « blanchir l’argent du haschisch en Afrique ». « Le Maroc recycle en réalité l’argent du haschisch via ses banques dans le continent », a accusé Messahel, lors d’un débat avec les chefs d’entreprises à l’université d’été du FCE, le patronat algérien, qui s’est tenu à la Safex d’Alger.


Le chef de la diplomatie algérienne a ajouté que les compagnies marocaines opérant vers les pays africains « ne transportent pas uniquement des voyageurs ».


« Il y a des dirigeants africains qui le reconnaissent », a-t-il encore lancé, en refusant de considérer le Royaume comme un exemple pour l’investissement en Afrique. « L’Algérie n’est pas le Maroc », a-t-il répété, en critiquant les patrons qui louent la politique d’investissement marocaine en Afrique. « Beaucoup parlent de la présence marocaine sur les marchés africains, en réalité, il n’y a rien (makayn walou) », a-t-il dit, en affirmant que « tout le monde sait que le Maroc est une zone de libre-échange ouverte aux compagnies étrangères pour ouvrir des usines et employer quelques Marocains ».



En réplique aux « déclarations gravissimes » du ministre algérien, le chargé d’affaires de l’Ambassade d’Algérie à Rabat a été convoqué, ce soir, selon nos sources, au siège du Ministère des Affaires étrangères.


Il lui a été signifié le caractère irresponsable, voire « enfantin », de ces déclarations, émanant de surcroit du chef de la diplomatie algérienne, censé exprimer les positions officielles de son pays au niveau international, selon les termes d’un communiqué émis par la diplomatie.


« Ces déclarations sans fondement ne sauraient porter atteinte à la crédibilité ni au succès de la coopération du Royaume du Maroc avec les pays africains frères, et qui est largement saluée par les Chefs d’Etat africains et appréciées par les populations et les forces vives du continent », rapporte le communiqué.


Des allégations révélatrices de la situation à Alger

« Ces allégations mensongères ne peuvent justifier les échecs ou cacher les véritables problèmes économiques, politiques et sociaux de ce pays, et qui touchent de larges franges de la population algérienne, notamment la jeunesse. L’engagement pour l’Afrique ne peut être réduit à une question de ressources financières, sinon l’Algérie avec ses pétrodollars aurait pu réussir. Il s’agit plutôt d’une vision claire, volontariste et agissante, ayant foi dans les pays et peuples frères de l’Afrique et investissant en un avenir commun à leur côté », poursuit-il.


« A l’ère où les institutions autant que les populations ont un accès libre à l’information, nul ne peut bercer indéfiniment de mensonges l’opinion publique ou les opérateurs économiques, ni insulter leur intelligence sur la durée. Les propos tenus par le Ministre algérien sur des institutions bancaires et la compagnie aérienne nationale, témoignent d’une ignorance aussi profonde qu’inexcusable des normes élémentaires du fonctionnement du système bancaire et de l’aviation civile, tant à l’échelon national qu’international », affirme la diplomatie dans sa réplique.


Le texte rappelle en outre « l’action efficace et les efforts considérables du Royaume du Maroc, notamment en matière de lutte contre les trafics de drogues, y compris en particulier les substances psychotropes en provenance de l’Algérie, sont largement connus au niveau international et reconnus par les institutions internationales spécialisées ».


« Le Royaume du Maroc, en condamnant ces propos affabulatoires, d’un niveau d’irresponsabilité sans précédent dans l’histoire des relations bilatérales, relève qu’ils coïncident avec la tournée régionale de l’Envoyé Personnel du Secrétaire Général pour le Sahara, ainsi qu’avec les préparatifs du Sommet UE-Afrique, prévu fin novembre 2017 à Abidjan  », insiste à dire le MAECI, contextualisant ainsi la sortie incompréhensible du ministre algérien.


« Face à ce développement inacceptable, le Royaume du Maroc a décidé le rappel en consultation de l’Ambassadeur de Sa Majesté le Roi en Algérie, sans préjudice des actions que les institutions économiques nationales diffamées par le ministre algérien, pourraient prendre », conclut le communiqué.


Selon des sources indépendantes algériennes consultées par Le Desk, la situation de crise aigue que connaît le régime de Bouteflika expliquerait cette sortie. Le pouvoir d’Alger fait face à des critiques acerbes de la part de l’opinion publique algérienne dans sa détermination à user de la planche à billets pour faire face à l’assèchement des liquidités et de l’étouffement de l’économie que le patronat dénonce avec virulence.


C’est d’ailleurs devant le FCE algérien, l’équivalent de la CGEM, que le ministre, à l’évidence fébrile face au prurit de la critique, a réagi de manière épidermique et désordonnée.


Abdelkader Messahel est par ailleurs coutumier à ce genre de dérapages, rapportent ces mêmes sources qui font le parallèle avec des déclarations tout aussi décousues devant l’Assemblée nationale algérienne de plusieurs membres du gouvernement lorsque des députés avaient vertement contesté leurs arguments jugés fragiles face à la crise économique, sociale et de gouvernance que vit le pays.