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23.02.2018 à 12 H 57 • Mis à jour le 23.02.2018 à 12 H 57
Par
Migrants

530 Marocains ont demandé l’asile en Espagne en 2017

Des migrants illégaux marocains assistés par la Croix rouge espagnole à leur arrivée à bord de pateras au port de Tarifa le 23 juin 2017. EFE
Ce chiffre représente 11% des Marocains qui sont entrés de manière irrégulière et par voie maritime en Espagne totalisant 4 809 personnes, soit un cinquième des 23 413 enregistrées tout au long de l'année. Ce qui constitue un « pic » selon les statistiques de l'Agence européenne des frontières (Frontex)

En 2017, un total de 530 Marocains ont demandé l’asile en Espagne faisant valoir un risque de persécution en raison de leurs croyances ou de leur orientation sexuelle ou ethnique, selon les chiffres officiels du ministère espagnol de l’Intérieur auxquels l’agence EFE avait accès.


Ce chiffre représente 11 % des Marocains qui sont entrés de manière irrégulière et par voie maritime en Espagne totalisant 4 809 personnes, soit un cinquième des 23 413 enregistrées tout au long de l’année. Ce qui constitue un « pic » selon les statistiques de l’Agence européenne des frontières (Frontex).


Le nombre de demandeurs d’asile marocains est faible par rapport aux 10 000 Vénézuéliens, 4 300 Syriens ou ceux d’autres pays en conflit comme la Colombie ou l’Ukraine, ce qui dément l’assertion de Rifains fuyant la répression dans leur pays.


Il est impossible de savoir le nombre de protestataires du Rif parmi les migrants dénombrés, parce que les statistiques ne ministère de l’Intérieur ne détaillent pas leur origine par province, ni les raisons invoquées pour demander l’asile.


Pas d’escalade majeure de migrants politiques

Au cours du premier semestre de 2017 une grande instabilité a marqué Al Hoceima et le Rif suivie d’une vague d’arrestations et de procès des dirigeants de la contestation et de participants à des manifestations qui ont conduit plus de 400 personnes en prison.


Ce qui a fait penser à une recrudescence des migrants rifains pour des raisons politiques ou ethniques, mais les statistiques n’abondent pas dans ce sens : il y a eu 530 demandeurs d’asile marocains en 2017, ce qui ne constitue pas une escalade majeure par rapport aux années précédentes. En 2016, il y en avait 345 et 413 en 2015, selon les chiffres officiels rapportés par le ministère espagnol de l’Intérieur.


En 2016, le ministère a octroyé à 206 Marocains la condition de « protection subventionnée » et seulement 10 d’entre eux ont obtenu le statut international d’exilé politique.


Les deux catégories reçoivent un document de voyage, un permis de travail et de résidence et, pour quelques mois, une aide à la subvention, comme cela a été transmis au HCR.


Puisque le Maroc est un allié clé pour l’Espagne, l’octroi de l’asile politique implique d’admettre qu’il existe des risques de persécution des personnes dans le pays pour diverses raisons. Au Maroc, l’homosexualité, l’activisme religieux non-musulman ou la défense du sécessionnisme dans n’importe quelle région sont interdites et punissables par la loi.


Un Rifain de 26 ans a fui le Maroc début janvier dans une embarcation vers Malaga en compagnie de quatorze autres jeunes hommes originaire de la même région qui est arrivé à la côte de Malaga au début de Janvier.

Tous ont demandé l’asile politique, certains pour leur activisme au sein du Hirak d’autres « se disant menacés », selon EFE.


L’homme assure qu’il était un militant connu de Hirak dans son village et que la police est venu le chercher à son domicile familial au moins sept fois, jusqu’à son arrestation, l’accusant de séparatiste et de semer la discorde entre ses compatriotes.


Il a réussi à s’échapper des mains de la Gendarmeie et a immédiatement décidé de fuir vers l’Espagne à bord d’une patera en compagnie d’autres candidats à l’exil qui ont du débourser chacun 700 euros.


A son arrivée en Espagne, il a été incarcéré dans une caserne de la Guardia Civil où il été assisté par des avocats de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR), à qui il a présenté la « preuve documentée » présumée de son militantisme et de sa persécution.


Selon lui, les avocats « étaient parfaitement au courant de la situation dans le Rif », et ont réussi à le libérer après 24 heures de détention.


Actuellement, le jeune homme réside dans un hôtel et se voit garantir un toit et de la nourriture, fournis par le CEAR, en attendant le traitement de son dossier.


Selon des sources informées par le HCR d’Acnur en Espagne, le traitement légal des demandes d’asile ne devrait pas dépasser six mois, mais prend souvent une année et parfois deux.