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28.04.2018 à 14 H 17 • Mis à jour le 28.04.2018 à 23 H 27
Par
Nations Unies

Sahara: Washington veut en finir avec le statu quo

Nikki Haley, ambassadeure des Etats Unies à l’ONU. USMUN
Dans leur explication du vote en faveur de la résolution 2414 sur le Sahara Occidental adoptée hier par le Conseil de sécurité, les Etats-Unis exigent une reprise des négociations entre le Maroc et le Polisario dans les 6 mois. Washington refuse un statu quo perpétuel du conflit, un rôle gelé de la MINURSO et fait pression sur le Polisario pour discuter du plan d’autonomie marocain

Dans sa résolution 2414 votée le 26 avril par 12 voix, 0 contre et 3 abstentions, le Conseil de sécurité proroge de 6 mois la mission de la Minurso au lieu de 12. Si dans sa globalité, le texte est favorable au Maroc et invective le Polisario, il presse cependant les deux parties à la désescalade et à s’engager sans tarder dans des négociations directes. (Lire ici le compte rendu global du vote)


Les Etats-Unis, en tant que penholder ont montré lors de leur explication de leur vote que le temps était venu pour sortir de la spirale du statu quo, exigeant une reprise des négociations directes entre le Maroc et le Polisario avant la tenue de la prochaine réunion du Conseil de sécurité désormais programmée pour octobre. La représentante de Washington qui a eu le texte explicatif ci-après immédiatement après la tenue du vote a insisté sur le fait que la MINURSO ne pouvait encore contribuer de la sorte à un gel du conflit, citant à ce propos John Bolton, récemment nommé Conseiller à la sécurité auprès du président Trump et architecte du fameux Plan Baker II.


Voici la traduction de l’explication américaine  :


« La MINURSO est une mission de maintien de la paix qui aurait dû finir son travail il y a longtemps. C’est une mission qui a commencé il y a 27 ans presque jour pour jour. C’était une mission conçue pour atteindre un but précis. Celui que la MINURSO n’a pas encore pu achever. Ce n’est pas la faute de la MINURSO. Le fait est que nous, en tant que Conseil de sécurité, avons laissé le Sahara Occidental devenir un exemple de conflit gelé. Et la MINURSO est un exemple de manuel d’une mission de maintien de la paix qui ne sert plus un objectif politique.


Donc, cette année, les États-Unis ont adopté une approche différente avec ce renouvellement. Notre objectif est d’envoyer deux messages. La première est qu’il ne peut plus y avoir de « business as usual » avec la MINURSO et le Sahara Occidental. La deuxième est qu’il est maintenant temps d’apporter notre soutien, notre soutien total à l’Envoyé personnel Köhler dans ses efforts pour faciliter les négociations avec les parties.


Les États-Unis veulent enfin voir des progrès dans le processus politique destiné à résoudre ce conflit. C’est pourquoi nous avons renouvelé le mandat de la MINURSO pour six mois, au lieu d’un an. Au cours des six prochains mois, nous prévoyons que les parties retourneront à la table et s’engageront avec l’Envoyé personnel Köhler. Nous espérons également que les États voisins reconnaîtront le rôle spécial et important qu’ils peuvent jouer pour soutenir ce processus de négociation.


Les États-Unis soulignent la nécessité d’avancer vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, qui assurera l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Nous continuons à considérer le plan d’autonomie du Maroc comme étant sérieux, crédible et réaliste, et il représente une approche potentielle pour satisfaire les aspirations du peuple du Sahara Occidental à gérer ses propres affaires dans la paix et la dignité. Nous appelons les parties à manifester leur engagement en faveur d’une solution politique réaliste, réalisable et durable fondée sur le compromis, en reprenant les négociations sans conditions préalables et de bonne foi. Les positions retranchées ne doivent pas faire obstacle au progrès.


Dans l’intervalle, nous espérons que toutes les parties respecteront leurs obligations en vertu du cessez-le-feu et s’abstiendront de toute action susceptible de déstabiliser la situation ou de menacer le processus de l’ONU. Des changements unilatéraux du statu quo sur le terrain ne nous aideront pas à trouver une solution durable et pacifique.


Il serait regrettable que quiconque cherche à interpréter le langage dans le renouvellement pour des raisons politiques. L’attente est claire. Il est temps de voir des progrès vers une solution politique, et après 27 ans, d’arrêter de perpétuer le statu quo.


Réfléchissant sur son séjour en tant qu’Ambassadeur des Etats-Unis aux Nations Unies, John Bolton a écrit : « La MINURSO semblait bien en voie d’acquérir une existence presque perpétuelle parce que personne ne pouvait savoir quoi en faire. Cela pourrait durer éternellement. » Plus d’une décennie plus tard, alors que nous nous réunissons à nouveau dans cette enceinte, l’avertissement de l’ambassadeur Bolton s’est révélé exact. Avec le renouvellement d’aujourd’hui, ce Conseil de sécurité a fait un pas en avant pour mettre fin à ce cycle. La prochaine étape sera pour nous de soutenir l’Envoyé personnel Köhler, et de voir enfin des discussions réelles et substantielles reprendre. Si cela échoue, nous devrons alors examiner attentivement notre travail et nos responsabilités lorsque cette mission sera de nouveau renouvelée dans six mois ».