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08.05.2018 à 01 H 55 • Mis à jour le 08.05.2018 à 10 H 31
Par
Armée

Affaire du kérosène de Ben Guerir: nos explications

Le camion transportant 26 tonnes de JP-8 à l’arrêt sur une aire de repos de l’autoroute A1 à hauteur de Bouznika peu avant son interception par la Gendarmerie royale. LE DESK
Une source autorisée de l’armée nous a fait parvenir ses précisions sur la cession du stock de carburant de l’US Air Force à un contractant civil, objet de notre article du 6 mai. Ces précisions bienvenues ne contredisent pas pour autant les faits que nous avons rapportés comme ont pu le suggérer certains internautes non abonnés au Desk. L’affaire fait l’objet d’une enquête de la Gendarmerie royale sous la supervision du parquet

Nombre d’internautes, qui ne se comptent manifestement pas parmi nos abonnés, se sont empressés, que ce soit sur Twitter, que sur notre page Facebook d’affirmer (avec souvent une pointe de satisfaction pour le moins inappropriée) que l’armée nous a « recadrés », que notre information était une « fake news » ou que nous n’avons pas pris la peine de vérifier nos sources, voire de ne pas nous excuser platement d’avoir agi en « traitres » à la nation.


Nous n’avons pas effacé leurs commentaires de notre page Facebook. Ils se reconnaitront.


Notre article réservé à nos abonnés (merci à ceux-là au passage qui ont fait remarquer à ces commentateurs que les précisions de l’armée ne contredisaient pas notre information, bien au contraire), indiquait bien qu’une cargaison d’un kérosène spécifique à l’US Air Force avait été cédée à un privé qui avait pour intention de l’écouler sur le marché noir. L’article en question en donnait les circonstances dans le détail qui n’ont à aucun moment été démenties.


Une source militaire autorisée a pris la peine d’apporter des précisions qu’elle a jugées nécessaires concernant la responsabilité des Forces armées royales dans cette affaire. Cette initiative est à saluer tant elle indique que l’armée peut contredire l’expression populaire de « Grande muette », qui voudrait laisser croire qu’elle n’interagit jamais avec la presse et le grand public. Et c’est donc normalement, et en accord avec la déontologie et les textes qui régissent notre profession, auxquels nous sommes tenus, que nous avons fait paraître ce qui nous a été transmis, verbalement, puis par écrit.


Ceci-dit, à date d’aujourd’hui, et comme nous l’indiquions dans notre article, la cargaison de ce carburant impropre à être disséminée dans des circuits parallèles en violation de la législation de la commercialisation des hydrocarbures, et compte-tenu du fait que le JP-8 dont il est question est exclusif à un usage militaire et non civil, une enquête a été ouverte par la Gendarmerie royale de Bouznika qui a intercepté un des camions citerne sortis de la 6ème BAFRA de Ben Guerir, alors qu’il se rendait vers une destination inconnue et sans escorte.


Le conducteur de ce camion et le contractant privé qui a acquis ce carburant auprès de l’US Air Force, ont été dans ce sens interrogés. Leurs allégations prétendant que le carburant chargé était destiné à un brûlage dans un site non identifié n’ont pas, selon nos sources, convaincu les enquêteurs.


Aussi, le dossier, qui comporte aussi la déposition d’un témoin oculaire, a été transmis à la justice qui devra ainsi définir en quoi le protocole de cession de substances contrôlées établi dans l’enceinte d’une zone militaire marocaine entre l’US Air Force (en tant que support logistique autonome) et son contractant civil (une entité privée locale) a pu donner lieu  à une infraction de la législation en vigueur, sans préjuger à ce stade des responsabilités engagées par l’une ou l’autre des parties.


De notre côté, et pour répondre aux questions persistantes de nos lecteurs, nous continuons nos investigations de journalistes avec l’ensemble des parties concernées, que ce soit en suivant le cours de cette affaire en justice, qu’auprès de notre point de contact autorisé au sein des Forces armées royales, qu’avec les sources officielles américaines (US Air Force et représentation diplomatique des Etats-Unis au Maroc).