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19.05.2018 à 23 H 35 • Mis à jour le 20.05.2018 à 01 H 53
Par
Sahara

Nouvelles tensions entre le Maroc et le Polisario sous l’oeil de l’ONU

Parade de brigades feminines du Polisario à Tifariti. MOHAMED MESSARA / EPA
Alors que le Front Polisario compte commémorer le 45ème anniversaire de sa création à Tifariti, localité à l’est du mur de défense des FAR au Sahara Occidental, Rabat condamne de nouvelles « provocations », tandis que le Secrétaire général de l’ONU déclare « suivre de près la situation », mettant en garde « toute tentative de modification du statu quo »

Le Maroc « condamne vigoureusement les actions de provocation récentes menées par le Polisario dans la localité de Tifariti, à l’Est du dispositif de défense au Sahara Marocain » et « considère qu’il s’agit là d’une nouvelle violation caractérisée du cessez-le-feu et d’un défi flagrant à l’autorité du Conseil de sécurité de l’ONU », indique samedi soir un communiqué du ministère des Affaires Etrangères et de la coopération internationale (MAECI).


De nombreux canaux du Front Polisario ont indiqué que le mouvement compte célébrer ce dimanche à Tifariti, « le 45ème anniversaire du déclenchement de la lutte armée sahraouie ». Une commémoration à laquelle devrait participer Brahim Ghali, en présence de représentants plusieurs pays et durant laquelle « des parades militaires et civiles, ainsi que des expositions » seront organisées.


« Acculés après la dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur le Sahara marocain, et visiblement embarrassés par la confirmation des liens avec le Groupement terroriste du Hezbollah, l’Algérie et le Polisario ont choisi la fuite en avant et la logique du pourrissement, à travers la multiplication des agitations puériles et irresponsables », peut-on lire dans le texte relayé par l’agence MAP.


Rabat, qui a saisi officiellement, à ce sujet, le Président du Conseil de Sécurité et ses membres, le Secrétaire Général des Nations Unies et la Minurso, leur demande « d’assumer leurs responsabilités et de prendre les mesures nécessaires contre ces agissements inacceptables ».


« Au moment où le Conseil de Sécurité appelle à la relance du processus politique en vue de parvenir à une solution réaliste, pragmatique et durable au différend régional sur le Sahara marocain, ces actes de provocation des autres parties sapent sérieusement les efforts des Nations Unies », ajoute le communiqué.


« Le Maroc regrette que cette escalade se déploie avec la bénédiction et la complicité d’un pays voisin, membre de l’UMA, mais dont il viole doublement la charte : En fermant les frontières et en abritant sur son sol un mouvement armé qui menace l’intégrité territoriale d’un autre membre. Ce pays, au lieu de respecter les valeurs du bon voisinage et les impératifs de stabilité régionale, s’entête à encourager ses mercenaires du Polisario dans leur action déstabilisatrice, en violation de la légalité internationale », poursuit-il.


« Loin de s’estomper, la responsabilité de l’Algérie et du Polisario face à la communauté internationale, ne fait que s’aggraver. Le Maroc demande officiellement aux instances onusiennes concernées, de diligenter une enquête internationale pour jeter la lumière sur la situation dans les camps de Tindouf administrés par le Polisario sur le territoire algérien, où nos compatriotes et frères marocains sont séquestrés dans des conditions dégradantes et inhumaines, et où l’aide humanitaire fournie par la communauté internationale est détournée pour être vendue sur les marchés du pays hôte aux fins d’enrichissement personnel de la nomemklatura du Polisario ».


« Le Royaume du Maroc réitère sa détermination irréfragable à défendre son intégrité territoriale et son unité nationale sur l’ensemble du territoire du Sahara marocain, et demande aux Nations Unies, et plus particulièrement à la Minurso, de remplir son mandat face aux violations répétées du cessez-le-feu », conclut le communiqué.


Nouvelle mise en garde d’Antonio Guterres contre le Polisario

Dans ce sens, et quelques heures avant la tombée du communiqué de la diplomatie marocaine, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré « suivre de près l’évolution de la situation au Sahara occidental et a mis en garde contre toute action susceptible de modifier le statu quo ». Il n’a cependant pas fait spécifiquement référence aux projets commémoratifs du Polisario à Tifariti.



« Conformément à la résolution 2414 (2018) du Conseil de sécurité adoptée le 27 avril 2018, et afin de maintenir un environnement propice à la reprise du dialogue sous les auspices de son Envoyé personnel, Horst Köhler, le Secrétaire général appelle à la plus grande retenue. Aucune action susceptible de modifier le statu quo ne doit être entreprise », a dit son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration à la presse.


« Dans sa résolution du 27 avril 2018, le Conseil de sécurité a prorogé jusqu’au 31 octobre 2018, soit six mois au lieu d’un an habituellement, le mandat de la Minurso », a rappelé Guterres, réaffirmant que « le Conseil s’était alors dit préoccupé par la présence du Front Polisario dans la zone tampon de Guerguerat et avait demandé son retrait immédiat ».


« Préoccupé également par l’annonce par le Front Polisario de son projet de déplacer des fonctions administratives à Bir Lahlou, le Conseil lui avait demandé de s’abstenir de se livrer à de tels actes déstabilisateurs. Le Conseil avait demandé aux parties de reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général », a-t-il ajouté.