Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
25.05.2018 à 16 H 56 • Mis à jour le 25.05.2018 à 16 H 56
Par
Justice

Bouachrine: le face-à-face des avocats autour des sextapes

Me Ziane (à droite), lors d’une audience du procès Bouachrine. AIC PRESS
La défense du journaliste Taoufik Bouachrine met en doute les vidéos montrant des scènes de tentatives de viol. Elle dénonce le trucage de ces scènes, assurant que son client n'était pas présent sur les lieux au moment des faits. Des éléments de preuve, selon elle, que réfute l’accusation et le parquet

Le procès du journaliste Taoufik Bouachrine a connu un nouvel épisode cette semaine après la projection, depuis lundi 21 mai, d’une douzaine de vidéos présentées comme des preuves des violences sexuelles dont il est accusé. Celles-ci ont polarisé les audiences à huis clos à la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca.



Arrêté le 23 février et incarcéré depuis, l’ancien directeur de publication du quotidien arabophone Akhabar Al Yaoum est accusé de « traite d’êtres humains », « abus de pouvoir à des fins sexuelles », « viol et tentative de viol ». Mais le journaliste de 49 ans nie tout en bloc et dénonce un « procès politique ».



« Bouachrine est poursuivi parce qu’il apparaît dans des vidéos confirmant les charges retenues contre lui », a affirmé le procureur général du roi, qui a supervisé l’enquête préliminaire.



Au total, une cinquantaine de vidéos ont été saisies d’un disque dur dans le bureau de Bouachrine, qui conteste leur authenticité et assure qu’il ne se trouvait pas au journal aux dates indiquées sur les images. « Ces vidéos montrent des scènes de tentatives de viol sur une des cinq parties civiles, […] deux de mes clientes y apparaissent, Bouachrine les obligent à des pratiques abjectes  elles peuvent avoir l’air consentantes mais elles ne le sont pas, car elles ne pouvaient pas lui dire [non] par peur d’être licenciées », a affirmé Habib Hajji, avocat de quatre plaignantes, joint par l’AFP. Selon lui, « il est clair que c’est bien Bouachrine qui apparaît dans ces vidéos, toutes filmées dans son bureau ».



La défense de Bouachrine affirme néanmoins disposer de « preuves très solides qu’il ne peut s’agir de lui dans les vidéos » puisque des contraventions routières, un certificat d’hospitalisation, des relevés d’opérations bancaires et des localisations géographiques provenant de relevés téléphoniques montrent « qu’il se trouvait ailleurs ». L’épouse du journaliste, présente aux audiences a elle aussi opposé les mêmes griefs, dont elle dit vouloir témoigner.



Pour Me Ziane, il s’agit certainement d’un trucage

Ses avocats assurent également que le registre des communications téléphoniques présenté au procès a été « retravaillé » pour en effacer les localisations géographiques qui pourraient l’innocenter.



En outre, « les prétendues vidéos et les PV en découlant ont fait l’objet de plusieurs procédures de faux […] que le tribunal a refusé d’examiner sans motif », affirme la défense, qui évoque des images sombres, floues et sur lesquelles « à aucun moment le visage du journaliste est visible ».



Le bâtonnier Mohamed Ziane a dénoncé face caméras « un possible trucage », tout en se gaussant de certaines scènes de nus qu’il attribue à des « actrices de films pornographique », au vu « de leurs charmes qui ne correspondent pas aux accusatrices ».



Il a également requis de « lever le secret sur les audiences » pour que « le peuple marocain constate de visu qui se moque de l’opinion publique ».


Selon le procureur du roi, les plaintes de la défense « ont été refusées parce qu’elles n’ont aucun fondement légal ». « Nous sommes prêts à soumettre toutes les vidéos à toutes les expertises techniques pour prouver que c’est bien Bouachrine qui y figure, il suffit que ses avocats le demandent », a-t-il assuré. L’accusation a rappelé en outre que c’est bien la défense qui a insisté pour que le visionnage des vidéos se fasse à huis-clos.


Jusqu’ici 11 séquences ont été projetées en soirée (Ramadan oblige) sur les écrans de Chambre criminelle de première instance de la Cour d’appel de Casablanca.


Lire aussi notre Grand Angle : Affaire Bouachrine : sextapes et promotion canapé