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01.06.2018 à 02 H 52 • Mis à jour le 01.06.2018 à 02 H 52
Par
Boycott

Centrale Danone: le plaidoyer du gouvernement auprès des citoyens

Un producteur de lait fournisseur de Centrale Danone. LE DESK
Tard dans la nuit du 30 mai, le gouvernement El Otmani a rendu public un second communiqué, après celui du 10 mai, signifiant au public les dommages occasionnés par le boycott du lait de Centrale Danone. Il souligne le grave préjudice porté aux coopératives laitières et aux petits producteurs qui les fournissent

Le premier communiqué du cabinet El Otmani du 10 mai n’aura pas suffit à enrayer le boycott qui frappe la marque Centrale du groupe Danone.


Le gouvernement a de nouveau appelé les citoyens « à apprécier la situation à sa juste valeur et à éviter davantage de dommages pour les agriculteurs, le secteur agricole et l’investissement national en général, et ce à la lumière de l’évolution du boycott du lait », annonce l’agence officielle MAP qui cite un second communiqué diffusé très tardivement dans la nuit du 30 mai.


Dans ce communiqué le gouvernement affirme « suivre avec un grand intérêt l’évolution du boycott du lait, qui se caractérise essentiellement par la décision de la société concernée de réduire de 30 % la quantité de lait achetée auprès des coopératives, avec tout son impact sur les agriculteurs et le secteur agricole ».


Cette situation a fait que de nombreuses coopératives laitières et professionnels « ont émis de multiples réactions appelant à redresser la situation », note le communiqué qui met l’accent sur les effets « négatifs » de ce boycott sur l’emploi au sein de Centrale Danone, particulièrement visée et des coopératives laitières qui y sont liées.


« Partant de ses responsabilités, ajoute la même source, le gouvernement souligne que le secteur laitier revêt une grande importance au sein du système social et économique de notre pays, car il concerne un réseau d’opérateurs qui traitent avec la société concernée, soit 120 000 agriculteurs et 600 000 membres de leurs familles ».


Des dommages sur tous les maillons de la filière

La poursuite du boycott est à même de « causer de gros dommages pour les coopératives laitières et les producteurs qui y adhèrent, dont une majorité de petits agriculteurs, ainsi que le tissu économique national dans ce secteur et les secteurs qui y sont liés, relève la même source précisant que ce boycott “pourrait également avoir un impact négatif sur l’investissement national et étranger et, par conséquent, sur l’économie nationale ».


« Le gouvernement est déterminé à entreprendre des initiatives visant à améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et à agir avec fermeté en matière de contrôle du marché, de la qualité des produits et de lutte contre la spéculation et le monopole », assure le communiqué.


Depuis quelques jours, la direction de Centrale Danone a multiplié les actions de communication pour rattraper les propos dévastateurs de l’un de ses cadres qui, interrogé lors du Salon de l’agriculture de Meknès avait traité les boycotteurs de « traitres à la nation ». Sa repentance filmée aura été vaine. A la veille du mois de ramadan, traditionnellement propice à la consommation du lait, la multinationale avait lancé une campagne sur les réseaux sociaux sur le ton de la réconciliation qui a été de nouveau raillée par les internautes.


Dans une interview à Medias24, Didier Lamblin, directeur général de Centrale Danone confirmait sa décision de réduire la collecte de lait et de rompre les contrats de centaines d’intérimaires. « Nous avons résisté jusqu’au bout mais on ne pouvait plus tenir », avait-il lancé. Un message de détresse qu’il a répété à l’antenne de 2M.