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08.08.2018 à 00 H 10 • Mis à jour le 08.08.2018 à 00 H 34
Par et
Bourse

Elon Musk affole Wall Street en annonçant le retrait de Tesla de la cote

Elon Musk, PDG de Tesla. CNN MONEY
En quelques tweets, Elon Musk a mis la pagaille sur les marchés en indiquant qu'il envisageait de retirer Tesla de la cote mais qu'il en restera le PDG. Il a aussi assuré qu'il avait le financement nécessaire à l'opération. Pour y parvenir, il faudrait que l'entrepreneur d’origine sud-africaine réussisse une opération de rachat d'entreprise record

Elon Musk, l’emblématique fondateur de Tesla a semé le trouble mardi 7 août en annonçant qu’il avait l’intention de retirer le constructeur de véhicules électriques haut de gamme de la Bourse.


En quelques tweets, Elon Musk a mis la pagaille en indiquant qu’il envisageait de retirer Tesla de la cote mais qu’il en restera le PDG. Il a aussi assuré qu’il avait le financement nécessaire à l’opération.


L’information a provoqué la suspension de l’action à Wall Street, selon la formule consacrée –  alors qu’elle s’envolait de plus de 7 %. Elle a repris la cotation un quart d’heure avant la clôture et a terminé sur un bond de près de 11 %. Peu avant la clôture de la bourse, Tesla a finalement confirmé qu’Elon Musk voulait bien retirer le constructeur de la cote mais a précisé dans un post de blog que la décision finale sera prise au terme d’un vote des actionnaires.



Le prix de l’action évoluait déjà en forte hausse quelques minutes auparavant après la publication par le quotidien économique Financial Times d’une information selon laquelle le fonds souverain saoudien avait pris une participation financière importante au sein du constructeur automobile.


Tesla, premier constructeur automobile américain ?

Cette annonce intervient au moment où se multiplient les attaques de spéculateurs, qui parient sur l’effondrement de Tesla, une stratégie financière baptisée short selling. Ils font valoir que Tesla aura du mal à honorer le calendrier de production de la Model 3, véhicule censé le transformer en constructeur de masse.


« J’envisage de retirer Tesla de la Bourse à 420 dollars (par action). Financement assuré », affichait à la mi-séance de Wall Street le compte Twitter certifié d’Elon Musk. À ce prix, Tesla pèserait plus de 71 milliards de dollars et serait de près de 20 milliards plus cher que General Motors, le premier constructeur automobile américain. Ce serait la plus grosse opération de retrait de la cote, ce qui pose la question du financement.



Où Elon Musk trouvera-il les fonds ? Utilisera-t-il le LBO (leverage buy out), un montage financier qui permettrait à un holding créé spécialement pour l’occasion de racheter Tesla en empruntant massivement de l’argent ? Auquel cas, il s’agirait, selon le cabinet Dealogic, de la plus grosse opération de rachat d’entreprise par LBO.


Des conseils boursiers…  sur Twitter

Ce record est jusqu’à présent détenu par le groupe énergétique américain TXU Corp qui avait été racheté par les fonds KKR, TPG et Goldman Sachs en 2007 pour 44 milliards de dollars. Une série d’informations boursières aussi sensibles distillée par un dirigeant d’entreprise en pleine séance boursière est tout à fait inhabituelle dans un pays où la communication financière est millimétrée pour mettre les investisseurs sur un pied d’égalité.


Interrogé par l’AFP, Tesla n’a pas répondu sur ce point particulier. En 2013, le groupe automobile, qui produit aussi des panneaux solaires, avait encouragé les investisseurs intéressés par Tesla à suivre régulièrement le compte Twitter d’Elon Musk, dont les promesses de transformation des modes de transport du futur sont derrière l’ascension boursière du groupe.


Tesla a des légions de fans, allant de l’acteur oscarisé Leonardo DiCaprio au rappeur Kanye West, et s’est démarqué en transformant la voiture en un « gadget » électronique avec des technologies très avancées. Son aide à la conduite automatique Autopilot fait l’objet d’enquêtes de régulateurs après des accidents dont certains mortels.


Un scénario déjà évoqué

« Je n’ai pas des droits de vote majoritaires actuellement mais je ne m’attends pas à ce qu’un actionnaire en ait si nous quittons la cote. Je ne vendrai pas (mes titres) quel que soit le scénario », a poursuivi Elon Musk, qui détient environ 20 % du capital de Tesla. Dans un autre tweet, il a affirmé avoir le soutien des actionnaires.


Pour convaincre de potentiels investisseurs réticents, le dirigeant a évoqué la possibilité de créer un fonds spécialisé qui garantirait l’équité entre investisseurs. « Mon souhait est que ‘tous’  les actionnaires actuels restent même si nous ne sommes plus une entreprise cotée. Je créerais un fonds spécifique pour permettre à chacun de rester avec Tesla. Le fais déjà avec Fidelity investment pour SpaceX », la société aérospatiale dont il est également le PDG fondateur.


Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk, habitué des polémiques, évoque un retrait de la cote de Tesla : il avait déjà émis cette hypothèse dans un portrait que lui consacrait le magazine Rolling Stone en novembre dernier. Contrairement à une entreprise cotée en bourse, une société évoluant hors des plateformes financières n’est pas soumise à des obligations légales contraignantes en matière de transparence comme la publication de ses résultats tous les trimestres ou la rémunération de ses dirigeants.


Le dirigeant médiatique de Tesla est un habitué des polémiques, notamment via Twitter dont il est très friand, causant parfois de lourdes sanctions en Bourse. Lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe mercredi dernier, il avait présenté ses excuses aux analystes qu’il avait sèchement éconduits début mai.


Elon Musk détient un peu moins de 20 % des actions de l’entreprise d’après des documents boursiers. La société est cotée sur le Nasdaq depuis 2010.