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07.09.2018 à 15 H 44 • Mis à jour le 07.09.2018 à 15 H 44
Par
Education

Polémique sur la darija: Amzazi menace de poursuites les auteurs de fake news

Said Amzazi, ministre de l’Education natioanle. MAP
La commission d'évaluation, composée de spécialistes en didactique des manuels scolaires, n'a constaté aucun motif pédagogique qui empêcherait l'usage de noms issus du dialecte marocain dans des textes de lecture fonctionnels, a affirmé, jeudi, le ministère de l'Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique

L’usage d’expressions en dialecte marocain (darija) dans des manuels scolaires du cycle primaire s’explique par « des considérations purement pédagogiques », a affirmé le ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.


En réaction à des informations rapportées par des sites électroniques et réseaux sociaux, le ministère a souligné dans une mise au point au sujet de la présence de telles expressions dans les nouvelles éditions de manuels du primaire, que des noms de gâteaux, de repas ou d’habits marocains ont été utilisés à des fins purement pédagogiques.


Une image largement diffusée sur les réseaux sociaux pointant des mots d'usage dans le dialecte marocain


S’agissant de la publication par certains médias d’un document en langue française contenant un chant en dialecte écrit en arabe et en latin, le département de l’Éducation nationale dément catégoriquement que ce texte ait été tiré d’un manuel scolaire homologué.


Il n’a pas manqué d’appeler à nouveau tous les acteurs pédagogiques et les composantes de la société « à se mobiliser pour faire réussir l’actuelle rentrée scolaire et à ne pas céder à tout ce qui est de nature à perturber les chantiers de réforme visant à améliorer la qualité du système éducatif et à promouvoir sa performance ».


Dans une seconde mise au point, le ministère souligne que la Vision stratégique de la réforme du système de l’éducation et de la formation prévoit que l’école doit être « un vecteur et un outil de transfert de la culture, tout en insistant sur le rôle fonctionnel des langues adoptées, notamment en matières de consécration de l’identité et d’ouverture sur le monde ».


En réaction à la polémique qui enfle sur les réseaux sociaux, le PJD par voie de communiqué, puis l’Istiqlal sont montés au créneau pour alerter d’une situation qui porterait atteinte à l’intégrité des langues reconnues par la loi suprême. Dans ce sens, le parti de Nizar Baraka avait adressé un courrier à Saïd Amzazi pour lui exprimer sa « grande préoccupation » de l’usage de la darija dans les manuels scolaires du primaire, le jugeant « contraire aux valeurs constantes de la nation marocaine ». Cette mesure est « une violation claire » de la Constitution marocaine, dans laquelle seules les langues arabe et amazighe sont reconnues comme étant les deux langues officielles du pays, indique le parti conservateur.


En réponse, le ministère a  noté que l’adoption de la culture marocaine dans des textes en langue arabe dédiés à des élèves du primaire repose sur plusieurs principes pédagogiques, visant notamment à enrichir le capital linguistique des élèves dans différents domaines (familial, environnemental, national), via des textes narratifs et fonctionnels touchant différents champ linguistiques, tout en les consolidant par des exemples réels tirés du milieu dans lequel ils vivent.


La dimension culturelle prise en compte dans les manuels

Une telle démarche, précise-t-on, prend en considération l’importance de la dimension culturelle dans l’apprentissage de la langue arabe et exige, de ce fait, des manuels scolaires dont le contenu est étroitement lié à l’environnement de l’élève.


L’usage d’un vocabulaire tiré de la culture marocaine s’explique, aussi, par le référentiel pédagogique lié à la nature du texte en question, qui décrit un baptême, à l’occasion duquel les membres de la famille sont vêtus d’habits traditionnels et dégustent des gâteaux marocains, d’où la nécessité de recourir à des termes utilisés dans toutes les langues sans traduction, explique le communiqué, ajoutant qu’il s’agit « seulement de 8 termes dans un manuel scolaire de 150 pages comprenant plus de 8 000 mots ».


Selon le communiqué, le rôle du ministère est axé, depuis 2002, sur la mise en place du curricula (programmation des activités d’enseignement, orientations pédagogiques, référentiel d’évaluation) et le lancement d’appels d’offres pour l’élaboration des manuels scolaires, conformément à des cahiers de charge qui déterminent les caractéristiques scientifiques, pédagogiques, techniques et artistiques du produit.


Le ministère a assuré qu’il n’hésitera pas « à engager des poursuites judiciaires à l’encontre de toute personne publiant des images ou des textes faux ou tirés de livres étrangers, avec l’attention de les présenter comme faisant partie des manuels scolaires nationaux, ainsi que celles mettant en ligne un contenu ancien qui n’est plus adopté dans les nouvelles éditions et ce, conformément à la loi relative à la presse et à l’édition ».