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15.09.2018 à 14 H 23 • Mis à jour le 16.09.2018 à 00 H 02
Par
Pollution

Coca Cola, Sidi Ali, Danone au top 3 des déchets sur les plages marocaines

Des déchets sur les plages marocaines: 85% de déchets plastiques, issus de sources très concentrées. ZERO ZBEL
A l’occasion du 15 septembre, journée mondiale pour le nettoyage des plages, l’association Zero Zbel publie les résultats d’une analyse des déchets solides présents sur le littoral marocain. Leur constat est édifiant : les cinq principaux types de déchets solides les plus présents (85% en plastique) sont en premier lieu produits par des acteurs industriels de premier plan

Ce sont pas moins de 26 plages marocaines du littoral méditerranéen et atlantique (allant de Boujdour au sud à Saïdia au nord) qui ont été auditées par l’association Zero Zbel, une association environnementale dont l’objectif est de favoriser la collecte et la diffusion d’informations environnementales et de contribuer à faire évoluer le cadre réglementaire au Maroc en la matière, avec le soutien de la Fondation Heinrich Böll, fondation allemande à but non lucratif engagée auprès de la société civile marocaine depuis 2014.


L’objectif de l’opération réalisée entre mars et août 2018 par 40 volontaires : repérer les déchets qui polluent les plages et les analyser pour en déterminer la provenance. Les résultats, publiés dans un rapport sont significatifs. Premier constat la quantité et la concentration des déchets : en moyenne 35 déchets sont collectés pour chaque mètre carré de plage.


« Avec en moyenne 35 déchets collectés par m2 de plage et 180 micro-déchets (de moins de 5mm) au m2, la pollution plastique des plages est très étendue et problématique », s’alarme Zero Zbel.



L’échantillon analysé par Zero Zbel constitué de plus de 36 280 déchets, indique qu’il comporte à 85 % des déchets plastiques. Parmi ces déchets, 18 % se répartissent entre bouchons et bouteilles en plastique, contre 13 % de cordes et de filets de pêches. Fait surprenant, les bâtonnets de sucettes et coton-tige constituent 10 % de la masse de déchets collectés, alors que les sacs en plastique (mika) en représentent 9 %, alors qu’ils sont interdits depuis 2016.



D’après Mamoun Ghallab, président de Zero Zbel, l’approche adoptée (une méthodologie définie par le mouvement international Break Free From Plastic), diffère des nettoyages de plage classiques car le but premier n’est pas de nettoyer les plages auditées. « L’objectif de Zero Zbel est d’acquérir une connaissance approfondie des déchets qui polluent nos côtes, pour ensuite pouvoir identifier des solutions en amont qui permettent d’éviter que cette pollution ne se renouvelle », peut-on lire dans le communiqué de l’association.


La moitié des déchets proviennent de trois grandes marques

L’association rappelle que « la pollution plastique est la principale source de déchets solides polluant nos plages, et que l’origine de ces déchets est très concentrée ». Mais aussi qu’une poignée de grandes entreprises industrielles sont derrière 56 % des déchets trouvés sur les plages. Des indications qui peuvent aider à trouver une solution, notamment via des initiatives «  ciblées en amont et qui peuvent avoir un impact positif majeur sur la réduction de la pollution des plages », souligne Zero Zbel.


Dans le détail, les déchets appartiennent à près de 422 marques commerciales identifiées par leur logo, dont 48 % sont de trois grandes entreprises. Selon les informations obtenues par Le Desk, il s’agit de trois leaders nationaux dans les secteurs des boissons gazeuses, de l’eau minérale et des produits laitiers, en l’occurrence, Coca Cola, Sidi Ali (Eaux minérales d’Oulmès) et Centrale Danone. Bien entendu, ces entreprises ne sont pas la source directe de cette pollution, s’agissant d’une question liée aussi au civisme des consommateurs. La problématique de la production du plastique, sa récupération et son recyclage est posée, comme l’est celle de la réduction nécessaire de nos modes de consommation de ces emballages et produits difficilement dégradables dans le milieu naturel. Mais la responsabilité qui découlerait uniquement de la culpabilité des consommateurs cache un jeu pervers des multinationales de l’agro-industrie comme le démontre cette enquête récente de Cash Investigation.



« Il est important de rappeler que la pollution plastique des océans est considérée comme l’un des défis environnementaux majeurs de notre siècle, et que la plupart des déchets plastiques mettent entre 100 et 500 ans à se dégrader », explique Zero Zbel.


« Considérant également que le Maroc a été désigné parmi les 20 pays qui rejettent le plus de plastique dans les océans, il est urgent de mettre en place des solutions permettant de réduire notre consommation de plastique et ses impacts sur la nature », commente cependant à ce titre l’association dans ses conclusions.


Aussi, Zero Zbel organisera dans les prochains mois une série d’ateliers de réflexion autour des résultats de ces audits de déchets qui donneront lieu à la publication d’un recueil détaillé de recommandations. Une initiative qui servira « à recueillir l’avis de différentes parties prenantes (associations, entreprises, élus locaux…) et d’explorer les mesures à entreprendre ».


« Ces solutions et recommandations devront intervenir à tous les niveaux de la chaine de valeur : de la réglementation, aux pratiques de production et de distribution, aux habitudes de consommation, jusqu’au système de gestion des déchets », préconise Zero Zbel.