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27.09.2018 à 22 H 19 • Mis à jour le 27.09.2018 à 22 H 30
Par
Education

Mohammed VI favorable à inclure la Shoah dans les manuels scolaires ?

Des Juifs marocains et des touristes juifs israéliens pendant la fête de Simchat Torah à la synagogue de Marrakech, le 12 octobre 2017. FADEL SENNA
A l’ONU, Saâdeddine El Otmani a lu un message du roi Mohammed VI aux participants d’une table ronde consacrée au rôle de l’éducation dans la lutte contre l’antisémitisme. Le souverain a appelé à ce que «l’Histoire doit être enseignée à nos enfants, dans la pluralité de ses récits, évoquant les instants glorieux de l’Humanité et aussi ses moments les plus sombres». Mais l’histoire des Juifs n’est pas au programme des écoliers marocains, encore moins l’Holocauste…

Le roi Mohammed VI a adressé un message aux participants à la table ronde de haut niveau sur « le pouvoir de l’éducation pour prévenir le racisme et la discrimination : le cas de l’antisémitisme », tenue mercredi à New York, en marge de la 73 ème session de l’Assemblée générale de l’ONU et dont lecture a été donnée par le chef du gouvernement, Saâdeddine El Otmani


Le message qui rend hommage à l’UNESCO et à sa directrice, Audrey Azoulay, fille du conseiller de Mohammed VI, André Azoulay, définit l’antisémitisme comme « l’antonyme de la liberté d’expression. Il manifeste la négation de l’Autre et constitue l’aveu d’un échec, d’une insuffisance, d’une incapacité à coexister ». « C’est le retour anachronique à un passé mythifié. Est-ce là le passé que nous voulons léguer en héritage aux générations futures ? », s’est interrogé le souverain.


« Pour autant, la bataille contre ces fléaux ne s’improvise pas. Elle n’est ni militaire ni budgétaire  elle est, avant tout, pédagogique et culturelle. Ce combat porte un nom : l’éducation. Et dans l’intérêt de nos enfants, il importe que nous le remportions car ce sont eux qui en seront les bénéficiaires et les ambassadeurs », a-t-il ajouté.


L’éducation a précisé Mohammed VI, citant les orientations de son discours du Trône du 29 juillet, « doit enseigner l’Histoire à nos enfants, dans la pluralité de ses récits, évoquant les instants glorieux de l’Humanité et aussi ses moments les plus sombres ».

 

Dès 2008, la Charte des Oulémas, avait prévu « la révision des contenus à caractère religieux des manuels scolaires ». Mais jusqu’ici, cette révision relative à l’enseignement de l’islam ne s’étend pas à l’histoire des Juifs au Maroc, et encore moins l’extermination des Juifs d’Europe par l’Allemagne nazie durant la Seconde guerre mondiale.


Des accords qui demeurent protocolaires et diplomatiques

En 2016, une convention de partenariat avait été signée à Rabat, entre les Archives du Maroc et le Mémorial de la Shoah, en vue de mettre en place « une coopération sur tous les sujets relatifs à l’histoire des Juifs et du judaïsme dans les pays d’Afrique du Nord, en matière de recherche et d’échange d’archives et d’événements culturels et scientifique ». Cependant, rien de concret n’a filtré de cet engagement protocolaire.

 

Un an plus tard, le Maroc avait « approuvé une proposition de travailler avec le Musée du Mémorial de l’Holocauste des États-Unis pour éduquer sur l’Holocauste et pour contrer l’intolérance », avait rapporté le journal israélien Haaretz. Dans ce sens, le prince Moulay Rachid avait, selon le journal, rencontré à Rabat la directrice du musée Sara Bloomfield. Selon une déclaration du musée, affirmait Haaretz, il avait accepté la suggestion de Bloomfield de « travailler ensemble pour tirer les leçons du passé pour aborder les problèmes du présent et pour bâtir un meilleur avenir »…

 

Dans un message adressé aux participants à la deuxième Conférence internationale sur le dialogue des cultures et des religions dont les travaux se sont tenus à Fès le 12 septembre dernier, le roi Mohammed VI a relevé que le dialogue des cultures et des religions « n’est donc pas un concept abstrait qui relève du luxe intellectuel. Plus qu’une volonté, c’est une démarche qui tire sa véritable signification d’une foi profonde, et qui exige un engagement ferme, un travail sérieux, des actes et non seulement des paroles ».