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10.11.2018 à 13 H 16 • Mis à jour le 10.11.2018 à 13 H 22
Par
Maghreb

L’Algérie rejette la main tendue du roi Mohammed VI

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika lors d’une ancienne apparition publique. RYAD KRAMDI/ GETTY IMAGES
Silencieuse depuis le prononcé du discours royal à l’occasion de la Marche Verte par lequel le roi Mohammed VI lui a proposé un « dialogue franc et direct », l’Algérie vient de réagir par la voix d’une source autorisée au site d’information TSA. Celle-ci estime que l’appel de Mohammed VI est un « non-événement » en qualifiant son initiative de « douteuse » sur la forme et « suspecte » par son contenu

L’appel lancé par Mohammed VI pour un dialogue franc et direct entre Alger et Rabat est « un non événement », a indiqué, ce samedi 10 novembre, une source autorisée algérienne à TSA.


« Cette offre douteuse dans sa forme (célébration de la Marche Verte) et suspecte de par son contenu (volonté de bilatéraliser la question du Sahara occidental) est un non-événement qui ne mérite pas de réponse formelle », a ajouté la même source.


Mardi dernier, le roi Mohammed VI, à l’occasion de son traditionnel discours à l’occasion de l’anniversaire de la Marche Verte, a tendu la main à l’Algérie en proposant la mise en place d’un « mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation » destiné à permettre de régler les différends entre les deux pays.


Le Roi a rappelé que depuis son accession au Trône, Il a appelé « avec sincérité et bonne foi » à l’ouverture des frontières entre les deux pays et à la normalisation des relations maroco-algériennes « C’est, donc, en toute clarté et en toute responsabilité que Je déclare aujourd’hui la disposition du Maroc au dialogue direct et franc avec l’Algérie sœur, afin que soient dépassés les différends conjoncturels et objectifs qui entravent le développement de nos relations », a souligné le Souverain.


Mais, pour les Algériens, « échaudés par les précédentes diversions de Mohammed VI et les fausses ouvertures conçues en fonction des échéances », cet appel n’est pas sincère, rapporte TSA.


Les conditions d’Alger depuis 2013 remises sur la table

L’Algérie a depuis 2013 posé publiquement ses conditions pour la normalisation de ses relations avec le Maroc, notamment la réouverture des frontières terrestres fermées depuis plus de vingt ans.


« La réouverture de la frontière est une question de souveraineté qui relève du ressort exclusif du gouvernement algérien et les conditions qui doivent y présider sont connues de nos voisins », avait affirmé en juin 2013 Amar Belani, alors porte-parole du ministère des Affaires étrangères.


Ces conditions sont « l’arrêt de la campagne de dénigrement contre l’Algérie », « une coopération sincère, efficiente et productive de résultat contre l’agression que nous subissons au quotidien en matière d’infiltration de drogues » ainsi que le respect de « la position du gouvernement algérien en ce qui concerne la question du Sahara occidental que nous considérons comme une question de décolonisation qui doit trouver un règlement conforme à la légalité internationale au sein des Nations unies », compile TSA.


Le Maroc avait alors réagi à cette déclaration en faisant part de ses « réserves les plus fortes »  : « Le principe même d’introduire une conditionnalité unilatérale dans la normalisation des relations bilatérales est une pratique d’un autre âge [et] dénote une culture politique d’une ère révolue, en total déphasage avec les exigences et les perspectives du 21 siècle », avait estimé la diplomatie marocaine.


Dans un communiqué publié mercredi, le ministère qatari des Affaires étrangères a salué cette décision qui peut être « le début d’un dialogue constructif et fructueux ». Le Qatar considère « l’ouverture des voies de dialogue entre les deux pays frères » comme la fin du conflit, soulignant la confiance de Doha dans la sagesse des deux dirigeants et leur volonté à résoudre les différends de longue date et à défendre les intérêts de leurs peuples.


La France a affirmé, jeudi, avoir pris connaissance « avec un grand intérêt » de la proposition faite par le Roi Mohammed VI d’  « un dialogue renouvelé avec l’Algérie ». « La France a toujours appelé de ses vœux le renforcement des liens entre le Maroc et l’Algérie, qui sont des partenaires majeurs auxquels nous unissent des liens d’une densité exceptionnelle », a souligné la porte-parole du ministère de l’Europe et des affaires étrangères.


Le Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres« a toujours été favorable à un dialogue renforcé entre le Maroc et l’Algérie », a affirmé mercredi à New York son porte-parole, Stéphane Dujarric.