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08.04.2019 à 00 H 59 • Mis à jour le 08.04.2019 à 01 H 01
Par
Economie

Le Maroc compte lever 1 milliard de dollars à l’international en 2019

Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Economie et des Finances. MOHAMED DRISSI KAMILI / LE DESK
Le Maroc revient sur le marché obligataire international après cinq ans d'absence, a révélé Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Economie et des Finances, lors d’un entretien accordé à l’agence Bloomberg. Une décision qui marque un changement majeur de stratégie du gouvernement sur les obligations pour financer son programme économique

Le Maroc prévoit de lever au moins un milliard de dollars via l’émission d’obligations internationales cette année, ce qui mettra fin à une interruption de cinq ans environ, et de passer à une politique d’offres plus cohérentes pour financer son programme de restructuration économique plus large.


Le royaume a mandaté un consortium de banques pour cette émission obligataire, la première depuis 2014, a déclaré le ministre des Finances et de l’Économie, Mohamed Benchaâboun, dans un entretien accordé à l’agence Bloomberg. Il prévoit également de revenir sur le marché en 2020 dans le cadre des efforts visant à maintenir des émissions plus régulières, a-t-il déclaré.



L’émission aura lieu « dès que les conditions le permettront cette année », a déclaré Benchaâboun à Bloomberg, vendredi à Marrakech, refusant cependant de préciser son calendrier.


Bloomberg rappelle que l’an dernier le roi Mohammed VI a requis du gouvernement de proposer un nouveau modèle de développement alors qu’il intensifie la répression de l’évasion fiscale. Une directive, note l’agence ,qui est d’autant plus urgente compte tenu de la situation préoccupante que vit l’Algérie voisine.


L’argentier du royaume, ancien président de la Banque centrale populaire, a déclaré que le pays continuerait à exploiter le marché « de la manière la plus naturelle qui soit, car la dette se déprécie en substance. Il est donc évident de devoir augmenter la part de marché extérieur dans le financement de la dette globale ».

 

Ce plan marque un changement de stratégie de la part de son prédécesseur, Mohamed Boussaid, qui était relativement réticent à se tourner vers le marché international, poursuit Bloomberg qui souligne que la croissance au Maroc est à son plus bas niveau depuis 24 mois : les responsables marocains ont eu du mal à relancer la croissance qui a été freinée ces deux dernières années par la sécheresse et la faible demande des consommateurs, estime la même source.


Le changement proposé intervient à mesure que les autorités examinent comment les entreprises publiques peuvent financer les plans de développement du pays et les rendre moins tributaires des financements publics. Dans l’état actuel des choses, la dette est considérée comme quasi souveraine, ce qui limite la marge de manœuvre de l’administration, ajoute l’agence.


« Lorsque vous êtes régulièrement présent sur le marché obligataire international, vous fixez votre objectif de prix pour la dette que vous souhaitez contracter et, évidemment, vous mobilisez plus rapidement des financements pour le compte des prêteurs, car ils vous connaissent », a déclaré Benchaâboun dans son entretien.


Lors du dernier examen de son accord de précaution et de liquidité conclu avec le pays au début du mois, le Fonds monétaire international a déclaré que « l’amélioration de la gestion budgétaire et de la diversification économique » ont permis à l’économie de mieux résister, même si le chômage reste élevé, en particulier chez les jeunes Marocains.


Le gouvernement doit poursuivre les changements qu’il apporte « afin d’accroître les gains de productivité, de créer des emplois et d’accroître le potentiel de croissance », conformément à ses objectifs à moyen terme », a annoncé le FMI dans un rapport du 2 avril.


« L’histoire de la croissance ne peut se résumer en un trimestre », a déclaré Benchaâboun, soulignant l’impact de la sécheresse sur le secteur agricole à forte intensité de main-d’œuvre du pays et « un PIB non agricole affichant des niveaux de croissance satisfaisants ».


Le gouvernement s’en tient à sa prévision budgétaire d’une croissance de 3,2 %, a-t-il déclaré. Le mois dernier, la banque centrale a ramené la prévision de croissance pour 2019 à 2,7 %, citant principalement une production agricole plus faible.


Parmi les mesures prises par le gouvernement pour stimuler la croissance, il y a un projet de loi – en cours d’examen au Parlement –  visant à protéger les droits minoritaires dans les entreprises, ainsi que le lancement plus tard cette année du premier fonds de placement immobilier (REIT), susceptible de fournir « une source fondamentale de financement pour les entreprises à tous les niveaux ».


« Les répercussions ne seront pas ressenties du jour au lendemain », a déclaré Benchaâboun, soulignant que les autorités étaient convaincues que ces mesures stimuleraient la croissance et créeraient des emplois.