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13.10.2019 à 16 H 19 • Mis à jour le 13.10.2019 à 22 H 18
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Patronat

Mezouar démissionne de la CGEM pour ses propos sur l’Algérie

Salaheddine Mezouar à la WPC de Marrakech, le 12 octobre 2019. MAP
Le président de la CGEM a annoncé sa démission par un mail laconique aux membres du patronat, après avoir été tancé par le ministère des Affaires étrangères au nom du « gouvernement de Sa Majesté » sur les propos « irresponsables » qu’il a tenus sur l'Algérie le 12 octobre lors de la Word Policy Conference à Marrakech

« Le gouvernement de Sa Majesté le Roi dénonce la démarche irresponsable, maladroite et irréfléchie de M. Salaheddine Mezouar, président de la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM), qui a cru devoir commenter la situation interne en Algérie lors d’une conférence internationale tenue à Marrakech », indique le ministère des Affaires Étrangères, de la Coopération Africaine et des Marocains Résidant à l’étranger.


Cette déclaration a soulevé « des questionnements au niveau de la classe politique et de l’opinion publique quant à son timing et ses véritables motivations », précise le ministère dans un communiqué.


La CGEM, poursuit la même source, « ne peut se substituer au gouvernement de SM le Roi dans la prise de positions sur les questions internationales et notamment le développement dans ce pays voisin », ajoutant que la position du Royaume du Maroc à ce sujet est « claire et constante ».


« Le Royaume du Maroc a, en effet, décidé de s’en tenir à une attitude de non-ingérence par rapport aux développements en Algérie. Le Maroc s’abstient de tout commentaire à ce sujet. Il n’a ni à se mêler des développements internes que connaît ce pays voisin, ni à les commenter de quelque manière que ce soit », conclut le communiqué.



Invité à une plénière inaugurale de la 12ème édition de la World Policy Conference (WPC) à Marrakech, Salaheddine Mezouar, président de la CGEM avait salué le « mouvement pacifique » que connait l’Algérie et estimé que l’armée au pouvoir se devait de composer avec le peuple pour ouvrir la voie à la démocratisation du pays, a-t-il dit en substance.



« Les mutations majeures et structurelles que connaît le Maghreb sont porteuses d’espoir », avait souligné, alors Salaheddine Mezouar.


« Les transformations politiques et socio-économiques que vit actuellement la région du Maghreb témoignent de sa prise de conscience de son rôle central et de son importance en tant que levier de croissance et acteur de changement », a affirmé Mezouar, qui s’exprimait lors de cette session plénière sous le thème « Perspectives économiques et politiques dans le contexte de la montée de la Chine ».


Il a, dans ce sens, soutenu que le Maroc s’est fortement engagé depuis longtemps dans une politique d’ouverture et de démocratisation pour favoriser l’intégration de l’espace maghrébin, à l’image de la contribution très positive du Royaume à la conclusion de l’accord de Skhirate afin de faire sortir la Libye de sa crise.



Le président de la CGEM, qui s’est dit très optimiste quant à l’avenir du Maghreb, a estimé qu’un Maghreb « reconstitué » va contribuer non seulement à son propre développement mais aussi à la résolution des crises mondiales, vu sa position géostratégique, ses potentialités et ses atouts.


Il a, par ailleurs, saisi l’occasion pour appeler la communauté internationale à faire confiance à l’Afrique qui jouit d’un énorme potentiel encore non exploitable.


Le jour même, le président de la CGEM a annoncé aux membres de la CGEM par un mail laconique sa démission de la tête du patronat dans lequel il a affirmé avoir « pris à compter de ce jour cette décision pour des raisons de contraintes personnelles majeures ».


 

Le départ précipité de Mezouar a créé une crise sans précédent au sein de l’instance patronale après la vacance du poste de vice-président laissé par Fayçal Mekouar depuis juillet dernier. Voici ce que prévoient les statuts de la CGEM :



Lire aussi notre éditorial du 18 juillet 2019 : Berezina à la CGEM : Mezouar sur la corde raide