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24.10.2019 à 18 H 13 • Mis à jour le 24.10.2019 à 18 H 13
Par
Emploi

La faible participation des femmes à la population active, source d’inégalités de genre

Une ouvrière de l’usine Renault de Tanger. MAP
La participation économique des femmes est limitée dans la population active (22,2% en 2018). De plus, il ressort un niveau élevé du taux de chômage parmi les femmes (14% en 2018 contre 8,4% pour les hommes), souligne le rapport le Rapport sur le budget axé sur les résultats tenant compte de l'aspect genre (RBG), accompagnant le Projet de loi de finances 2020 (PLF 2020)

La baisse de la participation des femmes à la population active du Maroc constitue la principale source d’inégalités de genre, selon le Rapport sur le budget axé sur les résultats tenant compte de l’aspect genre (RBG), établi par le ministère de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration.


Le Maroc a mis en œuvre plusieurs programmes durant les deux dernières décennies afin de réduire les inégalités en matière d’accès aux services socioéconomiques de base (éducation, santé, logement décent et infrastructures de base). Toutefois ces efforts n’ont pas permis de rehausser significativement la participation économique des femmes comme en témoignent leur part limitée dans la population active (22,2 % en 2018) et le niveau élevé du taux de chômage parmi les femmes (14 % en 2018 contre 8,4 % pour les hommes), lit-on dans le rapport accompagnant le Projet de loi de finances 2020 (PLF 2020).


En effet, une étude réalisée en 2017, coordonnée par le ministère de l’Economie et des finances en partenariat avec Policy Center for the New South, a permis d’identifier les facteurs ayant un impact sur le taux d’activité des femmes au Maroc, relève la même source, faisant savoir que cette étude a été menée selon deux approches empiriques complémentaires.


La première approche s’inscrit dans le cadre des méthodes de séries temporelles et s’appuie sur une modélisation à correction d’erreurs appliquée sur des données agrégées au niveau national, tandis que la deuxième méthode se base sur une régression en coup longitudinales appliquée sur des données microéconomiques issues de l’enquête sur le niveau de vie des ménages.


Des facteurs freinant la participation des femmes au travail

Les résultats de la première approche indiquent que le taux de participation des femmes au marché du travail au Maroc est influencé notamment par le niveau de la transformation structurelle de l’économie nationale, relève le rapport, notant que la structure actuelle de l’économie n’offre pas suffisamment de débouchés en termes d’emplois adaptés aux femmes.


Il s’agit également de l’urbanisation qui affecte de manière négative la participation des femmes au marché du travail et ce, en raison d’une part de l’inadéquation entre les qualifications des femmes rurales migrant vers les villes et les emplois offerts en milieu urbain, et d’autre part à la qualité du processus d’urbanisation qui demeure confronté à plusieurs contraintes ayant trait, entre autres, au manque de fluidité des services de transport et aux problèmes de sécurité dans certaines zones urbaines.


Le taux de participation des femmes au marché du travail au Maroc est aussi influencé par la fécondité et le taux de dépendance des jeunes, ce qui renvoie à la taille du ménage et au nombre de personnes à charge au sein du même foyer, poursuit le rapport.


Quant aux résultats de la deuxième approche, ils mettent en évidence l’impact négatif d’un certain nombre de facteurs sur la participation des femmes au marché du travail, à savoir notamment le revenu du ménage, le nombre élevé des enfants par ménage, l’importance de la dominance masculine dans le ménage, le taux de chômage et le faible niveau de l’éducation des femmes.


S’agissant des pertes en termes de croissance et de revenu générées par la faible participation des femmes au marché du travail au Maroc, le rapport fait ressortir, citant une étude du Fonds monétaire international (FMI), que les inégalités entre les sexes peuvent expliquer les écarts du taux de croissance du PIB par habitant du Maroc par rapport à plusieurs groupes de référence, à savoir l’Asie, l’Europe émergente et l’Amérique Latine.


Et de poursuivre que la réduction des inégalités entre les sexes et l’amélioration des taux de scolarisation au Maroc aux mêmes niveaux que ceux enregistrés en moyenne par les pays du benchmark, permettraient au Maroc d’accroître le taux de croissance de son PIB réel par habitant par rapport à ses trois groupes de pays respectivement de 1 %, de 1,5 % et de 0,75 %.


En effet, la mise en place de politiques appropriées pour réduire les discriminations basées sur le genre en milieu du travail, conjuguée au renforcement du pouvoir de négociation de la femme au sein du ménage, seraient suffisantes pour induire un gain économique additionnel estimé de 0,2 à 1,95 point de pourcentage en rythme annuel du taux de croissance du PIB.


Selon l’étude du FMI, le Maroc perd une part importante de ses revenus en raison des inégalités entre les sexes sur le marché du travail, souligne le rapport, notant que les coûts associés aux inégalités entre les sexes en termes d’accès à la population active et à l’entrepreneuriat pourraient atteindre 46 % du revenu par habitant par rapport à une situation où les femmes ont le même niveau de participation à la main-d’œuvre et à l’entrepreneuriat que les hommes.