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03.12.2019 à 15 H 22 • Mis à jour le 03.12.2019 à 15 H 22
Par
Education

PISA 2018: Le Maroc classé parmi les derniers de la classe

Une école publique marocaine. Abdelhak Senna / AFP
Tous les trois ans, l'OCDE procède à une évaluation des systèmes éducatifs dans le monde en testant les compétences et les connaissances des élèves de 15 ans en lecture, en sciences et en mathématiques. Baptisé PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves), ce test d'une durée de 2 heures est réalisé auprès de 600 000 élèves dans 79 pays. Le Maroc qui y participe pour la première se classe parmi les cancres du classement

Selon la dernière livraison de l’enquête triennale PISA (Programme for International Student Assessment) 2018, menée sous la férule de l’OCDE, le Maroc fait figure de cancre en matière de qualité de son enseignement et de creusement des inégalités dans son système scolaire. Les résultats sont pour ainsi dire calamiteux.


Le Maroc se classe à la 76ème place soit en bas de classement des 79 pays qui ont contribué à cette édition dont les tests ont été menés en avril 2018.


Depuis 2000, cette évaluation internationale examine les compétences des élèves de 15 ans dans quatre domaines. Cette année, le Maroc y a participé volontairement pour la première fois suivant d’autres pays arabes (Liban, Qatar, Arabie Saoudite, Jordanie, Emirats arabes unis). Il est toutefois le premier pays africain à y figurer. Au total, 6 814 élèves marocains de 179 institutions du secondaire ont pris part aux tests.


L’étude s’est concentrée sur la compréhension de l’écrit, les mathématiques, les sciences, et un domaine novateur, la compétence globale. Le bien-être des élèves à l’école a été ajouté comme l’un des éléments à prendre en ligne de compte pour dresser un panorama plus complet du système éducatif.


En matière de lecture, la moyenne nationale marocaine est de 359 points, très en deçà de la moyenne internationale fixée à 487 points. Le Maroc qui est en queue du classement est cependant mieux loti que les Philippines, la République dominicaine, le Liban et le Kosovo. Idem pour les mathématiques, matière où la moyenne du Maroc n’atteint que 368 points, loin derrière la moyenne internationale (489 points). Un mauvais score réédité en sciences, la moyenne nationale étant de 377 points, toujours loin derrière la moyenne internationale (489 points).


PISA comporte  des failles, notamment en ceci qu’y sont comparés des systèmes scolaires totalement différents. Certains des pays évalués sélectionnent par exemple très tôt les élèves. Par ailleurs, l’étude ne porte pas sur la maîtrise des programmes scolaires mais mesure plutôt les réponses à des problèmes posés.


Cette année, les classements sont moins précis pays par pays. Il faut comparer les résultats par groupe de pays pour obtenir des résultats plus fins et sortir de la marge d’erreur statistique puisque l’échantillon choisi est assez faible. Malgré ce biais statistique, le Maroc se classe toujours en queue de peloton.


Singapour perd sa place de premier de la classe mais ne dégringole pas non plus dans les limbes du classement. La Chine – enfin précisément les quatre provinces qui ont participé à l’étude, à savoir Pékin, Shanghai, Jiangsu et Zhejiang – se distingue par ses bons résultats et ravit la position de premier du classement devant Singapour, l’Estonie, le Canada, la Finlande, l’Irlande et la Corée.


En réalité, seuls sept des 79 systèmes éducatifs analysés ont vu leurs élèves améliorer sensiblement leurs résultats en lecture, en mathématiques et en sciences tout au long de leur participation au classement PISA, et un seul d’entre eux, le Portugal, est membre de l’OCDE. Tout le monde garde en tête l’exemple allemand. Au début des années 2000, de profondes réformes éducatives avaient été engagées dans ce pays à la suite des mauvais résultats des écoliers révélés par PISA. Ce sursaut efficace et salutaire est passé à la postérité sous le nom de « choc ».


Si le classement connaît un grand succès politique et médiatique, et est devenu un incontournable pour parler d’école, ces résultats sont à aborder avec recul. Les critiques sur la pertinence de classer des pays qui, par essence, possèdent des systèmes scolaires différents sur le plan pédagogique, politique, financier et organisationnel sont récurrentes et restent pertinentes. Le fait que l’OCDE puisse soutenir des recommandations d’inspiration libérale en matière d’éducation, que l’échantillon soit restreint, que peu de disciplines soient évaluées, tout cela est pointé par ses détracteurs et doit être pris en compte.


Mais le portrait brossé reste intéressant et offre une photographie réaliste du système scolaire marocain par rapport à des systèmes nettement plus évolués et donc plus performants.