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03.01.2020 à 09 H 43 • Mis à jour le 03.01.2020 à 10 H 26
Par
USA-Iran

Le général iranien Soleimani tué à Bagdad par une frappe américaine

Le général Qassem Soleimani, commandant de l’unité d’élite des forces iraniennes Al Qods
L'armée américaine a procédé à l'assassinat de Qassem Soleimani à la demande du président Donald Trump, une mesure « défensive » prise pour « protéger le personnel américain à l'étranger », a expliqué le Pentagone dans un communiqué publié peu après l'opération menée à l'aéroport de la capitale irakienne

Le général Qassem Soleimani, commandant de l’unité d’élite des forces iraniennes Al Qods et fer de lance de l’influence militaire de Téhéran au Moyen-Orient, a été tué vendredi par une frappe de l’armée américaine à Bagdad, provoquant l’indignation de la République islamique qui a promis de venger sa mort.


L’armée américaine a procédé à l’assassinat de Qassem Soleimani à la demande du président Donald Trump, une mesure « défensive » prise pour « protéger le personnel américain à l’étranger », a expliqué le Pentagone dans un communiqué publié peu après l’opération menée à l’aéroport de la capitale irakienne.


« Cette frappe est destinée à dissuader l’Iran de tout projet d’attaque ultérieur », a précisé le département américain de la Défense, soulignant que les Etats-Unis continueraient de prendre les mesures nécessaires pour protéger leurs ressortissants et leurs intérêts dans le monde.


Washington soupçonnait Qassem Soleimani d’avoir « orchestré » des attaques contre des bases de la coalition en Irak ces derniers mois et le tenait pour responsable des “attaques”  survenues cette semaine contre l’ambassade américaine à Bagdad.


S’exprimant sous couvert d’anonymat, des représentants de l’administration américaine ont précisé que Qassem Soleimani avait été tué dans une attaque de drone.


Les Gardiens iraniens de la révolution ont déclaré pour leur part que le commandant de leur force Al Qods était mort « en martyr après une vie de combat dans une attaque menée par des hélicoptères américains ».


Selon un porte-parole de l’importante milice irakienne Hachd al Chaabi à laquelle il appartenait, Abou Mehdi al-Mouhandis, conseiller du général Soleimani, est également mort lors du raid.


« Escalade insensée »

Si aux Etats-Unis le président Donald Trump est resté silencieux, se contentant de publier sur son compte Twitter un drapeau américain sans autre commentaire, les réactions se sont multipliées en Iran, du chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif condamnant une « escalade extrêmement dangereuse et insensée » au chef de l’Etat Hassan Rohani.


« Il n’y a aucun doute sur le fait que l’Iran et les autres nations en quête de liberté dans la région le vengeront », a-t-il prévenu dans un communiqué, précisant que le « martyre de Soleimani » renforçait la volonté de Téhéran de résister encore davantage à « l’expansionnisme américain ».


Véritable détenteur du pouvoir en Iran, le guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, a lui aussi prévenu qu’une terrible vengeance attendait les « criminels » ayant assassiné le général Soleimani.


L’Iran a par ailleurs officiellement protesté auprès d’un diplomate de l’ambassade de Suisse, qui représente les intérêts américains en Iran depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays après la révolution islamique iranienne de 1979.


L’assassinat de Soleimani marque une escalade considérable de la « guerre de l’ombre » que se livrent dans la région l’Iran et les Etats-Unis, soutenus par Israël et l’Arabie saoudite, et laisse craindre de rapides représailles de la part de Téhéran qui pourraient déboucher sur un conflit armé.


Le pétrole bondit

La tension était déjà montée d’un cran après les frappes américaines menées contre des sites du Hezbollah irakien (Kataïb Hezbollah), un mouvement armé fondé par Al Mouhandis et soutenu par Téhéran. A la suite de ces frappes, de violentes manifestations se sont tenues mardi devant l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad.


Les cours du pétrole ont bondi de plus de 4 % vendredi en Asie après l’annonce de la mort du général.


Agé de 62 ans, le général Qassem Soleimani était depuis 1998 à la tête de la force Al Qods, une unité d’élite des Gardiens de la révolution chargée des interventions sur les théâtres extérieurs.


Figure des forces iraniennes dans son pays comme à l’étranger, il avait un rôle majeur dans l’influence grandissante de l’Iran au Moyen-Orient et avait notamment renforcé les liens de Téhéran avec le Hezbollah libanais, le gouvernement syrien de Bachar al Assad et des milices chiites en Irak.


Qassem Soleimani avait échappé ces vingt dernières années à plusieurs tentatives d’assassinat menées par des services occidentaux, israéliens et arabes.