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19.03.2020 à 20 H 03 • Mis à jour le 19.03.2020 à 20 H 03
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Risque

Fitch Ratings: Le coronavirus augmente la pression sur les finances extérieures du Maroc

Selon Fitch Ratings, les risques de dégradation du déficit des comptes courants (CAD) et des finances extérieures du Maroc ont augmenté de manière significative en raison du choc mondial de la pandémie COVID-19. Néanmoins, le Maroc dispose de tampons pour gérer les pressions accrues, notamment la volonté récemment affichée d'ajuster la flexibilité du régime de change

Les perturbations de l’économie mondiale dues à la pandémie de COVID-19 exerceront une pression sur le CAD du Maroc, estime l’agence de notation Fitch Ratings dans un communiqué paru le 16 mars.


Le CAD était de 4,6 % du PIB en 2019, ce qui est beaucoup plus élevé que la médiane actuelle de 0,9 % du PIB (BBB). L’effondrement des voyages d’agrément touchera le secteur du tourisme marocain, un important moteur de croissance et une source de revenus en devises (en moyenne 6,7 % du PIB en 2017-2019). Les perturbations des chaînes de valeur mondiales pourraient également affecter l’industrie automobile, qui représente la plus grande part des exportations du Maroc, avec des ventes équivalentes à 6 % du PIB en 2017-2019.



Le ralentissement de la croissance mondiale pourrait peser sur les autres exportations du Maroc, principalement les phosphates (4,4 % du PIB), ainsi que sur les transferts de fonds (6 % du PIB), qui proviennent principalement de la diaspora marocaine de la zone euro et du Golfe. En attendant, la sécheresse actuelle aura des répercussions sur les exportations agricoles. La chute des prix du pétrole apportera un certain soulagement, car les importations d’énergie du Maroc sont élevées (6,9 % du PIB) et une certaine compression de la demande pourrait réduire les importations.


Une volatilité du dirham demeurée stable

Le 9 mars, les autorités marocaines ont élargi les marges de fluctuation du dirham de +/-2,5 % à +/-5 % autour d’un panier inchangé comprenant l’euro (60 %) et le dollar américain (40 %). Les marges avaient été élargies de +/-0,3 % en janvier 2018. Ces ajustements témoignent de la volonté de renforcer la flexibilité du dirham, même si Fitch prévoit toujours que la transition vers un taux de change entièrement flexible, conformément aux recommandations du FMI, s’échelonnera sur plusieurs années. Une plus grande flexibilité augmenterait considérablement la capacité d’absorption des chocs du Maroc et permettrait à  Bank al-Maghrib (BAM) de passer à un régime de politique monétaire ciblant l’inflation.



La volatilité du marché du dirham est restée modérée depuis janvier 2018 et l’indice du taux de change est resté remarquablement stable dans une fourchette de -/+2 % autour de sa moyenne de 2017, même après le choc pandémique et l’élargissement de la fourchette. Depuis fin mars 2018, la BAM n’est pas intervenue sur le marché des changes avant au moins janvier 2020 (le point de données le plus récent pour les transactions sur le marché interbancaire), alors que les banques ont surtout couvert leurs besoins en devises sur le marché interbancaire. La stabilité du Dirham indique que les attentes sont bien ancrées, bien que la persuasion morale de la banque centrale ne puisse être exclue.



La résilience extérieure du Maroc est soutenue par un accord de précaution de 3 milliards de dollars US avec le FMI pour 2018-2020, sur lequel le gouvernement ne s’est pas appuyé. Le Maroc dispose également de réserves de change relativement confortables de 25,7 milliards d’USD (environ cinq mois de paiements en compte courant). Les restrictions imposées aux transactions financières des résidents à l’étranger limitent les risques de fuite des capitaux. Avant le choc de la pandémie, les fondamentaux du Maroc n’indiquaient pas de risques significatifs à court terme pour la stabilité macroéconomique ou du taux de change. L’inflation est faible, et le taux de change effectif réel ne s’est pas apprécié de manière significative ces dernières années.



La vulnérabilité de l’économie à la dépréciation du dirham est contenue. La part de la dette en devises dans la dette des administrations publiques est modérée, aux alentours de 30 %. Les prêts des banques de détail sont accordés en monnaie locale. Les banques marocaines ne dépendent pas des marchés de capitaux internationaux et ont de très petites positions nettes ouvertes en devises. Toutefois, les banques sont largement financées par des dépôts et les transferts des émigrants représentent environ 20 % du total des dépôts du secteur. Les fluctuations des taux de change pourraient affecter les entrées de ces fonds.



Le 10 décembre, nous avons confirmé la stabilité du Maroc à “BBB-”  avec une perspective stable. À l’époque, nous avions souligné l’évolution des finances extérieures parmi nos principales sensibilités de notation, conclut l’agence Fitch.