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07.05.2020 à 18 H 34 • Mis à jour le 07.05.2020 à 18 H 34
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Face au Covid-19

Document- Levée du confinement: les préconisations provisoires du ministère de la Santé

Mohamed El Youbi, directeur de l’épidémiologie au ministère de la Santé. MAP
Dans un document intermédiaire de 36 pages (et donc non définitif) à usage interne dont Le Desk publie copie, Mohamed El Youbi, l’épidémiologiste en chef de la Santé, épaulé par Mohamed Berraho, professeur d'épidémiologie à la faculté de Fès, soutient l’impossibilité pour le royaume de poursuivre un confinement strict, et défend une prochaine levée progressive et prudente. Voici les grandes lignes de sa réflexion, ses propositions et ses arguments

Dans sa présentation sous forme de note écrite de 36 pages datant du 5 mai dernier et dont Le Desk reproduit copie, Mohamed El Youbi, directeur du département de l’épidémiologie et de lutte contre les maladies (DELM) au ministère de la Santé, fait la synthèse des récentes données sur l’évolution du Covid-19 au Maroc.


Il est important de souligner que le document, que nous avons pu authentifier, a été élaboré  par Mohamed Berraho, professeur d’épidémiologie à la faculté de Fès, parmi d’autres contributions que reçoit le département de la Santé. Il s’agit donc d’un ouvrage à usage interne à caractère évolutif qui ne saurait représenter une position officielle définitivement arrêtée par le département de Ait Taleb.


Sur la base d’un R0=2 au 30 avril et d’un taux de létalité de 3 %, El Youbi estime que les mesures de confinement, prises le 20 mars dernier, ont permis d’éviter 300 000 à 500 000 contaminations et entre 9 000 à 15 000 décès. En gros, les dispositifs mis en place ont évité au pays de passer à la phase 3 de l’épidémie, tout en le prémunissant d’une saturation de ses ressources hospitalières.



Quant à l’évolution de l’épidémie dans les prochaines semaines, deux scénarii ont été dessinés par les services de El Youbi. Le plus optimiste prévoit que le pays est à la veille d’une chute des contaminations, avec un R (l’indicateur par lequel on mesure combien de personnes seront infectées par un sujet contaminé) d’une valeur autour de 1. Dans ce cas de figure, le Maroc devrait entrer en phase de préparation pour le déconfinement à partir du 13 mai prochain.


Le second scénario prévoit une évolution en dents de scie mais stable dans la durée, dont il impute le risque aux foyer professionnels. Toutefois, El Youbi prévoit la fin de l’épisode épidémique en milieu professionnel sur la période allant du 16 au 22 mai. A quelques légères différences, l’argumentaire prédictif d’  El Youbi semble plaider pour un déconfinement imminent.


Graphiques scénarii (2 graph)


Un déconfinement prudent

Pour lui, tout en soulignant qu’une sortie brutale et totale du confinement pourrait comporter des risques de retour de l’épidémie, il soutient cependant qu’il est impossible de poursuivre un confinement strict, le coût économique, social et de santé publique serait conséquent.


A demi-mot, El Youbi plaide pour l’usage d’outils de surveillance électronique « capables de suivre les tendances et de détecter une reprise de l’épidémie ». Parmi les autres pré-requis de déconfinement avancés par son département, une gestion proactive des ressources hospitalières, capables d’accueillir les patients du Covid-19 et répondant aussi bien aux autres besoins de soins. Aussi, il est nécessaire pour le Maroc de disposer d’un stock stratégique de consommables, de kits de tests, et de masques pour maintenir un comportement individuel prémunissant d’un retour de l’épidémie.


Lyoubi plaide donc pour un déconfinement progressif sous haute surveillance médicale et de l’espace public par les autorités. Il n’écarte pas une levée de confinement localisé, dès qu’une région donnée atteint certains objectifs : un RT inférieur à 0,7 et un taux de létalité inférieur à 3,6 % avec une proportion des formes sévères d’atteinte au Covid-19 ne dépassant pas les 10 % de la population infectée.


Enfin, à plusieurs passages du document, El Youbi insiste sur la nécessité de mesurer l’étendue des sujets positifs mais asymptomatiques, dont il reconnaît par ailleurs la méconnaissance.