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11.05.2020 à 16 H 14 • Mis à jour le 11.05.2020 à 16 H 59
Par
Technologie

Promesses et limites de «Wiqaytna», l’appli marocaine de traçage du Covid-19

Testée dans un premier temps sur 1 000 salariés du groupe OCP avant d’être généralisée à l’ensemble des Marocains, l’application marocaine d’inspiration singapourienne ne sera pas obligatoire, assure le ministère de l’Intérieur. Voici les principaux points présentés par le gouvernement lors d’une visioconférence tenue ce lundi 11 mai

Comme annoncé en avant-première dans un précédent article par Le Desk, l’application de traçage électronique de la population en vue de contrôler la poussée du Covid-19, se base sur le noyau de BlueTrace, le code source singapourien de tracking.


Lors d’une visioconférence de presse conjointe des ministères de l’Intérieur et de la Santé, tenue ce lundi 11 mai, les responsables du développement de ce dispositif ont donné plus de détails sur cette application, baptisée Wiqaytna (notre protection).


En plus du trio Valyans, Aiox-Labs, et le groupe MedTech, d’autres intervenants entrent dans le processus (Berkeley Systems, Dial Technologies, Omnishore, 1337, Abweb, Hidden Clouders… ). D’après Mohamed El Youbi, directeur de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies au ministère de la Santé, l’OCP s’est porté volontaire pour tester dans un premier temps l’application auprès des personnels de ses sites industriels. L’objectif de ce test qui concerne 1 000 personnes, est de remonter un retour d’expérience utilisateur et les différentes failles que peut comporter le logiciel, nous apprend-on. Par ailleurs, l’ANRT et l’agence de développement digital (ADD) accompagnent de leur côté le déploiement de l’application, qui a obtenu l’accord de la CNDP, selon le ministère de l’Intérieur. Tous les partenaires travaillent à titre gracieux et bénévole, assurent les officiels.


Capture écran


De son côté, Abdelhak Harrak, gouverneur au ministère de l’Intérieur chargé de la direction du système d’information, a précisé que la date de lancement officiel de l’appli n’a pas encore été fixée. « Nous procédons par agilité, et nous nous ajusterons en fonction des évolutions » a-t-il déclaré. Harrak promet que le code source du dispositif sera rendu public, mais le gouvernement n’a pas encore défini les modalités et les canaux de cette publication, n’excluant pas que le code pourrait être obtenu à la demande.


Adhésion volontaire

« Pas de carotte, ni de bâton », avance le gouverneur Harrak, expliquant que l’adhésion à l’application sera sur une base volontaire. A la question du seuil minimal d’utilisation qui pourrait assurer une remontée de données à même de garantir une visibilité et des mesures efficaces, les officiels n’avancent pas de taux, mais parlent encore d’agilité. « Nous sommes en phase de test grandeur nature », affirment-il.



Pourtant, l’appli singapourienne dont s’inspire le Maroc a essuyé un échec du fait d’une faible adhésion, car 19 % seulement de la population l’a installée. L’explication de Abdelhak Harrak est technique : « A Singapour, 30 % de la population dispose de téléphones Apple, et TraceTogether ne fonctionne pas bien sur cette plateforme. Au Maroc, nous ne sommes que 5 % à avoir des iPhone ». Harrak ajoute que l’équipe technique du logiciel, formée d’une quarantaine de personnes, a d’ores et déjà testé 130 modèles des smartphones les plus achetés au Maroc, et « l’appli semble marcher », affirme-t-il.



L’application qui, à terme, sera disponible sur Google Play et l’App Store d’Apple, permettra essentiellement de stocker les informations de fréquentations, grâce au Bluetooth, de l’usager afin d’assurer la traçabilité du Covid-19 sur une période allant de 14 à 21 jours. Dans cet intervalle, les personnes ayant été au contact d’un cas déclaré positif, recevront une notification et se verront tester à leur tour. Les informations seront stockées dans la mémoire du téléphone et ne seront émises aux serveurs du ministère de l’Intérieur que lorsque celles-ci  déclarent un cas positif au virus. A ce niveau, un autre problème se pose : au Maroc, la plupart des smartphones vendus et utilisés sont d’entrée de gamme, et disposent d’une mémoire très limitée, ce qui pousse souvent les utilisateurs à supprimer des applications pour dégager de l’espace. « Ceci pourrait constituer une source d’erreurs d’appréciation dans le tableau de bord de Wiqaytna » assure un expert en IT.


Enfin, dès que la V1 sera en route, une deuxième version sera développée, assure Harrak. Ce dernier n’exclut pas, « s’il le faut » d’étendre le périmètre de la surveillance à la géolocalisation. « Mais tout repose sur les retombées de la première version », conclut-il.



Lire aussi : L’appli de traçage marocaine conçue par réflexe sécuritaire