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24.07.2020 à 01 H 17 • Mis à jour le 24.07.2020 à 02 H 12
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Risques

Pour Fitch Ratings, le budget révisé du Maroc reflète le coup dur de la pandémie

Dans un commentaire sur la loi de finances rectificative rendu public le 20 juillet, l’agence Fitch Ratings a confirmé les perspectives sur les notations du Maroc à BBB- négatives établies en avril, reflétant l'augmentation des risques consécutifs à la pandémie du Covid-19 sur l'économie et les finances publiques

La Loi de finances rectificative pour 2020 qui prévoit le plus grand déficit budgétaire et la plus forte contraction du PIB depuis des décennies, est « globalement conforme » aux prévisions de l’agence Fitch Ratings établies le 28 avril (BBB- négatives) compte tenu de l’impact négatif de la crise du Covid-19 sur l’économie et les finances publiques du Maroc « qui se reflète dans les perspectives négatives sur ses notes souveraines ».


Le budget révisé prévoit une détérioration du déficit pour 2020 à 7,5 % du PIB, son niveau le plus élevé depuis au moins trois décennies, et près du double de l’objectif budgétaire initial de 3,8 % (hors recettes de privatisation) et du déficit de 3.9 % enregistré en 2019, relève Fitch.


La révision à la baisse significative du solde budgétaire prévisionnel reflète une combinaison d’une baisse de 18,6 % (environ 4 % du PIB) des recettes fiscales par rapport aux projections initiales, d’une augmentation modérée de 5 % (2 % du PIB) des dépenses ainsi qu’une contraction de 5 % du PIB. Cette prévision prend en compte d’importantes subventions extérieures et intérieures couvrant les deux tiers du fonds spécial pandémie de 33 milliards de dirhams (3 % du PIB) du gouvernement et limitant le coût budgétaire de la lutte contre la pandémie.


« Nous considérons les prévisions budgétaires révisées du gouvernement et les hypothèses économiques sous-jacentes comme globalement réalistes et nous attendons des autorités qu’elles s’efforcent de prévenir une nouvelle détérioration du solde budgétaire, conformément à leur adhésion de longue date à des politiques prudentes », commente Fitch Ratings qui souligne cependant l’incertitude entourant la durée et l’ampleur de la pandémie et les perturbations associées à l’activité économique en raison de l’apparition des clusters dans le milieu industriel.


Les trois quarts du solde du fonds spécial pandémie ont déjà été dépensés ou promis, ce qui indique le risque de nouvelles pressions sur les finances publiques si la pandémie provoquait de nouvelles perturbations, ajoute l’agence de notation.


1,5 % du PIB destiné à soutenir la relance économique

Les autorités estiment que chaque jour de confinement réduit le PIB d’environ 0,1 % et les recettes fiscales d’environ 0,05 % du PIB. Le Maroc a considérablement assoupli les mesures de confinement intérieures depuis le 25 juin.


Le budget révisé ne contient pas de mesures fiscales majeures mais vise à apporter un allégement économique tout en limitant la hausse des dépenses. Les autorités estiment qu’environ 1,5 % du PIB en dépenses sera destiné à soutenir la reprise économique et ont renforcé le mécanisme de garantie de l’État sur les prêts bancaires aux PME, en vertu duquel 1,7 % du PIB en prêts a été prolongé jusqu’à présent. Le budget révisé augmente également les dépenses d’investissement du gouvernement de 22 % (2,5 % du PIB). La hausse des dépenses de santé et autres biens et services est compensée par des économies sur la masse salariale et autres dépenses récurrentes, ainsi que par une baisse des dépenses au titre des subventions au gaz butane, car les prix internationaux devraient désormais être inférieurs de 17 % aux hypothèses budgétaires initiales.


Le gouvernement a également alloué 16 milliards de dirhams (1,5 % du PIB) pour soutenir les entreprises publiques. Environ 6 milliards de dirhams ont été consacrés au renforcement de la compagnie aérienne nationale Royal Air Maroc (RAM), dont 2,5 milliards de dirhams de garanties de prêts. Le soutien à la RAM sera conditionné à la mise en œuvre d’un plan de restructuration global, comprenant une réduction de 30 % de la capacité et des effectifs, selon les médias.


La dette totale des entreprises publiques est comparativement élevée, à environ 25 % du PIB, dont environ 14 % du PIB est garanti par l’État, ce qui augmente les risques dans un environnement économique instable.


« Nous estimons les besoins bruts d’emprunt à 146 milliards de dirhams (13,4 % du PIB) et prévoyons que le plan de financement du gouvernement sera également réparti entre les sources intérieures et extérieures. L’augmentation des emprunts conduira la dette à atteindre 72 % du PIB en 2020 contre 65 % en 2019. La dette des administrations publiques sera plus faible, à 58 % du PIB, reflétant les détentions de dette souveraine des fonds publics, mais toujours plus élevée que la prévision de 52 % de la catégorie médiane BBB », conclut Fitch.


Une ruée des banques sur les lignes multilatérales

« Cela explique en partie la ruée des banques commerciales sur les lignes de financement offertes par les banques multilatérales (BERD, BEI, BAD) », analyse un banquier de la place qui rappelle que « même quand elles ne sont pas utilisées, ces lignes sont établies par précaution ».


« Officiellement ces lignes sont établies pour soutenir la PME ainsi que l’activité Trade Finance, mais elles viennent compenser aussi la pression sur nos réserves de changes, les spread moyens, post-Covid, ayant tendance à être revus à la hausse », ajoute-t-il.


Les banques les plus actives sur ces lignes souscrites auprès des banques multilatérales sont essentiellement les « big three », Attijariwafa bank, Banque populaire (qui vient tout juste d’obtenir un prêt de 100 millions de dollars de la BERD) et Bank of Africa compte-tenu de leur taille, de leurs  parts de marché dans les flux financiers et échanges commerciaux à l’import comme à l’export, sans oublier leur présence régionale sur le continent africain.