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27.09.2020 à 11 H 05 • Mis à jour le 27.09.2020 à 11 H 30
Par
Sahara

Tensions à Guerguerat: Le secrétariat général de l’ONU «appelle à la plus grande retenue»

17 octobre 2016. Des éléments armés du Polisario dans la zone de Guerguerat au-delà du mur de défense marocain. JOHAN PERSSON / KONTINENT
Depuis début septembre, diverses sources médiatiques rapportent que des éléments du Polisario tentent d'obstruer le trafic routier à la frontière maroco-mauritanienne. Ce samedi, c'est le secrétaire général de l'ONU qui est intervenu pour calmer la situation

Les faits remontent au 31 août. Une quinzaine de personnes appartenant au Front Polisario tentaient de perturber le trafic au niveau de la zone tampon séparant la frontière maroco-mauritanienne, mentionnaient des sources médiatiques mauritaniennes. Sur place, des éléments de la MINURSO ont essayé d’opérer des médiations afin de calmer la situation.


Ce 26 septembre, les mêmes médias mauritaniens, cités notamment par le site semi-officiel le360, rapportaient « un mouvement sans précédent » d’éléments du Polisario en direction de la frontière nord de la Mauritanie. On mentionne « un blocage durable » de la zone, afin de geler tout trafic commercial qui passe par Guerguerat. Un sit-in était également prévu par les éléments du Front Polisario.


De son côté, le site d’information Hespress, dans sa version francophone, ne manque pas de comparer le prochain sit-in tenu à celui de Gdim Izik. « On est dans la démarche d’un bis repetita de Gdim Izik devant le passage frontalier marocain de personnes et de marchandises, le seul vers les profondeurs subsahariennes (Mauritanie, Mali, Sénégal..) du Royaume », écrit-on. On précise également que le général du corps d’armée et inspecteur général des FAR Abdelfettah Louarak est actuellement présent dans la zone tampon.


Tard dans la soirée (heure marocaine), une dépêche de la MAP rapportait des déclarations données à la presse par le porte-parole adjoint du chef de l’ONU, Farhan Haq, où il affirme que l’ONU « est au courant des appels du Front Polisario à de nouvelles manifestations à Guerguerat ». « La circulation civile et commerciale régulière ne doit pas être obstruée et aucune mesure ne doit être prise, qui pourrait constituer une altération du statu quo de la zone tampon » de Guerguerat, a affirmé le porte-parole.


L’actuel blocage intervient à quelques semaines de l’examen, par le Conseil de sécurité de l’ONU, du dossier du Sahara dans la perspective du renouvellement du mandat de la MINURSO pour une période supplémentaire. L’examen et le vote devront avoir lieu ce octobre. De plus, la fonction d’Envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental demeure inoccupée, depuis la démission en mai 2019 de l’ancien président allemand Horst Köhler. Le Maroc avait affirmé prendre note « avec regret » de la démission de l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies.


En avril 2018 déjà, le Conseil de sécurité de l’ONU avait été informé par le Représentant spécial et chef de la MINURSO, Colin Stewart, de la présence du Front Polisario dans la zone tampon de Guerguerat. Dans la foulée, le Polisario avait également annoncé sa relocalisation de ses fonctions administratives à Bir lahlou et Tifariti. Adoptée, la résolution 2114 du Conseil faisait part de « ses préoccupations » par la présence du Front Polisario dans cette zone et « appelait à son retrait immédiat mais aussi à s’abstenir de toute action déstabilisatrice ».


Depuis quelques années, le Maroc intervient souvent dans la zone, afin, comme l’avance-t-il, lutter contre la contrebande. En 2016, il entreprenait de goudronner la route dans la zone démilitarisée entre le mur et la frontière mauritanienne. Des troupes du Front Polisario s’étaient déplacés sur place, constituant un moment de tension rare où les forces de sécurité marocaines (gendarmerie royale) se tenaient à un mètre d’écart. Les Marocains avaient fini par se retirer en février 2017.


Rien que ce 23 septembre, le Maroc annonçait qu’à terme d’une opération sécuritaire conjointe entre les éléments de la Sûreté nationale et ceux de la Gendarmerie royale travaillant au poste-frontière de Guerguerat, un poids lourd espagnol a été saisi avec à son bord 513 kilogrammes de chira.