Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements

Connectez-vous

Mot de passe oublié ?

Abonnez-vous !

Découvrez l'offre de lancement du Desk

60 DH
1 mois
Découvrir les offres
17.10.2020 à 16 H 55 • Mis à jour le 17.10.2020 à 23 H 59
Par
France

Professeur décapité: Qui est l’islamiste franco-marocain Abdelhakim Sefrioui placé en garde à vue ?

Abdelhakim Sefrioui, franco-marocain rouage de l’affaire du professeur décapité. AFP
Militant islamiste bien connu des services de renseignement français, celui qui se présente comme « membre du Conseil des imans de France » a joué un rôle dans l’engrenage qui a mené à la décapitation du professeur d’histoire

Un militant islamiste franco-marocain très actif, Abdelhakim Sefrioui, fait partie des dix personnes en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur la décapitation en France du professeur d’histoire Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine.


Interpellé dans la matinée du 17 octobre à Évry avec sa compagne, Sefrioui avait accompagné début octobre au collège du Bois d’Aulne de la commune des Yvelines, le père d’une élève pour demander le renvoi de la victime, qui avait montré des caricatures du prophète Mohammed à ses élèves.


Se présentant comme « membre du Conseil des imans de France », Abdelhakim Sefrioui, avait diffusé il y a quelques jours sur Youtube une vidéo dans laquelle il dénonçait le professeur.



« Son CV dévoile un profil de militant islamiste chevronné. Tour à tour imam, associatif véhément, libraire, soutien de Dieudonné, prédicateur, expert de l’agit-prop et militant antisioniste virulent, il est depuis le début des années 2000 de toutes les manifestations défendant de près ou de loin une vision radicale de l’islam », écrit Marianne.


Originaire du Maroc où il est né en 1959, Sefrioui aurait la nationalité française. Il apparaît dans les radars du renseignement au début des années 2000, dans l’Essonne. En tant que président de l’association culturelle des musulmans des Ulis. il se fait le leader d’une contestation communautaire tendant à ce que le projet de mosquée initié par la commune soit revu. Son épouse se revendique dans plusieurs publications comme une Française convertie à l’Islam qui l’accompagne dans la plupart de ses actions publiques.


Abdelhakim Sefrioui est un militant islamiste actif en région parisienne depuis la fin des années 1980. Il a également créé le collectif pro-palestinien Cheikh Yassine, dont le nom est une référence au fondateur et guide religieux du Hamas, tué par l’armée israélienne en 2004. A la tête de ce groupuscule radical fondé en 1992, et dont il a été trésorier, il a notamment été l’organisateur des manifestations hostiles à l’imam de la mosquée de Drancy.


En 2004, il menait des actions dans la rue Jean-Pierre Timbaud à Paris, réputée pour être un bastion de l’islam rigoriste, en faveur de « la liberté des femmes de porter le voile ».


En 2006, Sefrioui préface un ouvrage de l’imam Youssef Qaradhawi, le maître à penser des Frères musulmans.


On le retrouve dans une autre affaire en 2010 aux côtés du site conspirationniste Alter-info, poursuivi devant le tribunal pour antisémitisme. Au cours du procès opposant deux membres du collectif Cheikh Yassine à l’imam Chalghoumi, une femme intégralement voilée, qui était assise dans le public avait été exclue de la salle. De quoi provoquer l’ire du militant : « Cette femme a été exclue comme une malpropre en disant qu’elle ne fait pas partie des citoyens qui ont le droit à la justice dans ce pays », disait-il, avant de conclure : « tout cela donne le ton de ce qui va se passer à l’avenir ».


Sefrioui avait tenté de faire pression en 2011 sur la proviseure du lycée de Saint-Ouen (région parisienne) qui voulait alors imposer dans son règlement intérieur la fin des jupes longues. Il affirmait que la communauté musulmane était stigmatisée et se faisait alors passer pour l’oncle d’une élève de l’établissement.


En juillet 2014, il avait participé à Paris à des manifestations pro-Gaza, en scandant des slogans à la gloire du Hamas et du Jihad islamique.