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02.11.2020 à 16 H 10 • Mis à jour le 02.11.2020 à 16 H 10
Par et
Sécheresse

Dans la région d’Agadir, la rareté de l’eau menace de grandes zones agricoles

Des oliviers dévastés par la sécheresse dans les plaines du sud du Maroc dans la région d’Agadir, le 22 octobre 2020. FADEL SENNA/ AFP
Au Maroc, le secteur agricole, premier contributeur (14%) du PIB devant le tourisme et l'industrie, est menacé par la rareté de l'eau, dans un contexte de sécheresse persistante. Depuis début octobre, le stress hydrique est tel que l'eau des robinets est coupée entre 22h et 5h du matin à Agadir

Avec la sécheresse persistante, la grande zone agricole qui s’étend autour d’Agadir est privée d’irrigation par les barrages, dont l’eau est désormais réservée aux habitants, rapporte l’AFP.


Face à une sécheresse qui dure depuis trois ans et qui pèse sur les ressources hydriques, les autorités n’ont pas trouvé d’autre solution que de détourner progressivement l’eau des barrages qui irriguait les fermes de la région d’Agadir (Souss-Massa) pour assurer l’accès à l’eau potable à près d’un million de Marocains.


Depuis début octobre, le stress hydrique est tel que l’eau des robinets est coupée entre 22h et 5h du matin à Agadir.


A l’échelle nationale, le taux de remplissage des barrages plafonnait à moins de 37 % fin octobre, contre 45,6 % à la même période l’année dernière. Et c’est autour d’Agadir, première région exportatrice d’agrumes et de primeurs, que les réserves sont au plus bas.


« Le déficit en eau de surface est de 94 %. Nous n’avons jamais observé pareille chose à l’échelle du bassin, c’est inquiétant », alerte Abdelhamid Aslikh, responsable à l’Agence des bassins hydrographiques pour la région. Selon lui, les restrictions d’accès à l’eau du robinet sont une mesure de « précaution qui a permis d’économiser 20 % de l’eau gaspillée la nuit ». Les autorités ont aussi décidé d’interdire à Agadir « l’irrigation des terrains de golf et des jardins d’hôtels avec de l’eau potable », en « encourageant l’utilisation des eaux usées traitées ».


A une soixantaine de km de la ville côtière, le barrage Abdelmoumen est à sec. Ce barrage n’irrigue plus les terres agricoles depuis 2017. Alors, de l’autre côté des montagnes, les oliviers sont desséchés à l’exception de quelques parcelles arrosées à l’eau des puits. Sans irrigation par les barrages, les agriculteurs n’ont d’autre choix que d’attendre les pluies qui se font rares ou de puiser dans une nappe phréatique surexploitée depuis des années.


Outre Souss-Moussa, l’arrêt de l’irrigation des fermes par les barrages concerne aussi les régions de Marrakech et El Jadida, selon le ministère de l’Agriculture, qui a précisé que les coupures continueront jusqu’à ce que « les réserves des barrages s’améliorent ».


L’économie marocaine, profondément affectée par la pandémie de nouveau coronavirus, est tributaire de la bonne santé de son secteur agricole, premier contributeur (14 %) du PIB devant le tourisme et l’industrie. Les autorités misent désormais sur le démarrage, en avril 2021, d’une usine de dessalement de l’eau de mer à Agadir. Celle-ci doit combler le déficit en eau potable de la région et permettre d’irriguer de nouveau une partie des terres agricoles.