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24.11.2020 à 17 H 43 • Mis à jour le 24.11.2020 à 20 H 02
Par
CRISE

Pas de relance « normale » de l’économie avant 2023 (Abdellatif Jouahri)

Abdellatif Jouahri, Wali de Bank Al Maghrib. MAP
Pour le patron de la banque centrale, « il faut sortir de la logique du sapeur-pompier » s'agissant de la politique économique du Royaume

Intervenant ce mardi devant la Commission des finances et du développement économique à la Chambre des Représentants, le Wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, a livré un bilan inquiétant de la situation économique du royaume.


« Contrairement à la crise économique et financière de 2008, la crise actuelle est multi-facette et a concerné la quasi totalité des pays dans le monde », a-t-il constaté ajoutant qu’au Maroc, « tout comme dans les autres économies, la crise a affecté la croissance, le marché de l’emploi et la vie sociale ».


Le taux de chômage, par exemple, a atteint 12,47 %, en raison de la destruction de plus de 580 000 emplois. Un chiffre qui s’aggrave à 46,7 % sur la tranche des urbains entre 15 et 24 ans. Le patron de la banque centrale a également indiqué que le déficit budgétaire s’est accru, s’établissant désormais à 7,9 % du PIB contre 4,1 % en 2019, alors que l’endettement du Trésor a augmenté de 11 points, passant de 65 à 76 % du PIB.


D’après Jouahri, il ne faudra espérer une reprise « normale » de l’économie qu’à partir de 2023. D’ici là, « il faut sortir de la logique du sapeur-pompier » et « renforcer la résilience économique et sociale ». Cela passe selon lui par le lancement de nouvelles réformes et l’accélération du rythme de celles déjà entreprises.


Jouahri a appelé à « la valorisation du capital humain à travers l’investissement dans les systèmes d’éducation et de santé, l’élargissement de la protection sociale et le renforcement des filets sociaux ». Le gouverneur de BKAM s’est également arrêté sur « la nécessité de l’amélioration de la compétitivité des entreprises marocaines », déplorant que le pays compte à peine « 500 grandes entreprises ». 


Des détails concernant le programme de soutien aux porteurs de projets, baptisé Intelaka, ont été révélés. Jusque là, 9443 personnes ont bénéficié de ces prêts hautement garantis par l’Etat. L’écrasant majorité d’entre eux sont des hommes (86 %) et des citadins (79 %). 60 % des bénéficiaires ont contracté des prêts inférieurs ou égaux à 100 000 dirhams, 26 % pour les prêts compris entre 100 000 et 300 000 DHS, 6 % pour les prêts allant de 300 000 à 500 000 DHS, tandis que 8 % seulement ont reçu des financements supérieurs à un demi-million de dirhams.