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12.12.2020 à 12 H 21 • Mis à jour le 12.12.2020 à 12 H 28
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Maghreb

Maroc-Israël-USA: la première réaction officielle de l’Algérie évoque une menace visant sa stabilité

Abdelaziz Djerad, Premier ministre algérien. DR
Plongé dans une « profonde sidération », le gouvernement algérien sort de son silence deux jours après l’annonce de la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara et la normalisation des relations entre le royaume et Israël

Muet depuis l’annonce de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, le gouvernement algérien a enfin réagi ce samedi 12 décembre par la voix de son Premier ministre, alors que le président Abdemadjid Tebboune est toujours en soins en Allemagne après une infection au Covid-19 et que des hauts gradés de l’armée, dont le chef d’Etat-major sont eux aussi absents de la scène politique. Lors d’une rencontre autour des événements du 11 décembre 1960, qui avaient marqué le début des manifestations pour l’indépendance, le Premier ministre Abdelaziz Djerad estime que l’Algérie « est visée ».


« Quand on dit aux citoyens qu’il y a des opérations à l’étranger qui visent la stabilité du pays, vous en avez les preuves aujourd’hui. Quand on voit que nous sommes entourés de dangers, d’instabilité et de guerres. Il y a une réelle volonté de ramener l’entité israélienne et sioniste à nos frontières », lance-t-il, appelant les Algériens « à s’unir ».


« Il faut qu’on règle nos problèmes internes entre nous et que nous unissions nos efforts pour trouver la meilleure voie pour sortir de cette crise. Il faut que les citoyennes et citoyens, la classe politique et l’élite culturelle œuvrent à la préservation de stabilité de nos pays », conclut le Premier ministre.


Un déchainement des télévisions privées… 

La reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara et la normalisation des relations entre le royaume et Israël a plongé les Algériens dans une « profonde sidération », selon un article de l’hebdomadaire français Le Point. « Aucun commentaire ou réaction officielle n’a été émis. Algérie presse service, l’agence d’information officielle, se contente depuis hier soir de rapporter les déclarations de responsables sahraouis », écrit le 11 décembre le correspondant du magazine à Alger. « Les sites gouvernementaux algériens restent muets, alors que les chaînes de télévision privées se sont déchaînées contre le voisin de l’Ouest. »


Sur les réseaux sociaux, c’est la colère, explique l’article. « Nous avons toujours soutenu les Palestiniens et les Sahraouis, mais nous avions les moyens de notre politique, nous ne les avons plus, clairement ! Et non ! Nous ne pouvons pas vivre de grandes causes, de guerre et d’eau fraîche. Certains appellent ça du pragmatisme, d’autres de la lâcheté, je dirai que c’est de la résignation  », écrit la journaliste Sabra Sahali, citée par Le Point.


Abdel Charef, politologue, fait quant à lui écho au récent éditorial de la revue El Djeich, organe de l’armée algérienne, qui appelait les Algériens « à se tenir prêts ». « En reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, contrepartie de la décision marocaine, les États-Unis vont dangereusement contribuer à raviver la tension dans la région. »


« Renforcer le fameux front interne ! C’est exactement le mantra du système politique ici qui n’a plus de projet à proposer aux Algériens », commente de son côté un éditorialiste algérois.

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