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15.03.2021 à 17 H 54 • Mis à jour le 15.03.2021 à 17 H 54
Par
Pollution

Rabat et Salé confrontées à une catastrophe écologique due à un déversement massif de lixiviat dans le Bouregreg

Déversement de lixiviat à Rabat-Salé. Facebook
Les habitants des villes jumelles de Rabat et Salé sont confrontés à une pollution des eaux de l’oued Bouregreg qui les sépare causée par un déversement massif de lixiviat de la décharge d’Oum Azza. Une catastrophe écologique due au laxisme des autorités locales à imposer une gestion ordonnée du CEV qui tarde à trouver délégataire

De larges taches brunes flottent depuis plus d’une semaine en surface du fleuve Bouregreg qui sépare la capitale de Salé, sa ville jumelle, provoquant de fortes émanations d’odeurs insoutenables.


Si la presse a indiqué qu’une commission a été formée pour identifier les raisons exactes de cette pollution, ce n’est un secret pour personne que le lixiviat ((le « jus » fermenté des ordures) issu de la décharge d’Oum Azza en est la cause directe.


En raison des récentes fortes pluies, une des digues de rétention d’un des six bassins où est stocké plus 400 000 m3 de lixiviat a cédé provoquant les déversements dans l’oued Akrach, un des affluent du Bouregreg, selon un porte-parole de l’Etablissement de coopération intercommunal (ECI) Al Assima qui supervise la gestion de la décharge depuis le départ, en juillet dernier, de la société Teodem, filiale du groupe Pizzorno.


Déjà en 2019, les élus FGD de Rabat, avaient fait barrage à un projet de rejet de ces tonnes de lixiviat issus de la collecte d’ordure directement à la mer. La Wilaya de la région avait un temps évoqué la mise en place de dispositifs de traitement des ordures et donc des liquides qu’elles dégagent, mais aucune suite n’a été donné à ce chantier.



Le centre d’enfouissement et de valorisation (CEV) d’Oum Azza, premier du genre au Maroc, dédié à la gestion des déchets provenant de 17 communes de la région de Rabat-Salé-Skhirat, cherche un nouveau gestionnaire. Quatre opérateurs sont depuis janvier dernier en lice pour décrocher le contrat de gestion déléguée de la décharge.


« Le CEV d’Oum Azza occupe une surface totale de 110 ha, dont 44 ha sont déjà saturés par les casiers d’enfouissement et 42 ha exploités comme bassins de stockage de lixiviats. La surface libre actuellement est de 10 ha. C’est la première problématique à laquelle sera confronté le titulaire de ce marché », notait Medias24 en décembre dernier.


D’après l’ECI Al Assima, le CEV d’Oum Azza traite de 700 à 800 000 tonnes de déchets ménagers et assimilés par an, sans compter, 30 000 tonnes de gravats, 13 000 tonnes de déchets industriels banals, et 65 000 tonnes de déchets verts.


La quantité des déchets ménagers et assimilés devrait augmenter pour atteindre 900 000 tonnes dans moins de dix ans et plus d’un million de tonnes à l’orée des années 2040.