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21.07.2021 à 11 H 45 • Mis à jour le 21.07.2021 à 11 H 53
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Surveillance

Projet Pegasus: Du côté de NSO Group, on nie et brandit la menace d’une plainte pour diffamation

Crédit : NSO Group
Les révélations du projet Pegasus continuent d'accabler la firme israélienne NSO Group commercialisant le logiciel-espion Pegasus. Pour l'instant, l'entreprise nie toutes les allégations, affirmant que les listes publiées n'ont aucun lien avec celles des cibles potentielles de NSO. Quelques semaines avant l'enquête, NSO Group s'était déjà préparé à l'actuelle crise comme nous le rapportions.

Face aux révélations du consortium de médias internationaux menés par Forbidden Stories et Amnesty International au sujet du Projet Pegasus, l’entreprise israélienne NSO Group continue de nier toute utilisation de son logiciel à des fins d’espionnage de journalistes, activistes et personnalités publiques.


Dès le premier jour des révélations, soit le 18 juillet, la firme installée dans la ville de Herzliya s’était fendue d’un communiqué publié sur son site internet où elle présente les informations rapportées par Forbidden Stories comme « regorgeant d’hypothèses erronées et de théories non corroborées qui soulèvent de sérieux doutes sur la fiabilité et les intérêts des sources », lit-on. « Il semble que les sources non identifiées aient fourni des informations qui n’ont aucun fondement factuel et sont loin de la réalité », commente l’entreprise.


« Après avoir vérifié leurs affirmations, nous nions fermement les fausses allégations faites dans leur rapport. Leurs sources leur ont fourni des informations qui n’ont aucun fondement factuel, comme en témoigne le manque de pièces justificatives pour bon nombre de leurs allégations », indique le communiqué. NSO envisage une poursuite en diffamation, annonce-t-on par ailleurs.


Pour la société israélienne, il s’agirait « d’une interprétation trompeuse des données provenant d’informations de base accessibles telles que les services de recherche HLR Lookup, qui n’ont aucun rapport avec la liste des clients cibles de Pegasus ou de tout autre produit NSO ». « Ces services sont ouverts à tous, n’importe où et n’importe quand, et sont couramment utilisés par les agences gouvernementales à de nombreuses fins, ainsi que par des entreprises privées dans le monde entier », ajoute-t-on. On précise par ailleurs que ces informations n’ont jamais existé dans aucun serveur de NSO.


Si pour la plupart des cas relevés par le consortium de rédactions internationales, il s’agit d’un numéro trouvé dans une base de données prenant la forme de cibles potentielles, d’autres cas renseignent toutefois sur une tentative d’intrusion dans le téléphone, comme cela a pu être pour François de Rugy, ex-ministre français qui a annoncé avoir demandé une audience à l’ambassadeur du Maroc en France et saisi le Procureur de la République. L’intrusion a pu être vérifiée car l’ancien responsable français a accepté de soumettre son téléphones aux analyses des experts de Forbidden Stories et d’Amnesty International. Ce qui n’est pas le cas pour d’autres personnes mais aussi d’autres personnalités publiques pour des raisons évidentes (Emmanuel Macron et Mohammed VI pour ne citer qu’eux).


Dans une déclaration accordée au Washington Post ce 20 juillet, un responsable de NSO a déclaré : « nous pouvons confirmer qu’au moins trois noms dans votre enquête, Emmanuel Macron, le Roi Mohammed et Tedros Ghebreyesus (OMS) ne sont pas et n’ont jamais été des cibles ou sélectionnés comme cibles des clients du groupe NSO ».


Selon un entretien téléphonique avec le quotidien américain, Shalev Hulia patron de NSO, a souligné que « chaque allégation d’abus du système me concerne. Cela viole la confiance que nous accordons aux clients ». « Je pense que nous devons vérifier chaque allégation. Et si nous vérifions chaque allégation, nous pourrions constater que certaines d’entre elles sont vraies. Et si nous découvrons que c’est vrai, nous prendrons des mesures », avance-t-il avec prudence.


Des révélations qui arrivent à un moment assez particulier pour l’entreprise israélienne dont 70 % est détenue par le fonds d’investissement privé américain Francisco Partners de 2014 à 2019 puis rachetée par un autre fonds, Novalpina : quelques semaines avant les révélations, NSO Group avait sorti les grands moyens pour soigner son image. Un rapport de plusieurs pages, revenant sur les accusations d’utilisation de son logiciel à des fins d’espionnage des militants de droits humains et de journalistes. « Ce rapport de transparence et de responsabilité illustre pour la première fois, et en détail, comment NSO Group s’efforce de garantir que nos produits sont utilisés comme prévu –  de manière sûre, efficace et éthique, et il décrit plus en détail les options qui s’offrent à nous si nous trouvons qu’un de nos clients a agi de mauvaise foi, malgré notre processus de vérification approfondi, en utilisant l’un de nos outils pour surveiller les communications électroniques de quelqu’un qui ne relève pas du champ d’enquête prescrit », écrivait-on.


Un rapport qui coïncidait avec l’annonce faite sur le registre du département de justice américain (FARA) de l’engagement d’un cabinet d’avocat par l’entreprise. Comme nous le rapportions, il s’agit du cabinet Pillsbury Winthrop Shaw Pittman LLP, spécialisé dans le droit international. Rémunéré à hauteur de 75 000 euros par mois, il a été engagé pour une période de six mois, à compter du 1er juin 2021. Pillsbury Marketing sera vraisemblablement impliqué dans les prestations fournies à NSO Group. Un contrat qui tombe à point au vu de l’actualité mais aussi des évènements à venir : plusieurs victimes dudit ciblage ont déjà annoncé avoir porté plainte, tandis que des pays, comme le Maroc durant la soirée du 20 juillet, ont annoncé qu’ils comptaient porter l’affaire en justice.

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