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10.08.2021 à 17 H 13 • Mis à jour le 10.08.2021 à 17 H 15
Par
Sismologie

Le nord du Maroc menacé par un risque de tsunamis méconnu

Modèle mathématique de propagation de tsunamis en cas de fort séisme dans la mer d’Alboran. DR
Selon une étude scientifique espagnole, l'Andalousie et le Maroc sont plus exposés aux tsunamis qu'on ne le croyait auparavant. L’activité sismique de la mer d’Alboran pourrait générer des vagues qui inonderaient des secteurs fortement peuplés de la côte sud de l'Espagne et du nord du Maroc, notamment au niveau de Nador

Une étude récente menée par des chercheurs du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) espagnol a conclu que la mer d’Alboran recèle des failles susceptibles de générer des tsunamis plus importants qu’on ne le pensait, rendant les systèmes d’alerte actuels inefficaces .


Les travaux, publiés dans la revue Scientific Reports, ont établis que des failles sous-marines, comme celle d’Averroès –  dans la zone centrale du bassin d’Alboran -, peuvent provoquer des tsunamis avec des vagues jusqu’à six mètres de haut pouvant atteindre la côte en seulement 20 minutes.


L’expert de l’Institut des sciences de la mer (ICM-CSIC), Ferran Estrada , a indiqué que « la faille d’Averroès présente, dans son extrême nord-ouest, une tranchée verticale pouvant atteindre 5,4 mètres », capable de générer « un séisme de magnitude 7 ». Le dernier tremblement de terre généré par cette fracture pourrait avoir eu lieu en l’an 365.


Grâce à un modèle mathématique de la déformation du fond marin, l’équipe de chercheurs a calculé le comportement des masses d’eau de la mer d’Alboran en cas de nouvel épisode sismique sur la faille. L’étude révèle les zones côtières voisines qui pourraient être affectées par l’arrivée de ces vagues, ainsi que l’ampleur que la crue pourrait atteindre .


21 à 35 minutes pour atteindre la côte

Selon cette simulation de scénarios possibles, les vagues du tsunami se propageraient en deux branches principales et atteindraient et inonderaient des secteurs fortement peuplés de la côte sud de l’Espagne et du nord du Maroc, notamment au niveau de Nador. Ces vagues pourraient atteindre six mètres de hauteur et mettraient entre 21 et 35 minutes pour atteindre la côte.


« Ce sont des épisodes trop rapides pour que les systèmes d’alerte précoce actuels fonctionnent avec succès », a averti le scientifique. À son avis, ces résultats montrent le potentiel de génération de ce type de failles de tsunamis dans la direction qui « devrait être prise en compte » pour la réévaluation des systèmes d’alerte précoce aux tsunamis.


Estrada prévient, à cet égard, que « les vagues géantes peuvent représenter une menace pour les populations côtières, endommager les infrastructures marines et terrestres, et provoquer une crise économique et environnementale ».


C’est pourquoi, de l’avis du scientifique, ces résultats seront « essentiels pour améliorer les mesures de planification visant à atténuer l’impact d’un éventuel tsunami ».

 

La zone de Driouch, épicentre de secousses…

 Ces données scientifiques sont rendues publiques alors que la zone de Driouch connaît une activité sismique récurrente. Trois secousses telluriques de magnitudes comprises entre 3,7 et 3,9 degrés sur l’échelle de Richter ont été enregistrées, mardi, dans la province de Driouch, a indiqué l’Institut national marocain de géophysique (ING). La première secousse d’une magnitude de 3,8 sur l’échelle de Richter s’est produite à 10H 02min 08sec (GMT+1), a précisé le Réseau national de surveillance et d’alerte sismique, relevant de l’ING, dans un bulletin d’alerte sismique.


Survenue à une profondeur de 24 km, la secousse, qui a été ressentie, s’est produite à une latitude de 35.563°N et une longitude de 3.625°W, selon la même source. La deuxième secousse d’une magnitude de 3,7 sur l’échelle de Richter s’est produite à 10H 04min 21sec (GMT+1) avec une profondeur de 12 km, une latitude de 35.617°N et une longitude de 3.626°W.


La troisième secousse d’une magnitude de 3,9 sur l’échelle de Richter s’est produite à 10H 05min 46sec (GMT+1) avec une profondeur de 25 km, une latitude de 35.608°N et une longitude de 3.625°W.


L’épicentre de ces trois secousses, comme pour les précédentes, est situé au large de la province de Driouch, a relevé la même source.

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