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11.10.2021 à 14 H 09 • Mis à jour le 11.10.2021 à 14 H 10
Par
Industrie

Conserve de poisson : L’UNICOP appelle l’Etat à un plan de sauvegarde de la filière

Une usine de conserves de sardine à Safi. Crédit: DR
Face à une crise qualifiée de sans précédent, l’Union nationale des industries de la conserve de poisson (UNICOP) tire la sonnette d’alarme sur la situation d’une industrie en danger

Les industriels de la conserve de poisson au Maroc se trouvent aujourd’hui confrontés à une crise sans précédent qui impacte négativement les performances économiques de la filière. Ces opérateurs, soucieux d’augmenter la valorisation des ressources halieutiques, considèrent qu’il s’agit d’un moteur clé de la croissance économique. Dans ce sens, l’Union nationale des industries de la conserve de poisson (UNICOP), a étalé son bilan de la situation.


« Le secteur, qui assure 66 % de la production mondiale de sardine Pilchardus Walbaum et détient 46 % de part de marché de la conserve de sardines, assiste aujourd’hui à une érosion majeure de ses volumes et ses marges industrielles », souligne l’UNICOP, dans un communiqué.


Depuis 2009, le secteur contribue à hauteur de 11 milliards de dirhams au PIB national et à 1,2 % de la production de la valeur ajoutée. La filière a su accroître sa contribution à l’économie en augmentant les valeurs des exportations à plus de 11 % des exportations agroalimentaires du royaume. De ce fait, l’industrie de la conserve de poisson est devenue un contributeur majeur en termes de réduction du chômage, notamment à travers la création de 30 000 emplois directs et plus de 80 000 emplois indirects.


Cependant, hormis la situation pandémique qui s’impose sur tous les secteurs, l’industrie de conserve de poisson connaît plusieurs autres menaces qui impactent, depuis plus de cinq ans, la compétitivité des entreprises.


Une pression sur la matière première

« Les accès à la matière première sont gravement affectés par la concurrence inter-filière et par le manque structurel de la ressource », précise le communiqué. Chose qui est principalement due à la pression sur les stocks de la sardine qui persiste depuis des années.


« Le secteur de la sardine a démontré sa grande valorisation de la matière première, la demande de lui prioriser l’accès à la ressource est donc naturelle et légitime. La situation actuelle a gravement affecté la compétitivité de la conserve marocaine en limitant son accès à des Marchés à hautes valeurs à l’export », lit-on sur le communiqué.


La rareté des ressources donne lieu à un problème à double effet. D’abord, les unités ne fonctionnent pas à leur régime normal réduisant ainsi le nombre de jours de travail. Ensuite, les contrats clients ne sont pas respectés, affectant ainsi le positionnement stratégique du Maroc et réduisant les quantités des exportations qui sont de -25 % en volume comparées à 2020 et prévisible à –  40 % pour la fin de l’année.


Marché en déclin, flambée des coûts

« Une grande partie du marché a également été gravement touchée en valeur, déclenchant une baisse des prix et des craintes des clients d’une crise structurelle », annonce l’UNICOP. En effet, la non disponibilité de la matière première fait en sorte que les volumes sont en déclin et des marchés sont de plus en plus abandonnés, privant ainsi l’État d’importantes ressources en devises et de nombre de jours travaillés.


Entre la flambée des coûts des intrants et les problèmes d’approvisionnement, les prix de revient explosent depuis plusieurs mois. Ainsi, les unités de la filière ont été dans l’obligation d’accepter des augmentations majeures affectant négativement leurs marges et leurs coûts de revient. « Le prix des huiles végétales : soja- tournesol et de l’huile d’olive ont connu des flambées vertigineuses dépassant parfois 100 % d’augmentation. Le prix de la boîte métallique et les emballages cartons n’ont cessé depuis plusieurs mois d’afficher des augmentations périodiques et historiques non planifiées générant un désarroi général, non seulement des industriels mais aussi des clients », alerte l’UNICOP.


Compte tenu de l’importance socio-économique de la filière, les professionnels du secteur ainsi que les membres de l’UNICOP sollicitent les pouvoirs publics pour un plan de sauvegarde de la filière. Ils appellent ainsi à appliquer d’urgence les solutions et les recommandations des scientifiques visant à assurer la sauvegarde du stock halieutique, à imposer un droit de regard de l’État sur les monopoles et limiter les hausses de matières premières qui seraient injustifiées, ainsi que de supporter financièrement la filière qui ne profite d’aucune subvention malgré son poids économique et son apport historique en investissement et en création d’emplois.

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