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02.05.2022 à 21 H 16 • Mis à jour le 03.05.2022 à 10 H 01
Par
Cybersurveillance

Madrid révèle que le téléphone de Pedro Sanchez a été infecté par Pegasus

Pedro Sanchez. Crédit : Reuters
Ce lundi, le gouvernement espagnol a annoncé que son Président, Pedro Sanchez mais aussi la ministre de la Défense Margarita Robles, ont été infectés par le logiciel-espion Pegasus en 2021. L'origine de l'intrusion mais aussi les contenus piratés n'ont toujours pas été précisés. Les détails

Nouveau tournant dans l'affaire d'espionnage en Espagne par le logiciel Pegasus. Ce 2 mai, lors d'une conférence de presse tenue durant la matinée, Madrid a révélé qu'un rapport du Centre national de renseignement espagnol (CNI) a permis de démontrer que les téléphones portables officiels du Président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, et de sa ministre de la Défense Margarita Robles, ont été infectés par le logiciel-espion de la firme israélienne NSO


L'origine du piratage n'a pas été dévoilée. La porte-parole du gouvernement espagnol, Isabel Rodriguez, et le ministre de la Présidence, Felix Bolanos, ont annoncé que les attaques ont eu lieu entre mai et juin 2021. Elles ont permises l'extraction de 2,6 gigaoctets chez Sanchez, tandis que seulement 9 mégaoctets ont pu être extraits du téléphone de la ministre de la Défense. Les deux responsables espagnols ayant pris la parole devant les journalistes ont précisé que le type d'informations récoltées n'est toujours pas connu.


Dans sa présentation, l'Exécutif espagnol, cité par les journaux du pays, dont notamment El Pais, précise que le bureau du Procureur général a déposé une plainte ce lundi matin auprès de l'Audience nationale, afin qu'une enquête soit ouverte. La plainte ne désigne pas « les auteurs possibles », fait-on savoir, mais se fonde sur « des éléments vérifiées et contrastées », sur lesquelles « il n'y a aucun doute », selon le ministre de la Présidence.


Le rapport en question a été précisément élaboré par le Centre national de cryptologie (CCN), organisme relevant du CNI. Le CCN indique qu'aucune intrusion supplémentaire n'a été découverte après juin 2021. La découverte de l'infection par Pegasus s'est faite suite à une analyse approfondie des téléphones mobiles de Sanchez et Robles, mis à la disposition des fonctionnaires du CCN durant une période de 24 à 36 heures. « Les contrôles périodiques et de routine auxquels sont soumis les téléphones des hauts fonctionnaires ne les avaient pas détectés », note El Pais.


Les analyses ont été entamées, précise-t-on, à la suite de la publication de la liste de plus de 65 dirigeants indépendantistes catalans et basques qui, selon le groupe d'experts de Citizen Lab, ont été infectés par Pegasus.


Des parties « externes » mises en cause

Dans son intervention, reprise par les médias ibériques, le ministre de la Présidence souligne par ailleurs que « par intrusions extérieures (dans les téléphones;ndlr), nous voulons dire qu'elles sont étrangères aux agences de l'État et qu'elles n'ont pas d'autorisation judiciaire. C'est pourquoi nous les considérons comme illégaux et externes ». 


Pour l'heure, dans les éléments de langage qui transparaissent, aucune mention de « pays étranger » n'est à l'ordre du jour chez les officiels espagnols. Même chose chez la plupart des journalistes présents à la conférence de presse, tandis que d'autres médias espagnols se contentent de rappeler les précédents de l'affaire Pegasus, dont notamment le Maroc, accusé par l'enquête de Forbidden Stories et d'Amnesty International d'avoir eu recours au logiciel de la firme israélienne NSO pour espionner le Roi Mohammed VI, le président français, des membres de son gouvernement mais aussi plusieurs militants des droits humains et des journalistes. Des accusations formellement démenties par Rabat.


Pour l'heure, seuls d'ailleurs le collectif Forbidden Stories et l'ONG Amnesty International, mais aussi en France Mediapart, ont fait allusion à une éventuelle implication du Maroc, en rappelant qu'entre mai et juin 2021, l'Espagne vivait une crise migratoire et diplomatique avec son voisin du sud. « Le gouvernement espagnol n’a pas précisé quel service de renseignement ou pays il suspectait d’être à l’origine de ces attaques. A l’époque des infections repérées par les services espagnols, le pays était engagé dans un violent bras de fer diplomatique avec le Maroc », écrit-on du côté du quotidien français Le Monde.


À travers le monde, plusieurs gouvernements, dont notamment britannique, ont dans la foulée des révélations de Pegasus annoncé l'ouverture de recherches internes pour jauger de la menace que représente le logiciel Pegasus.


L'arroseur arrosé ?

Une révélation et une plainte présentées par Madrid, alors que ces dernières semaines plusieurs accusations pointaient du doigt les services espagnols dans l'espionnage d'opposants indépendantistes catalans. Dans le viseur, le CNI, accusé depuis le 18 avril par Citizen Lab, d'avoir espionné 65 personnes de la mouvance indépendantiste à travers le logiciel Pegasus. Les téléphones portables ont été infectés entre 2017 et 2020, faisait-on savoir.


Face aux accusations, Pedro Sanchez avait pris les devants pour annoncer l'ouverture d'une enquête interne au sein du CNU. Ce qui est bien loin de ravir les catalans, ayant décidé de monter au créneau. « Contre l'indépendantisme, tout est bon », a notamment réagi Pere Aragonès, le président de la Généralité de Catalogne. De quoi fragiliser le gouvernement minoritaire de gauche de Pedro Sanchez, ayant besoin de la majorité parlementaire pour pouvoir continuer son mandat jusqu'en 2023.

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