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26.08.2022 à 15 H 36 • Mis à jour le 26.08.2022 à 15 H 36
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Crise humanitaire

Tindouf : l’Algérie impuissante face à la menace de famine qui guette les camps du Polisario

Tindouf Une femme marchant dans un camp de Tindouf, le 17 janvier 2022. Crédit : Ramzi Boudina / Reuters
Soulignant que le soutien du gouvernement algérien est « désormais insuffisant pour répondre aux besoins actuels » en rations alimentaires destinés aux camps de Tindouf, la représentation onusienne en Algérie a lancé un appel urgent à la communauté internationale au vu de la situation nutritionnelle alarmante qui y sévit notamment parmi les enfants

Confrontée à une situation nutritionnelle dégradée dans les camps de Tindouf contrôlés par le Polisario avec une réduction de plus de 75 % des rations alimentaires, l’équipe des Nations Unies en Algérie a appelé « la communauté internationale à renforcer et accroitre son soutien à l’aide alimentaire et nutritionnelle aux réfugiés sérieusement menacés d’insécurité alimentaire et de malnutrition ». 


Soulignant que le soutien du gouvernement algérien et des donateurs internationaux est « désormais insuffisant pour répondre aux besoins actuels », la représentation onusienne en Algérie informe que les fonds nécessaires à la seule assistance alimentaire ont doublé pour atteindre 39 millions de dollars cette année, contre 19,8 millions de dollars avant le déclenchement de la pandémie.


« L’équipe des Nations Unies et d'autres acteurs humanitaires font face à d'importants déficits de financement provoqués par l’impact de la pandémie de la Covid-19, la hausse mondiale des prix des denrées alimentaires et du carburant qui en a résulté, et les effets de la guerre en Ukraine. Cette situation a profondément affecté tous les secteurs de l'aide humanitaire, entravant de manière inquiétante l’accès  des réfugiés  à la nourriture, à l'eau, à la santé, à la nutrition, à l'éducation et à d'autres services de subsistance essentiels »  a déclaré le Coordonnateur Résident des Nations Unies, Alejandro Alvarez, ajoutant que la solidarité internationale est cruciale pour stopper la détérioration rapide de la situation nutritionnelle dans les camps, et ses effets durables pour la population, en particulier les enfants.


Le HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et le Fond des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) sensibilisent activement leurs partenaires sur cette situation. Cependant, « ces efforts ne se sont pas, jusqu'à présent, traduits par la mobilisation de ressources additionnelles nécessaires pour répondre aux besoins des réfugiés ».


La réduction forcée de 75 % des rations alimentaires mensuelles du PAM est particulièrement inquiétante car elle correspond à moins de la moitié de l'apport calorique quotidien recommandé par personne, ajoute la même source : chaque bénéficiaire reçoit désormais moins de 5 kg de ration, contre les 17 kg prévus par personne et par mois.


Emaciation potentiellement mortelle chez les enfants

Les résultats préliminaires de la mission d'évaluation conjointe et de l'enquête sur la nutrition, menées il y a six mois révèlent également une dégradation de de la situation nutritionnelle et une augmentation de la prévalence de l'émaciation potentiellement mortelle chez les enfants âgés de 6 à 59 mois, qui passe de 7,6 % en 2019 à 10,7 % en 2022, poursuit l’ONU dans son appel.


La moitié des enfants âgés de 6 à 59 mois sont anémiques, un enfant sur trois souffre d'un retard de croissance et seulement un enfant sur trois reçoit le régime alimentaire diversifié minimum dont il a besoin pour grandir et se développer sainement, explique-t-on.


L’allocation et la gestion de l’aide humanitaire aux camps de Tindouf est par ailleurs sujette depuis de longues décennies à la pratique confirmée par de nombreux rapports, dont celui de l’OLAF (Office antifraude de l’Union européenne) sur les détournements « frauduleux et systématiques » par la hiérarchie du Polisario et certains intermédiaires algériens qui revendent les denrées alimentaires en Afrique sub-saharienne. Le régime algérien est souvent pointé du doigt, jugé « complice de cette fraude » puisqu’il « impose des taxes sur cette aide jusqu’à 10 %, en contradiction avec les normes et pratiques humanitaires ».


Alerté par des ONG internationales et par les conclusions accablantes des rapports d’inspection du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et du Programme alimentaire mondial de l’ONU, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, avait attiré l'attention, dans son rapport au Conseil de sécurité sur le Sahara en 2021, sur ces « violations des droits de l’Homme dans les camps de Tindouf, aggravée par la pandémie Covid-19 » servant souvent à l’enrichissement personnel de la chefferie du Front Polisario et de certains responsables algériens.

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