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24.09.2023 à 11 H 08 • Mis à jour le 25.09.2023 à 17 H 14
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Batteries VE

Gigafactory: LG Chem en duo avec le Chinois Huayou pour ses deux usines au Maroc

Mohcine Jazouli et Hak Cheol Shine. Illustration: Ezzoubair El Harchaoui / Le Desk
Pas moins de deux unités industrielles seront mises en place au Maroc par le Sud-coréen LG Chem et le Chinois Huayou. Objectif: la production de cathodes LFP, nécessaires à la fabrication de batteries pour voitures électriques, avec l'ambition de monter tout un écosystème dédié à la gigafactory. Les détails

Diffusé ce dimanche matin, un communiqué du Sud-coréen LG Chem annonce la signature d'un protocole d'accord, le 22 septembre dernier, avec le Chinois Huayou pour l'installation d'unités industrielles dédiées aux matériels de batteries de voitures électriques au Maroc.


Huayou avait déjà fait parler d'elle au Maroc, en août dernier, après l'annonce soudaine du Centre régional d'investissement de Laâyoune-Sakia El Hamra, de l'installation de leur usine au niveau de la ville du sud du Maroc, avec un investissement de 200 milliards de dirhams. Des chiffres douteux qui ont rapidement poussé le CRI au rétropédalage, en supprimant le communiqué, comme nous le rapportions. Ce qui est par ailleurs certain, c'est que les Chinois de Huayou ont bel et bien visité la localité de Laâyoune, mais aussi le port de Tarfaya.


Dans la nouvelle communication, des éléments précis sont aujourd'hui fournis quant aux ambitions de Huayou. Il arrivera ainsi au Maroc, à travers une association et un partenariat avec LG Chem, filiale du groupe LG et leader en matière de production de batteries électriques au monde.


On apprend ainsi qu'il s'agit d'investir le marché des matériaux cathodiques LFP, nécessaires à la production de batteries de voitures électriques. Un investissement similaire donc à celui de la joint-venture CNGR et la holding royale Al Mada, que nous révélions en exclusivité.

Deux usines au Maroc

Le protocle d'accord signé ce vendredi indique que LG Cheme et Huayou s'étendre à l'internationale, à travers outre un projet en Indonésie, deux usines au Maroc : la première dédiée aux matériaux cathodiques, tandis que la second portera sur la conversion de lithium au Maroc. Pour Shin Hak-Cheol, P-DG de LG Chem, , « l'objectif est de créer une chaîne d'approvisionnement en matériaux solide et verticalement intégrée - allant des matières premières aux précurseurs et aux matériaux cathodiques - et de consolider notre statut de premier producteur mondial de matériaux pour batteries ».


Concrétement, le projet marocain sera le fruit d'un partenariat entre LG Chem et Youshan, filiale du groupe Huayou, qui construira une usine LFP au Maroc, le présentant comme étant la plus grande réserve mondiale de roches phosphatées. L'usine devrait être en production en série dès 2026, fait-on savoir, avec une capacité anuelle de 50 000 tonnes métriques et devrait à la demande croissante de matériaux cathodiques LFP, qui gagnent en populaire en raison de leur prix compétitif par rapport aux cathodes nickel-cobalt-manganèse (NCM). Pour LG Chem, 50 000 tonnes de matériaux cathodiques LFP suffisent pour être installés dans 500 000 véhicules électriques d'entrée de gamme, avec une capacité de 50 kilowatts par heure et une autonomie de 350 kilomètres.


LG Chem se lancera dans le secteur des matériaux cathodiques LFP basé sur l'usine marocaine et étendra son activité aux matériaux cathodiques lithium-manganèse-phosphate-fer (LMFP), un mélange de manganèse et de LFP qui offrent plus de capacité et un meilleur rendement que les matériaux cathodiques LFP, ajoute la communication du Coréen. On ajoute de plus qu'on fera également la promotion de l'activité d'usine de conversion de lithium avec Huayou Cobalt au Maroc.


Une usine de conversion est une installation qui extrait des hydroxydes de lithium et des carbonates de lithium, tous deux essentiels à la production de matériaux cathodiques à partir de concentrés de lithium. L’usine de conversion du lithium devrait produire en masse 52 000 tonnes de lithium par an d’ici 2025 et les fournir à l’usine LFP, explique-t-on.


Afin de concrétiser l'écosystème de gigafactory qu'ils entendent mettre en place, les Chinois de LG Chem pourront compter l'hydroxyde de lithium que leurs filiales LG Energy comptent fournir. En effet, dans une précédente annonce datée d'avril dernier, LG Energy Solution avait annoncé avoir signé un accord commercial avec le Chinois Yahua, un fabricant de composés de lithium, afin de produire de l'hydroxyde de lithium au Maroc.Il s'agit d'une matière première destinée à la fabrication de batteries pour voitures électriques, à haute capacité et à haute teneur en nickel.


Le Maroc avantagé par son ALE avec Washington

Dans les deux communications, celle de ce dimanche mais aussi de LG Energy Solution en avril dernier, le Maroc est présenté comme étant avantagé par l'accord de libre-échange signé avec les Etats-Unis. Dans ce contexte, le Royaume est positionné comme plateforme idéale pour le sourcing des batteries de voitures électriques, destinées au marché américain.


Le Trésor américain avait en effet exclu le Maroc des restrictions imposées aux batteries équipant certains véhicules. Un des aspects de la décision prise par département du Trésor américain rendant admissibles à partir du 1er janvier les véhicules électriques (VE) loués au crédit d’impôt (allant jusqu’à 7 500 dollars) pour véhicules propres à usage commercial pourrait être profitable au Maroc, indiquions-nous fin 2022.


La loi américaine sur la réduction de l'inflation (IRA) de 430 milliards de dollars adoptée en août avait mis fin à cet avantage pour les véhicules assemblés en dehors de l'Amérique du Nord. Les nouvelles directives du Trésor ne modifient pas la définition de ce qui constitue un assemblage nord-américain. L'objectif pour Washington étant d'élminer progressivement les minéraux ou les composants de batteries chinois. On émet comme condition que la moitié du crédit sera subordonnée au fait qu'au moins 40 % de la valeur des minéraux critiques contenus dans la batterie aient été extraits ou traités aux États-Unis ou dans un pays ayant conclu un accord de libre-échange avec les États-Unis, ou recyclés en Amérique du Nord.


Le Trésor américain a déclaré que sa définition d'un accord de libre-échange inclura au moins les accords commerciaux complets existants avec un certain nombre de pays, dont le Maroc. Celui-ci, roi du cobalt étant classé dans le top 10 des producteurs mondiaux, avec ses 2 000 tonnes par an, aura donc tout à gagner.

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