ONEE : prêt de 70 millions d’euros de la BEI pour sécuriser l’accès à l’eau potable
Projet d’acheminement d’eau potable au Maroc. Crédit: MAP
Dans un contexte de stress hydrique croissant et de raréfaction des ressources en eau, la Banque européenne d’investissement (BEI) vient d’accorder un financement de 70 millions d’euros à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) pour soutenir la modernisation et le renforcement des infrastructures d’eau potable au Maroc. Ce prêt, garanti par l’Union européenne dans le cadre du Partenariat vert UE-Maroc, cible en priorité les petites et moyennes villes ainsi que les zones rurales, particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique.
Un projet structurant inscrit dans la durée
Ce nouveau concours financier s’inscrit dans le prolongement d’un partenariat de plus de quatre décennies entre la BEI et le Royaume. Il permettra à l’ONEE de déployer une série d’investissements de proximité dans le cadre de son Plan d’équipement 2025-2030. Objectif : moderniser les équipements de production, optimiser les réseaux de transport, réduire les pertes d’eau et améliorer l’efficacité énergétique des installations.
La finalité est d’assurer un approvisionnement fiable, équitable et durable en eau potable, notamment dans les territoires déjà exposés à la dégradation des ressources hydriques. Ce financement vient également soutenir la reconstruction des infrastructures endommagées par le séisme de septembre 2023, contribuant ainsi à renforcer la résilience des zones sinistrées.
Un appui direct à la stratégie nationale de l’eau
Le programme soutenu par la BEI s’inscrit dans les objectifs du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation (PNAEPI) 2020-2027, présenté au roi Mohammed VI. Ce programme, qui constitue l’ossature de la politique nationale de l’eau, ambitionne de répondre aux défis structurels d’une gestion optimisée de la ressource, en misant notamment sur le dessalement de l’eau de mer, les partenariats public-privé et la réallocation raisonnée des ressources conventionnelles.
« Le Maroc se déploie sous les hautes instructions royales pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable du Royaume dans un contexte marqué par un reprofilage du mix hydrique », a souligné Tarik Hamane, directeur général de l’ONEE, lors de la signature de l’accord. Ce financement européen, selon lui, vient conforter un partenariat stratégique de long terme avec la BEI et renforcer la capacité de l’ONEE à répondre à ses missions prioritaires.
Un axe du Partenariat vert entre le Maroc et l’UE
L’opération porte également la signature du Partenariat vert Maroc-UE lancé en 2022, qui ambitionne d’accompagner la transition écologique du Royaume. La mobilisation de la garantie de l’UE dans cette opération traduit la volonté européenne de faire de l’accès à l’eau une priorité stratégique dans le cadre de la coopération bilatérale.
« Ce nouveau financement témoigne de l’engagement de la BEI à accompagner le Maroc dans la mise en œuvre de solutions durables, locales et résilientes », a déclaré Ioannis Tsakiris, vice-président de la BEI. Il a souligné que la Banque, en tant que « banque du climat », agit au cœur des priorités conjointes du Royaume et de l’UE, en finançant des infrastructures à fort impact social et environnemental.
Même ton du côté de l’ambassadrice de l’UE à Rabat, Patricia Llombart Cussac : « Il est plus que jamais crucial de promouvoir un usage de l’eau qui préserve cette ressource fragile, menacée par le réchauffement climatique et la sécheresse, afin d’en garantir l’accès au plus grand nombre. » Elle a rappelé qu’en vingt ans, l’UE et ses États membres ont investi quelque 22 milliards de dirhams (MMDH) dans les réformes et les infrastructures liées à la gestion de l’eau au Maroc.
Ce financement s’aligne sur la feuille de route climat 2021–2025 de la BEI et contribue à plusieurs Objectifs de développement durable (ODD), en particulier ceux liés à l’accès à l’eau propre, à l’assainissement et à la lutte contre les changements climatiques. Il aura aussi des retombées immédiates : amélioration de la qualité des services publics, réduction des risques sanitaires, soutien à l’économie locale et création d’emplois pendant la phase de mise en œuvre.
Ce projet s’inscrit également dans le cadre de la stratégie Global Gateway de l’UE, qui vise à combler le déficit d’investissement à l’échelle mondiale, en favorisant des infrastructures durables et résilientes. Portée par l’approche « Équipe Europe », cette initiative mobilise jusqu’à 300 milliards d’euros entre 2021 et 2027 dans les domaines prioritaires tels que l’énergie, le numérique, les transports, l’éducation et la santé.
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