À Errachidia, coup d’envoi du réseau d’irrigation du barrage Kaddoussa
Province d’Errachidia : Lancement du réseau d’irrigation du barrage Kaddoussa et inauguration de projets agricoles. Crédit: MAP
Projet structurant de résilience climatique, le réseau d’irrigation du barrage Kaddoussa marque une avancée majeure pour l’agriculture oasienne et la gestion durable de l’eau dans la région de Drâa-Tafilalet.
Le ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, a procédé, mercredi 16 juillet, au lancement officiel de la mise en service du réseau d’irrigation associé au barrage Kaddoussa, dans la province d’Errachidia. Ce jalon important vient concrétiser un chantier engagé depuis 2008, inscrit dans le cadre des stratégies Plan Maroc Vert puis Génération Green, et visant à sécuriser l’accès à l’eau et dynamiser l’agriculture irriguée dans les zones arides de la région.
Aux côtés du Wali de la région Drâa-Tafilalet, Essaid Zniber, du président du Conseil régional Hro Abrou, de représentants des Chambres agricoles, d’élus et d’acteurs locaux, le ministre a d’abord pris connaissance des composantes techniques du projet, dont l’aménagement hydro-agricole mis en place en aval du barrage. Le dispositif comprend notamment une conduite d’adduction sous pression longue de 22,6 kilomètres et un réseau de distribution de 127 kilomètres, ainsi qu’un bassin de stockage et de régulation d’une capacité de 12 000 mètres cubes, situé à Laamchane, désormais opérationnel.
Dans sa déclaration à la presse, Ahmed El Bouari a souligné que ce projet incarne pleinement la Vision Royale pour une agriculture durable et résiliente face aux effets du changement climatique. Alimenté par un volume annuel moyen de 30 millions de mètres cubes d’eau mobilisé à partir du barrage Kaddoussa, le système permettra d’irriguer durablement quelque 5 000 hectares, répartis entre 825 hectares de palmeraies traditionnelles et 4 175 hectares de nouvelles extensions agricoles développées sur les terres collectives, désormais dotées de systèmes d’irrigation localisée.
Un investissement d'1 milliard de dirhams
Fruit d’un investissement global de près d’un milliard de dirhams, le projet a été financé conjointement par le budget de l’État (37 %), l’Agence Française de Développement (42 %) et le Fonds Vert pour le Climat (21 %). Au-delà de ses impacts hydriques et agricoles, ce projet structurant a déjà généré plus de 3,6 millions de journées de travail au cours des différentes phases de travaux, et devrait continuer à produire des effets positifs sur l’emploi et les revenus dans la région.
Il s’agit également, selon le ministère, d’un levier essentiel pour la préservation de la nappe phréatique de Meski-Boudenib, qui fait l’objet depuis 2023 d’un contrat de gestion participative, et pour la promotion d’une agriculture inclusive, intégrant les ayants droit des terres collectives à travers 299 projets agricoles, ainsi que 37 projets portés par des promoteurs privés. En tout, près de 16 600 habitants sont directement concernés par ce nouveau système d’irrigation.
L’initiative ne se limite pas aux seules infrastructures hydrauliques. Un important programme d’accompagnement social et économique a été mis en place en parallèle. Il a permis le financement de 139 projets à hauteur de 30 millions de dirhams, en faveur des jeunes, des coopératives et des associations agricoles locales, dans le but de renforcer la résilience des systèmes oasiens, améliorer les pratiques agricoles et encourager l’entrepreneuriat rural.
Réhabilitation de 7 oasis
Au cours de sa visite, le ministre a également inauguré le seuil de dérivation de Tazouguert, destiné à capter les eaux des bassins intermédiaires pour recharger la nappe phréatique. Trois autres seuils de dérivation ont été construits dans le cadre du même projet à El Ghaba, Ouled Ali et Sahli. Cette approche intégrée, combinant irrigation productive et gestion durable de la ressource, s’inscrit dans une logique de développement territorial oasien maîtrisé.
Le ministre a par ailleurs visité plusieurs exploitations agricoles raccordées au réseau, via 77 prises d’eau collectives, et s’est rendu à l’oasis de Taous dans la commune de Oued Naam, où l'irrigation d’une palmeraie réhabilitée a été lancée. Cette opération fait partie d’un programme plus large ayant permis la réhabilitation de sept oasis, avec la restauration de 43 kilomètres de séguias, 7,5 kilomètres de khettaras, la création de 12 prises d’eau et la réalisation de sept forages, pour un coût de 62,74 millions de dirhams.
Enfin, le ministre a supervisé le lancement de l’alimentation en eau d’un projet agricole spécialisé dans la production et la valorisation des dattes, illustrant les retombées concrètes de cette infrastructure sur les filières locales à forte valeur ajoutée.
Avec la mise en service du réseau d’irrigation du barrage Kaddoussa, c’est donc une nouvelle étape qui s’ouvre pour l’agriculture irriguée dans la région de Drâa-Tafilalet, dans un contexte de rareté hydrique où chaque goutte d’eau mobilisée devient un outil stratégique de développement et de résilience.
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