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16.07.2025 à 02 H 12 • Mis à jour le 16.07.2025 à 11 H 04
Par
Exécutif

Akhannouch défend une reprise économique soutenue par l’investissement public et les réformes sociales

Aziz Akhannouch devant la Chambre des Conseillers le 27 mai 2025. Crédit: Primature Le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch devant la Chambre des conseillers, le 27 mai 2025. Crédit : MAP
Lors de son intervention devant la Chambre des conseillers, le Chef du gouvernement a dressé un bilan jugé positif de l’action de l’exécutif, mettant en avant une croissance de 3,8 % en 2024, une baisse du chômage, une inflation maîtrisée sous les 1 % et un recul du déficit budgétaire à 3,5 %. Ces résultats, selon lui, sont le fruit d’un engagement massif en faveur de l’investissement public, de la réforme fiscale, de la couverture sociale et de la stabilité des prix

Le mardi 15 juillet, le chef de l’exécutif, Aziz Akhannouch, s’est longuement exprimé devant la Chambre des conseillers lors de la séance mensuelle des questions de politique générale, consacrée à l’évaluation de l’impact du bilan économique et financier sur la dynamique de l’investissement et de l’emploi.


Dès l’ouverture de son intervention, Akhannouch a affirmé que l’action gouvernementale s’inscrit dans une volonté constante de modernisation, d’impulsion de la croissance et d’amélioration des conditions de vie des citoyens. Cette dynamique repose, selon lui, sur « une approche équilibrée entre développement économique et justice sociale », tout en tenant compte des contraintes conjoncturelles, notamment climatiques et géopolitiques.


Investissement public renforcé et relance de la croissance

Le Chef du gouvernement a souligné la forte augmentation de l’investissement public, passé de 230 milliards de dirhams (MMDH) en 2021 à 340 MMDH en 2025. Une progression présentée comme un catalyseur de la relance économique, destiné à consolider les stratégies sectorielles et à ouvrir la voie à une nouvelle génération d’investissements privés à haute valeur ajoutée.


La nouvelle Charte de l’investissement, promulguée durant le mandat, a été saluée comme un instrument clé de cette politique, avec l’adoption de l’ensemble des textes organiques nécessaires à son exécution, notamment le décret de soutien aux TPME, qui concentrent à elles seules 80 % des emplois formels. Le dispositif prévoit notamment une prime à la création d’emplois stables, une prime territoriale pour réduire les disparités régionales et une prime dédiée aux secteurs stratégiques.


Des résultats macroéconomiques au vert

Aziz Akhannouch a détaillé les indicateurs économiques qui, selon lui, traduisent l’efficacité de l’action gouvernementale : une croissance du PIB de 3,8 % en 2024, tirée par les secteurs non agricoles (+4,5 %), avec une prévision de croissance portée à 4,6 % en 2025. Le chômage a reculé de 0,4 point, notamment grâce à la création de 351 000 emplois dans les secteurs non agricoles au premier trimestre de l’année, un triplement par rapport à 2024.


Sur le plan des investissements directs étrangers (IDE), le Maroc a enregistré un bond significatif, atteignant 43,2 MMDH en 2024 contre 26 MMDH en 2020, avec une progression de 27 % au cours des cinq premiers mois de 2025. Les réserves officielles se sont également renforcées, atteignant 402 MMDH fin juin, couvrant plus de cinq mois d’importations.


La maîtrise de l’inflation a constitué un autre point fort du bilan présenté : ramenée à moins de 1 % à fin 2024, contre 6,6 % en 2022, elle a permis de stabiliser le pouvoir d’achat dans un contexte international difficile. Pour y parvenir, le gouvernement a mobilisé 88,2 MMDH entre 2022 et 2024 pour le soutien aux produits de base, dont 53,6 MMDH pour le gaz butane, 17,5 MMDH pour le sucre et 16,8 MMDH pour la farine et le blé tendre.


Soutenabilité des finances publiques et réforme fiscale

Le Chef du gouvernement a souligné que les équilibres budgétaires ont été progressivement rétablis : le déficit est passé de 7,1 % du PIB en 2020 à 3,5 % fin 2024, tandis que le taux d’endettement public est descendu à 67,7 %. Il a assuré que la dynamique positive de 2025 se confirme, avec des recettes supérieures aux prévisions, ce qui permet de maintenir le cap sur les grands chantiers de réforme.


Ce redressement repose notamment sur l’application progressive de la loi-cadre 69.19 relative à la réforme fiscale. Celle-ci comprend l’unification des taux d’impôt sur les sociétés (IS) d’ici 2026, la rationalisation de la TVA vers deux taux principaux (20 % et 10 %), et la réforme de l’impôt sur le revenu (IR), engagée dans la LF 2025 en lien avec l’accord social d’avril 2024. Le tout a permis d’augmenter les recettes fiscales de 100 MMDH entre 2020 et 2024, sans hausse de la pression fiscale, atteignant ainsi près de 300 MMDH.


Emploi, sécurité sociale et inclusion économique

Le gouvernement a mobilisé 14 MMDH pour la politique de l’emploi en 2025, répartis entre incitations à l’investissement (12 MMDH), soutien à l’emploi agricole (1 MMDH) et renforcement des programmes d’insertion (1 MMDH). Une attention particulière est portée aux jeunes non-diplômés, à la formation en alternance (100 000 bénéficiaires visés en 2025), à la lutte contre le décrochage scolaire et à l’inclusion des femmes sur le marché du travail.


L’extension de la couverture sociale a été présentée comme l’un des piliers du mandat. Plus de 4 millions de ménages (11,4 millions de personnes) bénéficient désormais de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) de base pour les personnes non contributives, avec un financement public de 9,5 MMDH par an. Le taux de couverture est ainsi passé de 42,2 % à 88 % en trois ans.


À cela s’ajoute la montée en charge du programme d’aide sociale directe, qui bénéficie à 4 millions de ménages – soit 12 millions de personnes, dont 5,5 millions d’enfants et 420 000 veuves – pour un coût cumulé de 34 MMDH depuis son lancement.


État social et transformation des services publics

Le gouvernement s’est attaché à structurer les fondements d’un État social moderne. Les dépenses consacrées à la protection sociale atteindront 39 MMDH en 2025, puis 41 MMDH en 2026. L’exécutif a élargi l’affiliation aux régimes de retraite, généralisé l’indemnité pour perte d’emploi et mis en chantier une réforme d’envergure du système de santé.


Ce dernier a vu son budget passer de 19,7 MMDH en 2021 à 32,6 MMDH en 2025, soit une hausse de 65 %. La réforme vise une couverture sanitaire plus équitable et efficiente, à travers l’extension du panier de soins, la montée en capacité des établissements publics et l’amélioration de la prise en charge dans le privé.


En parallèle, l’éducation bénéficie d’un soutien budgétaire accru, avec plus de 85 MMDH alloués pour 2025 et des engagements annuels supplémentaires jusqu’en 2027 pour la mise en œuvre de la feuille de route 2022-2026 de réforme du système éducatif.


Autre point saillant du bilan défendu par Aziz Akhannouch : la mise en œuvre des engagements du dialogue social. La Charte nationale pour l’institutionnalisation de ce dialogue a permis l’adoption d’une revalorisation salariale généralisée : une augmentation de 1 000 dirhams nets en deux étapes, une hausse de 15 % du SMIG non agricole et une revalorisation du SMAG. En tout, quelque 4,25 millions de citoyens – fonctionnaires et salariés du privé – sont concernés, pour un coût estimé à plus de 45 MMDH d’ici 2026.


Sécurité hydrique, énergie et souveraineté verte

Enfin, le Chef du gouvernement a insisté sur les efforts de souveraineté, notamment en matière hydrique et énergétique. Une enveloppe de 18 MMDH a été engagée en 2025 dans le cadre du programme d’approvisionnement en eau potable et irrigation 2020-2027. Parallèlement, une nouvelle feuille de route a été lancée pour développer l’hydrogène vert et consolider les capacités du Maroc dans les énergies renouvelables.


Au terme de son intervention, Aziz Akhannouch a affirmé la volonté de son gouvernement de « capitaliser sur les acquis » et de maintenir une ligne de conduite fondée sur la soutenabilité budgétaire, l’équilibre macroéconomique et l’inclusion sociale. « Ce projet collectif est une réponse ambitieuse et réaliste aux aspirations des Marocains », a-t-il conclu.

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