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24.07.2025 à 22 H 31 • Mis à jour le 25.07.2025 à 08 H 41
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Agriculture

La sécheresse plombe la récolte céréalière 2025, les importations repartent à la hausse

Un agriculteur de céréales dans la région de Meknès. Crédit : MAP Un agriculteur de céréales dans la région de Meknès. Crédit : MAP
Plombée par une nouvelle année de sécheresse, la récolte céréalière 2025 au Maroc chute fortement, entraînant un recours accru aux importations. Malgré cela, l’inflation alimentaire reste maîtrisée grâce aux subventions publiques

Alors que le Maroc traverse une deuxième année consécutive de sécheresse sévère, les perspectives de la campagne céréalière 2025 s’annoncent préoccupantes.


Selon une note publiée le 23 juillet par le Global Information and Early Warning System (GIEWS) de la FAO, la production nationale de céréales devrait atteindre à peine 4 millions de tonnes, soit une baisse d’environ 27 % par rapport à la moyenne quinquennale. Ce niveau de production en net repli impose un recours accru aux importations et interroge sur les réserves alimentaires disponibles à moyen terme.


Un déficit de pluviométrie abyssal

La moisson du blé, entamée en mai, a été finalisée courant juin dernier. Celle de l’orge devrait s’achever d’ici la fin juillet. Malgré des pluies abondantes et tardives enregistrées en mars et avril, les sols ont souffert d’un déficit hydrique historique pendant la période hivernale – entre décembre 2024 et février 2025 –, avec des précipitations inférieures de plus de 60 % à la normale saisonnière dans des régions clés comme Fès-Boulemane, le Gharb, le Grand Casablanca et la région de Tanger-Tétouan. Ces déficits pluviométriques chroniques ont lourdement pesé sur le potentiel productif du pays, accentuant une tendance entamée depuis 2024 et posant la question de la résilience structurelle du secteur agricole face au dérèglement climatique.


Conséquence directe de cette production déficitaire : les besoins d’importation explosent. Le GIEWS anticipe pour la campagne de commercialisation 2025/2026 (juillet-juin) des importations céréalières atteignant les 11 millions de tonnes, soit plus de 20 % au-dessus de la moyenne. Pour amortir l’impact de cette dépendance accrue sur les marchés internationaux, le gouvernement a prorogé jusqu’à la fin 2025 la subvention à l’importation de blé tendre. Ce dispositif, initialement prévu jusqu’en avril, vise à maintenir la stabilité des prix du pain, denrée de base du régime alimentaire marocain.


L’inflation alimentaire reste modérée

Dans ce contexte tendu, un élément inattendu tempère les inquiétudes : l’inflation alimentaire est restée modérée au premier semestre 2025. En juin, elle s’est établie à seulement 0,4 %, contre 0,7 % le mois précédent, atteignant son plus bas niveau depuis octobre 2024. Cette évolution reflète une baisse des prix sur plusieurs produits de base, notamment les légumes, le poisson, la viande, ainsi que le pain et les céréales. Une tendance qui s’explique en partie par la politique volontariste de subvention publique, mais aussi par des facteurs conjoncturels liés à l’offre intérieure et à l’évolution des marchés mondiaux.


Malgré ces données rassurantes sur le front des prix, la situation reste structurellement fragile. La baisse récurrente de la production céréalière, conjuguée à la volatilité des marchés internationaux, place les autorités devant l’obligation de repenser en profondeur les politiques agricoles et hydriques. Sans rupture décisive dans la gestion des ressources en eau, l’appui à la résilience des petits agriculteurs et l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement, les épisodes de tension pourraient s’amplifier dans les années à venir.

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