S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements
29.07.2025 à 21 H 31 • Mis à jour le 30.07.2025 à 09 H 37
Par
Discours du Trône

Le roi Mohammed VI : « Il n’y a pas de place pour un Maroc à deux vitesses »

Le Roi Mohammed VI lors de son discours du Trône, le 29 juillet 2025. Crédit : MAP Le roi Mohammed VI lors de son discours du Trône, le 29 juillet 2025. Crédit : MAP
Dans son discours du Trône 2025, le roi Mohammed VI a appelé à un sursaut territorial et à une justice sociale renforcée, et a réitéré son ouverture envers l’Algérie

À l’occasion du 26e anniversaire de son accession au Trône, le roi Mohammed VI a prononcé, ce mardi 29 juillet, un discours empreint de constats lucides sur les disparités économiques et sociales qui persistent au sein du Royaume. Tout en mettant en avant les réalisations structurelles et les avancées économiques du Maroc, le Souverain a appelé à un sursaut national pour corriger les inégalités territoriales et engager une nouvelle phase de développement plus équitable. Il a également renouvelé son appel au dialogue avec l’Algérie et salué les soutiens internationaux en faveur de la proposition d’autonomie dans le dossier du Sahara.


Une trajectoire économique solide, mais des déséquilibres persistants

En retraçant les principales évolutions enregistrées depuis son intronisation en 1999, le roi Mohammed VI a souligné que le Maroc s’est engagé avec constance sur la voie d’un développement économique soutenu, porté par une stratégie de long terme. Malgré une conjoncture marquée par la sécheresse récurrente et les tensions internationales, le pays a maintenu une croissance régulière. Ce dynamisme s’est illustré par le renouveau industriel, notamment dans les filières automobile, aéronautique, des énergies renouvelables, de l’agroalimentaire et du tourisme, qui constituent aujourd’hui des moteurs clés de l’économie nationale.


Il a également rappelé que le Maroc s’est positionné comme une terre d’investissement à la croisée de plusieurs zones économiques, grâce à ses accords de libre-échange et à ses infrastructures modernes, à l’instar du développement en cours de la Ligne à grande vitesse vers Marrakech et des projets liés à la sécurité hydrique et énergétique.


Cependant, le Souverain a mis en garde contre l’illusion que pourrait donner cette dynamique globale. « Aucun niveau de développement économique et infrastructurel ne saurait Me contenter s’il ne concourt pas effectivement à l’amélioration des conditions de vie des citoyens », a-t-il affirmé. Bien que le taux de pauvreté multidimensionnelle ait baissé de 11,9 % en 2014 à 6,8 % en 2024, et que le Maroc ait intégré cette année le groupe des pays à développement humain élevé selon l’IDH, le Roi a déploré que certaines régions, notamment rurales, souffrent encore de pauvreté et de précarité, du fait de l’insuffisance des équipements et des services de base.


Une nouvelle génération de politiques territoriales

Face à ce constat, le discours royal a insisté sur la nécessité d’un tournant décisif dans les politiques de développement, appelant à dépasser les approches sociales classiques au profit d’un véritable « développement territorial intégré ». Mohammed VI a orienté le gouvernement vers l’élaboration de nouveaux programmes régionaux, ancrés dans les spécificités locales et articulés autour de quatre priorités : l’emploi à travers la valorisation des économies régionales, les services sociaux de base, notamment l’éducation et la santé, une gestion proactive des ressources hydriques face au stress climatique, et des projets territoriaux intégrés en cohérence avec les grands chantiers nationaux.


Dans cette perspective, le Roi a également réitéré son attachement à la justice spatiale, affirmant qu'« il n’y a de place, ni aujourd’hui ni demain, pour un Maroc avançant à deux vitesses ».


Préparer les prochaines échéances électorales

À moins d’un an des élections législatives prévues en 2026, le Roi a appelé à une préparation rigoureuse du prochain scrutin.


Il a ainsi chargé le ministre de l’Intérieur de veiller à l’élaboration du Code général des élections à la Chambre des représentants avant la fin de l’année, et d’initier des consultations politiques avec les différents acteurs, dans un souci de transparence et de régularité du processus démocratique.


Main tendue à l’Algérie et consolidation du soutien international sur le Sahara

Le volet diplomatique du discours a été marqué par une nouvelle réaffirmation de la volonté d’ouverture du Maroc vis-à-vis de l’Algérie. Le Roi a qualifié le peuple algérien de « frère », insistant sur les liens humains, religieux, linguistiques et géographiques entre les deux nations. Il a rappelé avoir toujours tendu la main à l’Algérie pour un « dialogue franc et responsable », s’appuyant sur une « intime conviction » de l’unité des peuples maghrébins. Ce message s’inscrit dans une logique constante d’apaisement, déjà formulée lors de précédents discours du Trône.


Le Souverain a également mis en avant le soutien international croissant à la proposition marocaine d’autonomie pour le Sahara, citant explicitement les positions récemment exprimées par le Royaume-Uni et le Portugal, venues renforcer celles de nombreux autres États. Il s’agit là, selon Mohammed VI, d’un signal fort en faveur de la souveraineté du Maroc et de la recherche d’une solution politique mutuellement acceptable, « sans vainqueur ni vaincu ».


Enfin, le Roi a clos son discours en rendant hommage aux Forces armées royales, à l’ensemble des services de sécurité et de protection civile, ainsi qu’aux martyrs de la Nation.


Par ce discours, Mohammed VI articule une vision claire : capitaliser sur les acquis économiques tout en veillant à la cohésion sociale et à l’équité territoriale, dans un esprit d’ouverture diplomatique et de continuité institutionnelle. Le message s’adresse tant à la classe politique qu’aux citoyens, dans un contexte marqué par des enjeux stratégiques de développement, de souveraineté et de stabilité régionale.

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.