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31.07.2025 à 13 H 19 • Mis à jour le 31.07.2025 à 13 H 19
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Finances publiques

Exécution budgétaire à fin juin 2025 : un déficit maîtrisé malgré des charges en hausse

Siège de la TGR à Rabat. Siège de la TGR à Rabat. Crédit: Atelier Andaloussi
À mi-parcours de l’année 2025, l’exécution de la Loi de finances laisse apparaître un déficit budgétaire de 24,8 milliards de dirhams, selon les données publiées par la Trésorerie Générale du Royaume. Si les ressources globales de l’État atteignent près de 60 % des prévisions annuelles, la structure des charges confirme le poids persistant des dépenses ordinaires

À mi-parcours de l’année budgétaire, la Trésorerie Générale du Royaume (TGR) a publié son rapport d’exécution de la Loi de finances (LF-2025), arrêté à fin juin. Le document met en lumière les grands équilibres financiers de l’État pour le premier semestre, avec un déficit budgétaire de 24,8 milliards de dirhams (MMDH), des ressources globales en progression et des charges maîtrisées dans le cadre des prévisions.


Un solde budgétaire négatif mais contenu

À fin juin 2025, le solde budgétaire s’établit à -24,8 MMDH. Ce déficit résulte d’un niveau de ressources ordinaires (hors emprunts) atteignant 319,8 MMDH, contre des charges, hors amortissements de la dette, qui se sont élevées à 344,6 MMDH. Ce déséquilibre reste dans une fourchette jugée acceptable au vu des objectifs fixés par la Loi de finances.


En intégrant les recettes d’emprunts, chiffrées à 73,2 MMDH, et les amortissements de la dette qui s’élèvent à 34,5 MMDH, l’État dégage néanmoins un excédent des ressources sur les charges de 13,9 MMDH. Ce solde global positif vient atténuer le déficit budgétaire initial, illustrant une gestion prudente de la dette.


Ressources globales en ligne avec les prévisions

Les ressources globales de l’État à fin juin 2025 ont atteint 393 MMDH, ce qui représente un taux de réalisation de 59,7 % des prévisions annuelles. Cette performance est jugée satisfaisante à mi-parcours de l’exercice. Elle tient compte notamment d’un contexte fiscal marqué par des arriérés de remboursement de TVA évalués à 32,8 MMDH et de demandes de restitution de l’Impôt sur les sociétés (IS) de 3,5 MMDH enregistrées à fin décembre 2024.


Ces ressources sont composées à hauteur de 53,8 % par les recettes ordinaires, principal moteur de financement du budget. Les emprunts à moyen et long termes représentent 18,6 % du total, tandis que les recettes issues des comptes spéciaux du Trésor (CST) pèsent pour 27,2 %. Enfin, les recettes générées par les services de l’État gérés de manière autonome (SEGMA) ne représentent qu’une faible part, soit 0,4 %.


Une structure de charges dominée par les dépenses ordinaires

Les charges totales de l’État ont atteint, quant à elles, 379,1 MMDH à fin juin 2025, soit un taux de réalisation de 52,6 % des prévisions annuelles. La répartition de ces dépenses confirme une forte prépondérance des charges courantes.


Ainsi, les dépenses ordinaires du budget général concentrent 49 % des charges, reflétant le poids structurel des dépenses de fonctionnement (rémunérations, subventions, fonctionnement des services publics). Les dépenses d’investissement, essentielles pour soutenir l’effort de développement, représentent 14,4 % du total. Les émissions des CST, affectées à des politiques publiques spécifiques comme l’infrastructure ou le social, en constituent 27,4 %, tandis que les amortissements de la dette mobilisent 9,1 % des charges totales.


Une exécution conforme aux objectifs de la Loi de finances

L’analyse des chiffres publiés par la TGR laisse apparaître une exécution budgétaire globalement conforme aux orientations de la Loi de finances 2025. Si le solde budgétaire reste négatif à mi-année, la dynamique des ressources, en particulier les recettes ordinaires, combinée à une mobilisation efficace du financement par l’emprunt, permet de maintenir un équilibre global soutenable.


L’effort de maîtrise des charges, notamment par le suivi rigoureux des dépenses ordinaires et le cadrage des investissements, contribue à maintenir la trajectoire budgétaire sous contrôle. Le niveau des arriérés fiscaux, notamment en matière de TVA et d’IS, reste toutefois un enjeu structurant qui continue de peser sur la trésorerie de l’État et d’appeler à des réformes de fond en matière de remboursement fiscal.


Ce rapport semestriel de la TGR confirme ainsi les tendances générales observées depuis le début de l’année, dans un contexte économique encore marqué par les incertitudes, tant sur le plan international que domestique. La suite de l’exercice budgétaire sera déterminante pour évaluer la capacité de l’État à respecter ses objectifs de déficit et à poursuivre ses engagements de relance et d’investissement.

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