S'abonner
Se connecter
logo du site ledesk
Newsroom
Le meilleur de l’actualité au fil des événements
01.09.2025 à 16 H 15 • Mis à jour le 01.09.2025 à 18 H 56
Par
Moyen-Orient

Gaza, du blocus à la « Riviera du Moyen-Orient » : le plan américain dévoilé

Image générée par IA acommpagnant tirée du document Great Trust pour Gaza. Crédit : DR L’image générée par IA accompagnant le document détaillant le plan américain « GREAT Trust » pour Gaza. Crédit : DR
Le « Washington Post » révèle les détails du projet américain pour Gaza, prévoyant une administration transitoire de 10 ans, le déplacement partiel de la population et la transformation du territoire en hub touristique et technologique

Ce dimanche 31 août, une flottille chargée d’aide humanitaire, menée notamment par la militante suédoise Greta Thunberg, a appareillé depuis Barcelone, en Espagne, pour « rompre le blocus illégal de Gaza », selon ses organisateurs. Dans le même temps, le Washington Post a dévoilé un plan américain pour l’après-guerre, qui réinvente de manière radicale l’avenir du territoire palestinien.


L’idée choc de Donald Trump : une « Riviera du Moyen-Orient »

Le projet, concocté avec l’implication du Tony Blair Institute, trouve son origine dans une proposition lancée par Donald Trump en février : placer Gaza sous contrôle américain et la vider de ses habitants pour en faire une « Riviera du Moyen-Orient ». Le document de 38 pages, qui détaille ce plan, précise les modalités d’un déplacement « volontaire » des deux millions de Gazaouis, soit vers d’autres pays comme l’Égypte ou la Jordanie, soit vers des zones sécurisées à l’intérieur du territoire.


Des compensations financières et des « jetons numériques »

Ceux qui accepteraient de partir recevraient 5 000 dollars en espèces, ainsi qu’une aide couvrant quatre ans de loyer et une année de nourriture. Les propriétaires terriens, eux, se verraient offrir des jetons numériques (token) pouvant être utilisés pour financer une nouvelle vie ailleurs ou échangés contre un appartement dans l’une des six à huit « villes intelligentes » promises à Gaza. Ces cités, construites à partir de zéro, intégreraient centres de données, usines de voitures électriques et complexes touristiques financés par des partenariats publics et privés.


Dix ans d’administration américaine avant un transfert aux Palestiniens

Le cœur du projet repose sur la création d’une entité baptisée GREAT Trust, pour Gaza Reconstitution, Economic Acceleration and Transformation Trust. Celle-ci gouvernerait Gaza pendant une décennie, le temps de sa reconstruction, avant de céder la place à une « entité palestinienne réformée et déradicalisée ». Durant cette période, la bande de Gaza serait remodelée par une série de mégaprojets : hub logistique à Rafah, corridors ferroviaires et énergétiques connectés à Israël, à l’Égypte et au Golfe, petit port et aéroport et zones industrielles et touristiques de grande envergure. Les concours financiers de l’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis sont à peine voilés, nombre de projets portant le nom de Mohamed Ben Salmane (MBS) et de Mohamed Ben Zayed Al Nahyane (MBZ).


Le document met en avant des perspectives financières et sociales ambitieuses. Un investissement initial de 100 milliards de dollars (MM $) générerait un rendement quadruplé en 10 ans, avec des revenus autogénérés dépassant les 4,5 MM $ par an. Un million d’emplois seraient créés, 13 000 nouveaux lits hospitaliers construits, l’ensemble de la population relogée dans des habitations permanentes et plus de 85 % des enfants scolarisés. À terme, Gaza verrait sa valeur économique passer de zéro aujourd’hui à 324 MM $.


Une stratégie géopolitique pro-américaine

Derrière l’ingénierie financière et urbaine, le projet révèle une ambition géopolitique évidente : « arracher Gaza à l’influence iranienne » et l’ancrer dans un ordre régional dominé par Washington. Le plan, élaboré selon le Washington Post avec le concours d’Israéliens liés à la Fondation humanitaire de Gaza (GHF), organisation soutenue par Israël et les États-Unis, mais critiquée pour son opacité, vise à inscrire Gaza dans « l’architecture abrahamique » et à consolider l’accès américain aux ressources stratégiques du Moyen-Orient.


Lire aussi : Ce que prévoit le projet arabe de reconstruction de Gaza

©️ Copyright Pulse Media. Tous droits réservés.
Reproduction et diffusions interdites (photocopies, intranet, web, messageries, newsletters, outils de veille) sans autorisation écrite.