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23.09.2025 à 23 H 16 • Mis à jour le 24.09.2025 à 09 H 19
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Néobanque

Revolut en pourparlers avec Bank Al-Maghrib : ses dirigeants attendus à Rabat en octobre

La néobanque Revolut compte faire du Maroc sa première base continentale. Crédit : Revolut
Revolut accélère son offensive au Maroc pour y installer sa première base continentale. Après de premiers échanges techniques avec Bank Al-Maghrib durant l'été, la néobanque britannique s’apprête à présenter officiellement son projet à Rabat en octobre. Une étape décisive, alors que le régulateur pose des conditions strictes pour préserver l’équilibre du système financier national

Revolut pousse à la roue dans son projet d’implantation au Maroc. Des représentants de la néobanque britannique, valorisée à 65 milliards de dollars (MM $) et considérée comme la fintech la plus cotée d’Europe, avaient été reçus en juin et en août derniers par la direction générale de Bank Al-Maghrib (BAM) pour de premiers échanges techniques. Et ce mardi 23 septembre, à l’issue de la troisième réunion trimestrielle de 2025 du Conseil de BAM, son wali, Abdellatif Jouahri, a confirmé que le conseil d’administration de Revolut prévoyait de se rendre à Rabat en octobre afin de présenter son projet d’entrée sur le marché marocain.


Un agrément soumis à des critères stricts

Jouahri a rappelé que l’instruction d’un dossier d’agrément bancaire obéit à des critères précis : projet industriel solide, valeur ajoutée pour l’économie nationale, expérience internationale et préservation de l’équilibre global du marché financier. «  Nous ne pouvons pas permettre à un nouvel acteur de déstabiliser le marché  », a-t-il insisté, tout en précisant que dans d’autres pays, les licences accordées à Revolut avaient été limitées à des activités spécifiques. La banque centrale adoptera donc une approche adaptée au contexte national, notamment en matière de conformité réglementaire et de lutte contre le blanchiment d’argent, a-t-il ajouté.


« Lorsqu'un opérateur sollicite un agrément, nous examinons son projet, sa technicité, et son apport pour l’économie nationale, tout en nous penchant sur le profil des fondateurs », a précisé le wali. L’échange avec Revolut avait également porté sur les lacunes du système bancaire local et les besoins des consommateurs, une préoccupation centrale de la fintech britannique.


Les démarches de Revolut dépassent le simple contact institutionnel. Comme nous le révélions en avril dernier, la société a recruté des chasseuses de têtes pour constituer son équipe au Maroc. Son premier dirigeant local a été nommé : Amine Berrada, diplômé de CentraleSupélec, qui a notamment officié au sein de la Banque mondiale, Bpifrance Large Venture, L.E.K Consulting et Uber, avant de diriger les opérations du réseau scolaire Globeducate en Espagne.


Un marché en quête d’innovation

Si elle obtient son agrément, Revolut ferait du Maroc sa première base africaine. Le pays offre un secteur bancaire mature et un cadre réglementaire structuré, mais où les commissions représentent encore 14 % du revenu net des banques (près de 10 milliards de dirhams – MMDH – en 2024), ce qui pèse sur les consommateurs. Les frais annuels peuvent atteindre 1 000 à 2 000 dirhams, et les transferts de fonds de la diaspora – plus de 117 MMDH en 2024 – restent coûteux.


Le modèle freemium de Revolut, qui propose des services à faible coût et des transferts transfrontaliers rapides, pourrait séduire une clientèle jeune et connectée, tout en dynamisant le corridor des envois de fonds. Toutefois, l’adoption dépendra de la manière dont le Maroc comblera les lacunes réglementaires en matière de protection des consommateurs, de confidentialité des données et de lutte contre la fraude, domaines où la législation reste en retrait par rapport aux standards européens.


L’arrivée d’une « super-app » financière comme Revolut pourrait remodeler le paysage bancaire marocain. BAM se montre ouverte à l’innovation, mais veille à maintenir la stabilité et la sécurité du système financier. La visite d’octobre constituera un moment clé : elle pourrait déboucher sur un agrément qui ouvrirait la voie à une concurrence accrue, mais encadrée et à une transformation durable des services financiers au Maroc.

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